Congo / Turquie : « Notre coopération dans différents domaines a augmenté » ( Ambassadeur)

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L’ambassadeur de Turquie en République du Congo, Can Incesu, a affirmé que la coopération entre Ankara et Brazzaville s’est accrue dans différents domaines, incluant la police, la santé et plusieurs autres domaines clés au Congo, pays d’Afrique centrale riche en pétrole. 

Interviewé, mardi, par Anadolu dans la capitale Brazzaville, Incesu a plaidé pour l’amélioration du climat des affaires, afin de permettre aux investisseurs étrangers, notamment turcs, d’affluer vers le Congo.
Incesu est le premier ambassadeur turc à Brazzaville. Il est en poste au Congo depuis 2014. 

De l’agroalimentaire à l’industrie textile, le diplomate est revenu sur les différents domaines dans lesquels peuvent investir les hommes d’affaires turcs au Congo. 

AA : Comment évaluez-vous les relations diplomatiques entre le Congo et la Turquie ? 

Incesu : Les relations sont très bonnes. Je suis le premier ambassadeur ici, mais bien avant mon arrivée, nos relations étaient très bonnes, notamment après la visite en Turquie du Président de la République du Congo, SEM Denis Sassou-N’Guesso, en novembre 2012. 
Depuis que je suis là, j’ai eu la possibilité d’avoir plus de contacts avec le gouvernement congolais, le peuple et la société civile. Cela a permis aux deux pays de mieux se connaître. 

Ce qu’on a achevé jusqu’à présent c’est d’abord la construction du centre international de conférences de Kintélé. Une autre société turque a construit l’hôtel Radisson. 
Notre coopération dans différents domaines a augmenté. Le nombre de bourses octroyées aux Congolais est passé de 3 à 26. 

Nous avons également une coopération dans les domaines de la police et de la santé. 

Notre agence de coopération (TIKA) a débloqué plusieurs dons au gouvernement congolais dans différents domaines. 

Actuellement, les relations politiques sont excellentes, il n’y a pas de controverse entre les deux pays. 

-Quels sont les défis que le Congo doit relever pour émerger économiquement ? 

Le pétrole qui est produit au large de Pointe-Noire [ à l’extrême sud du pays] a une grande valeur monétaire, mais une partie importante du revenu du pétrole est récupérée par les sociétés qui l’exploitent [qui sont en majorité des sociétés étrangères]. 
La richesse n’a pas pu être répartie assez équitablement au sein de la population congolaise, même si les Congolais ont un certain niveau de revenu. 

Ce que tout le monde dit et que je dois partager, c’est que, malheureusement, l’économie du Congo est trop basée sur le pétrole. 

Elle s’est passée des autres potentialités du pays, notamment de l’agriculture. 

C’est d’ailleurs la politique du gouvernement actuel de diversifier l’économie. Il faut aussi aider les entrepreneurs étrangers à venir investir au Congo. Malheureusement, actuellement, ce n’est pas encore très facile de s’implanter et investir au Congo. 

-Comment? 

Il y a beaucoup d’obligations auxquelles doivent obéir les investisseurs. Le Congo fait partie des pays qui occupent les dernières places, avec d’ailleurs d’autres pays voisins, dans le classement Doing Business de la Banque mondiale.
En ce qui nous concerne, nous attendons de pouvoir signer des accords bilatéraux dans les domaine de la promotion des investissements et la non-double imposition des revenus. 

Ce sont ces accords essentiels qui peuvent motiver les investisseurs turcs. 

Je pense aussi que les entrepreneurs congolais potentiels doivent bénéficier d’un meilleur climat d’investissement. Il doit y avoir un mouvement vers plus d’investissements et plus d’activité économique. 

-En quoi la Turquie peut-elle aider le Congo à relever ces défis ? 

Il y a deux choses qu’on peut faire. D’une part, on peut promouvoir l’aide au développement, ce que nous faisons déjà dans beaucoup de pays africains, y compris le Congo. Mais l’aide que la Turquie peut apporter au niveau gouvernemental restera limitée. 

D’autre part, il faut qu’on puisse investir. Il faudrait qu’il soit beaucoup plus facile pour un investisseur étranger de venir s’implanter ici et faire des profits à la fois pour lui-même et pour le Congo, en embauchant des travailleurs et en apportant sa contribution à l’économie congolaise. 

Nous avons des hommes et des femmes d’affaires qui sont prêts à tenter l’aventure et venir en Afrique. 

– Quels sont les domaines dans lesquels peuvent investir les hommes d’affaires turcs au Congo ? 

Tous les secteurs de l’industrie agroalimentaire, de l’industrie manufacturière et du textile nécessitent des investissements. Ce sont des domaines dans lesquels la Turquie a une grande expérience. 
 

 

 

AA

TRT FR

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