Le vice PM turc Kurtulmus explique les objectifs de la restructuration militaire

0

La restructuration au sein de l’armée vise à «empêcher le resserrement de l’ensemble de la force armée dans une seule main», a déclaré le vice-Premier ministre turc, Numan Kurtulmus.

Le vice-Premier ministre a répondu, lundi, aux questions des journalistes après la réunion du Conseil des ministres, présidée par le Premier ministre Binali Yildirim.

«Nous voulons renforcer la main de la volonté civile, dans les relations civiles-militaires, pour qu’elle dirige ensuite les relations civils-militaires», a-t-il dit, ajoutant: «C’est pour cela que nous avons procédé à la restructuration du Haut Conseil Militaire pour sa démilitarisation [en faveur d’une structure civile].»

«Le rattachement de la Gendarmerie et des Gardes-côtes au ministère de l’Intérieur, puis des armées de terre, de mer et de l’air au ministère de la Défense nationale, et du Commandement de l’état-major à la Présidence de la République, a pour but d’empêcher que la force armée ne soit pas regroupée dans une seule main», a-t-il encore dit.

Indiquant que le but de ceux qui ont mené cette tentative de soulèvement militaire était de pousser la Turquie vers un système politique autocratique et répressif, Kurtulmus a poursuivi: «La Turquie a maintenant la possibilité de mettre en oeuvre un système plus démocratique et transparent.» 

«Les putschistes voulaient tirer l’économie turque vers une crise et un chaos avec ce soulèvement militaire. La Turquie a traversé cette période avec très peu de dommages. Alors que du 15 au 22 juillet, des réactions [économiques] négatives avaient été constatées, depuis le 22 juillet, l’ensemble des indicateurs économiques sont à nouveau en hausse», a-t-il déclaré 

«Il se pourrait qu’à travers certaines agences de notation financière, certains veuillent manipuler l’opinion publique, en essayant de montrer que l’économie de la Turquie va mal» a-t-il cependant mis en garde.

Kurtulmus a notamment réitéré la volonté de son pays de poursuivre la lutte contre le terrorisme et a averti: «Que personne ne pense qu’à la suite de la tentative du soulèvement militaire du 15 juillet, ils [les putschistes]pourront atteindre la conviction de la Turquie dans sa lutte contre le terrorisme.»AA

 

Par ailleurs, le vice-Premier ministre turc a salué les médias, l’ensemble des partis politiques, les organisations non-gouvernementales et les parlementaires pour avoir résisté à la tentative de soulèvement militaire, «dès les premières minutes».

«Le fait que les quatre partis politiques représentés aux parlements se soient très vite réunis et aient publié une déclaration commune, est un tableau de gloire pour la Turquie», a-t-il affirmé.

Kurtulmus a poursuivi: «Notre Premier-ministre [Binali Yildirim] s’entretiendra aujourd’hui avec les chefs des partis de l’opposition, CHP et MHP pour les informer sur la portée des décrets-loi promulgués dans le cadre de la lutte […contre l’organisation terroriste guléniste, FETO], et notamment sur le cadre général de la restructuration des forces armées.»

Des membres de l’organisation terroriste parallèle FETO dirigée par Fetullah Gulen (personnalité religieuse en exil volontaire aux États-Unis d’Amérique), infiltrés dans l’Armée turque, ont tenté un putsch militaire le 15 juillet.

Les dirigeants de l’État ont appelé le peuple à descendre dans la rue pour manifester contre le soulèvement. Les putschistes ont tiré sur les manifestants dans plusieurs lieux, notamment sur le pont du Bosphore à Istanbul. Les manifestations continuent depuis cette date.

De même plusieurs bâtiments ont été bombardés, dont le siège du Parlement et la Police d’Ankara.

La tentative a été déjouée et plusieurs fonctionnaires publics, dirigeants, membres du système judiciaire ont été limogés et suspendus de leurs fonctions dans le cadre des enquêtes menées.

TRT FR

Partager cet article? http://turquie2023.com/uLgx2e
Partagez.

À propos de l’auteur

Les commentaires sont fermés.