Erdogan: « Les organisations terroristes se sont partagées les tâches contre la Turquie »

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Le président Recep Tayyip Erdogan a affirmé lors du reportage accordé à la chaine mexicaine Televisa que l’organisation terroriste guléniste (FETÖ), l’organisation terroriste séparatiste PKK, ses filiales syriennes PYD/YPG ainsi que Daesh se croisaient à plusieurs reprises sur différentes voies.

Soulignant que ces organisations terroristes avaient la capacité d’agir conjointement contre la Turquie, Erdogan a indiqué qu’elles menaient leurs activités comme si elles s’étaient partagées les tâches sur le terrain.

Relatant sous les moindres détails la tentative de coup d’Etat du 15 juillet, Erdogan a déclaré avoir appelé le peuple turc à se déverser dans les rues par le biais de 4 chaines télévisées.

« Le peuple a donné une lutte pour la démocratie en toute honneur. Je suis fier de mon peuple et salue son attitude (honorable) » a dit le président turc.

 A une question sur un éventuel lien entre la tentative de coup d’Etat et l’organisation terroriste PKK, Erdogan a répondu que FETÖ, PKK, PYD/YPG et Daesh agissaient comme s’ils avaient fait un partage des tâches. « Nous avons vu des exemples dans plusieurs faits et les organisations se trahissent elles-mêmes par leur déclaration ».

D’autre part, le président Erdogan a fait savoir qu’il avait appelé lui-même le président américain Barack Obama à ne faire aucune aide d’armes à l’organisation terroriste PYD : « J’ai averti Obama : « Ne faites surtout pas d’aides en armes à Kobané, car la moitié de cette aide ira au PYD ou au YPG, et l’autre moitié ira à Daesh. »

Ces organisations sont montrées comme si elles étaient opposées les unes aux autres. Or, Daesh a bien pris la moitié des armes tandis que l’YPG et le PYD ont pris l’autre moitié. Nous l’avions dit. » a déploré Erdogan.

Précisant que la détermination de la Turquie dans la lutte antiterroriste avait découragé les organisations terroristes, le président turc a noté qu’il était impossible de faire une distinction entre les organisations terroristes et ajouté qu’il les maudissait tous.

Par ailleurs, Erdogan a rappelé que le chef de l’organisation terroriste FETÖ, Fethullah Gulen, s’était rendu en 1999 aux Etats-Unis et installé sur un terrain de 40 hectares en Pennsylvanie.

« Nous avons envoyé par voie électronique les documents concernant le processus d’extradition de Gulen. Dans ce sens, le chef de la diplomatie Mevlut Cavusoglu, le ministre de la Justice Bekir Bozdag et les représentants spéciaux, vont se rendre aux Etats-Unis car pour nous, c’est une affaire vitale, une affaire vraiment vraiment importante » a-t-il assuré.

Concernant la tentative de coup d’Etat, Erdogan a rapporté qu’il y avait eu 237 martyrs et 2.191 blessés.

« Alors que la situation était aussi grave, que la Grande Assemblée nationale de Turquie, le complexe présidentiel, l’office du Premier ministre, la direction de la Sûreté ainsi que le centre des Forces spéciales ont été bombardés et que 52 policiers y sont tombés martyr, ils nous demandent pourquoi on a décrété l’état d’urgence. Quand est-ce qu’on doit décréter l’état d’urgence ? Après que la Turquie soit détruite ? C’est une question interne à la Turquie, nous déciderons pour nous-mêmes. Qu’a fait la France ? Elle s’est adressée à la Cour européenne des droits de l’Homme conformément à l’article 15 si je ne me trompe. La cour a donné raison à la France qui a donc décidé en ce sens. C’est exactement ce qu’a fait la Turquie » a relevé Erdogan.

Erdogan a notamment critiqué les pays occidentaux pour leur « deux poids deux mesures ».

« Quand 3, 5, 7 ou 10 personnes sont mortes en France dans les attentats terroristes, des milliers de personnes ainsi que des personnalités de la communauté internationale ont participé à la marche à Paris. Nous, nous avons reçu uniquement quelques appels disant qu’ils étaient tristes ou à nos côtés dans notre lutte pour la démocratie. Cette approche n’est pas sincère et honnête. Que mon reproche soit perçu comme un reproche démocratique par le monde entier » a déclaré Erdogan.

Evaluant la situation en Syrie, Erdogan a souligné qu’une lutte était menée dans le pays contre le régime et les organisations terroristes, et que les opposants à Daesh ne pouvaient être qualifiés de bon terroriste : « C’est pourquoi je demande de réviser la définition mondiale du terrorisme et du terroriste. Si nous la révisons, nous arriverons ainsi à constituer une plateforme de lutte conjointe. Malheureusement, actuellement, il n’y pas de plateforme de lutte conjointe et nous n’y arrivons pas. »

Mettant l’accent sur la séparation d’al-Nosra avec al-Qaïda, Erdogan a indiqué que c’était un processus à étudier avec minutie. Dernièrement, le président turc a appelé la communauté internationale à traiter en même temps toutes les organisations terroristes et à adopter une approche commune vis-à-vis de toutes ces organisations, pour pouvoir s’en débarrasser

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