Le Sahara occidental, «nœud» de l’Afrique du Nord

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La reprise, mercredi à Genève, des négociations entre le Maroc et le Front Polisario au sujet du Sahara occidental, a de nouveau attiré l’attention vers la région.

L’émissaire de l’Organisation des Nations Unies (ONU), Horst Kohler, a convié les 5 et 6 décembre à Genève, le Maroc, le Front Polisario, l’Algérie et la Mauritanie autour d’une «table ronde» afin de relancer les négociations sur le Sahara occidental.

Premier contact en six ans entre le Polisario et le Maroc, les discussions ont été ouvertes dans l’espoir de résoudre le problème du Sahara Occidental, «noeud» de l’Afrique Occidental depuis 1975 à ce jour.

– Histoire du peuple du Sahara occidental

Le Sahara occidental, habité par la population arabe musulmane de la péninsule arabique depuis le 10ème siècle, était, jusqu’à son occupation par la France et l’Espagne, gouverné par les dirigeants locaux rattachés au Royaume du Maroc.

La population locale qui vit dans la région, colonisée par l’Espagne en 1884, est dénommée le peuple «Sahraoui» [en référence au désert du Sahara].

Les Sahraouis qui habitent dans la région marquée par la culture et le climat désertiques, se composent, à l’instar des pays voisins, des Arabes et des Amazighs.

L’Espagne, qui a colonisé la partie septentrionale du Maroc en plus de la région du Sahara occidental, a annoncé en 1934 que le Sahara occidental est devenue une province espagnole.

– La révolte contre les colonisateurs

Les émeutes contre la colonisation espagnole ont pris un nouveau tournant avec la création, trois ans plus tard, du Front Polisario sous la direction d’El-Ouali Moustapha Sayed.

C’est à la Cour internationale de justice (CIJ) que le Front Polisario, qui se veut représenter le peuple Sahraoui, acquiert pour la première fois, l’occasion de prétendre à l’indépendance de la région.

Réunie en 1975, la CIJ a reconnu le principe d’autodétermination des populations du territoire au profit du peuple du Sahara occidental.

– Référendum au lieu de l’indépendance

À l’issue de l’avis de la CIJ, l’Espagne a proposé l’organisation d’un référendum dans la région, en s’engageant à se conformer au résultat.

En réaction à la décision espagnole, le roi du Maroc Hassan II a donné le signal du départ de la «Marche Verte» qui a ouvert la porte à de milliers de Marocains vers la région.

L’Espagne a finalement renoncé au référendum. En 1975, elle a signé le Traité de Madrid avec la Mauritanie et le Maroc, permettant le partage du Sahara occidental entre ces deux pays.

– Retrait de l’Espagne

À l’issue du retrait involontaire de l’Espagne, le Front Polisario, qui a refusé le partage du Sahara occidental entre le Maroc et la Mauritanie, a lancé une lutte armée contre les deux pays.

Le Maroc, selon lequel le Sahara occidental faisait partie intégrante de son territoire bien avant l’arrivée des colonialistes, n’a pas fait marche arrière. En parallèle, le Front Polisario a politiquement répliqué et créé, en 1976, la République Arabe sahraouie démocratique (RASD).

Malgré la décision de retrait de la Mauritanie en faveur du Maroc, le Front Polisario a poursuivi sa lutte armée contre le Maroc.

– Un cessez-le-feu sous contrôle de l’ONU

Les négociations sur le statut du Sahara occidental n’ont pas abouti depuis le cessez-le-feu acté en 1991 grâce à l’intermédiaire de l’ONU.

Immédiatement après le cessez-le-feu, le Conseil de sécurité de l’ONU a lancé, conformément à la résolution 690, sa mission pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO) afin de fournir les bases de négociations destinées à l’instauration de la paix dans la région.

Le référendum n’a pas pu être réalisé jusqu’à présent, faute d’accord quant aux parties participantes.

L’administration marocaine souhaite que l’ensemble de la population qui habite le Sahara occidental, soit 600 mille personnes y compris les 100 mille habitants de la région sous contrôle du Front Polisario, participent au référendum.

En revanche, le Front Polisario s’oppose à la participation des marocains arrivés dans la région lors de la «Marche Verte», et installés depuis.

– La non reconnaissance de l’indépendance par l’ONU

Bien que la RASD soit, depuis 1984, un membre à part entière de l’Union africaine, l’ONU ne reconnaît pas son indépendance.

Selon les déclarations de la RASD, 45 pays au total dont majoritairement des pays d’Afrique et d’Amérique du Sud, reconnaissent le gouvernement de la RASD.

Selon les sources officielles du Maroc, la RASD est reconnue par 34 pays.

Depuis des années, la politique étrangère de l’administration marocaine s’est façonnée à la lumière de la situation du Sahara occidental.

Le Maroc, qui tente de mettre un terme au soutien international accordé au Front Polisario, mène toute sa politique étrangère dans l’ombre de ladite question.

 

 

 

 

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