Le Moyen-Orient et la Turquie (33)

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Berceau du Printemps arabe, la Tunisie passe une période difficile. Elle a d’importants problèmes. Depuis 2011, l’année à laquelle Zine el-Abidine Ben Ali a été renversé, la Tunisie a connu 6 Premiers ministres. La sécurité, la stabilité, le taux d’inflation très élevé et le chômage figurent parmi les principaux problèmes du pays. La croissance économique est actuellement à un niveau plus bas que celui d’avant le Printemps arabe. Le taux de croissance lors du premier trimestre de 2015 n’était pas au-dessus de 1%. Le dinar tunisien perdait énormément de valeur face au dollar américain et le taux de chômage s’est élevé à plus de 15%. Le tourisme, force motrice de l’économie tunisienne, ne s’est toujours pas repris depuis les attentats de 2015. La corruption est aussi un des problèmes les plus considérables de la Tunisie depuis 2011. Il est également important de pouvoir régler ces problèmes tout en respectant le régime démocratique de la Tunisie, un pays modèle dans le monde arabe et une des plus jeunes démocraties au monde. Cela est aussi important du point de vue de l’avenir du Moyen-Orient. A cause des difficultés que rencontre la Tunisie, le gouvernement du Premier ministre Habib Essid fait face à plusieurs pressions depuis 2 mois, et M. Essid est appelé à présenter sa démission. Membre du même parti politique que le Premier ministre, le président de la République Béji Caïd Essebsi avait durement critiqué le gouvernement en juin dernier et le compte à rebours avait commencé  pour la formation d’un gouvernement d’union nationale. 118 membres du gouvernement d’Essid n’ont pas voté en faveur du gouvernement lors du vote de confiance tenu le 31 juillet au parlement tunisien. Quelques jours plus tard, le président Essebsi a chargé Youssef Chahed, un des ministres du gouvernement d’Essid, de former le nouveau gouvernement. Le Parti Nidaa Tounes a perdu la majorité parlementaire suite à la démission de 22 de ses députés. C’est le mouvement Ennahdha de Rachid Ghannouchi, un des politiciens les plus connus du monde musulman, qui a le plus de députes. Mais pour Ennahdha, il n’est pas un problème en raison des conditions sensibles dans le pays que le nouveau Premier ministre ne soit pas élu de son parti, il accorde la priorité à l’instauration de la démocratie et à la formation d’un gouvernement. Ennahdha agit suivant ses anciennes expériences et sait que si la démocratie est suspendue, c’est lui qui en sera affecté le plus.

N’exigeant pas que le nouveau Premier ministre soit de son parti, Ennahdha est pourtant en faveur de la formation d’un gouvernement d’union nationale. Il est vrai que les choses ne seront pas faciles pour un gouvernement qui compte plusieurs partis, mais cette situation a aussi plusieurs avantages. Dans ce cadre, le soutien aux décisions de réformes radicales a une importance particulière.      

 La jeune démocratie tunisienne essaye de vivre dans une atmosphère composée des institutions de l’ancien régime autoritaire. Mais il n’est pas facile de briser la résistance des milieux qui ont des intérêts dans ces institutions.

Seul le gouvernement d’union nationale peut permettre de surmonter les problèmes essentiels du pays à savoir la stabilité, la sécurité, le taux d’inflation élevé et le chômage chronique. Il sera également possible d’appliquer les réformes nécessaires et de briser la résistance de ceux qui ont des intérêts dans le statuquo avec la formation d’un gouvernement d’union nationale.

En plus, le fait que ce gouvernement compte plusieurs partis entravera les conflits entre le parti du président de la République et le parti Nidaa Tounes. La raison pour laquelle un important groupe du Nidaa Tounes a quitté son parti provient de l’influence du fils du président de la République et de son point de vue selon lequel il considérait le parti comme un bien de la famille. Le fait que le président de la République ait un lien parental avec Youssef Chahed porte à l’actualité les assertions du népotisme.Mais cette tendance au sein du parti peut être écartée plus facilement par un gouvernement d’union nationale. Car le succès du gouvernement dépend de la résistance aux négativités du parti principal de la coalition. L’avenir du Moyen-Orient et de l’Afrique du nord dépend de l’instauration d’un régime basé sur la suprématie du droit et la stabilité politique dans la démocratie tunisienne. De ce point de vue, la Tunisie porte une importante charge sur ses épaules. Il est nécessaire que les politiciens tunisiens agissent suivant cette charge. Cela concernera directement l’avenir de la Tunisie et du Moyen-Orient ainsi que la sécurité de l’Europe.

 

 

 

 

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