« Nous ne permettrons pas qu’une tactique dilatoire, comme ce fut le cas à Manbij, soit répétée »

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Le porte-parole de la Présidence turque, Ibrahim Kalin, a appelé la communauté internationale à prendre ses responsabilités pour éviter qu’une nouvelle vague de migrants prennent la route depuis Idleb en Syrie, soulignant que la Turquie ne pourra supporter seule un tel poids.

Ibrahim Kalin a tenu une conférence de presse, mardi soir, après la réunion du Conseil des ministres, présidée par le chef de l’Etat turc, Recep Tayyip Erdogan.

Il s’est tout particulièrement exprimé au sujet de la situation en Syrie, avec notamment les développements à Idleb, et sur la coopération avec Washington pour la mise en place d’une zone sécurisée dans le nord de la Syrie.

Kalin a d’abord voulu répéter que la Turquie souhaite que les travaux communs avec les Américains aboutissent au plus vite, rappelant qu’Ankara n’a plus de temps à perdre.

« Nous ne permettrons pas qu’une tactique visant à gagner du temps ou à nous éloigner de notre objectif, comme ce fut le cas à Manbij, soit répétée », a-t-il assuré.

Et de poursuivre : « S’il devait s’avérer qu’une stratégie est suivie pour gagner du temps ou pour garantir une « nouvelle zone de sécurité » à l’organisation terroriste [YPG/PKK] à 10, 20 ou 30 km au sud des frontières de la Turquie, il faut savoir que la Turquie a les moyens et les capacités de créer elle-même cette zone de sécurité », mettant en garde contre « une zone de sécurité sous la zone de sécurité ».

Ankara veut aboutir au plus vite et s’assurer que la stratégie mise en place par les Américains n’a pas pour objectif d’assurer la sécurité des terroristes du YPG/PKK.

Ibrahim Kalin est ensuite revenu sur la situation dans la zone de désescalade d’Idleb, où le régime syrien continue de ne pas respecter les cessez-le-feu en bombardant la zone, menaçant les millions de civils qui y vivent, et dont une grande partie prend la direction de la frontière turque.

« Si la communauté internationale souhaite empêcher une nouvelle vague de migrants en provenance d’Idleb, elle doit faire le nécessaire des points de vue politique, humanitaire et financier. Dans le cas contraire, il serait injuste et inéquitable d’attendre de la Turquie qu’elle assume seule cette responsabilité », a-t-il déclaré, rappelant ainsi les propos du président Erdogan qui a indiqué que la Turquie ne peut se permettre d’accueillir une nouvelle vague de réfugiés.

Pour conclure, interrogé sur le dossier du programme de chasseurs F-35, pour lequel la Turquie a été exclue après avoir acquis les systèmes de défense antiaérienne russe S-400, le porte-parole de la présidence turque a affirmé que rien n’est définitivement terminé.

« Nous n’avons pas abandonné le programme F-35, il n’est pas si facile d’en exclure la Turquie. Nous pensons que la crise sera forcément surmontée un jour ou l’autre », a-t-il dit.

 

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