Opération Source de Paix : La Turquie avance vers la victoire en Syrie

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L’opération « Source de Paix » a été lancée mercredi dans l’objectif d’éliminer les organisations terroristes YPG/PKK et Daech à l’est de l’Euphrate. Cette nouvelle action militaire est particulièrement ambitieuse dans ses objectifs pour rétablir la paix et la stabilité dans la région.

 

par Öznur Küçüker Sirene, 10/10/2019

 

Les yeux du monde entier sont rivés sur la Turquie depuis l’entretien téléphonique de dimanche entre le président Recep Tayyip Erdoğan et le président américain Donald Trump qui marque un nouveau tournant pour toute la région. L’armée turque a annoncé lundi que tous les préparatifs en vue d’une opération transfrontalière contre les éléments terroristes dans le nord-est de la Syrie étaient terminés, alors que le retrait des troupes américaines avait commencé parallèlement à l’action militaire turque. Mercredi après-midi, le président turc Recep Tayyip Erdoğan a finalement annoncé le lancement de l’opération militaire.

Cette nouvelle opération prévue de longue date en Syrie n’est pas une surprise puisque le président turc l’évoquait depuis des mois. Elle s’inscrit dans la continuité des deux précédentes opérations militaires Bouclier de l’Euphrate et Rameau d’Olivier lancées par les Forces armées turques depuis 2016 dans le nord-ouest de la Syrie pour libérer la région des terroristes des YPG/PKK et de Daech.

Le succès des deux opérations précédentes a permis à près de 400.000 Syriens ayant fui la violence de rentrer chez eux. L’objectif de la nouvelle opération stratégiquement nommée « Source de Paix » est encore plus ambitieux : Elle vise tout d’abord à empêcher la création d’un corridor terroriste à travers la frontière sud de la Turquie et d’apporter la paix dans la région, comme son nom l’indique. Son succès mènera également à l’établissement d’une zone de sécurité, facilitant ainsi le retour des réfugiés syriens chez eux.

Lors de son discours à la tribune des Nations Unies, le 24 septembre 2019, le président turc Recep Tayyip Erdogan avait déjà évoqué son plan pour l’établissement d’« un corridor de paix d’une profondeur de 30 kilomètres et d’une longueur de 480 kilomètres » dans le nord-est de la Syrie, où il souhaite « permettre l’installation de 2 millions de Syriens avec l’appui de la communauté internationale ».

La Turquie garante de la stabilité dans la région

Même si des médias occidentaux de propagande présentent les faits comme une intervention militaire de la Turquie « en vue d’obtention des territoires syriens » ou encore comme « un combat contre les PKK/YPG, terroristes présentés comme des alliés fiables dans la lutte contre Daech », la réalité est toute autre.

La situation dans le nord de la Syrie est extrêmement préoccupante depuis un certain temps. L’organisation terroriste YPG, alliée de facto des Etats-Unis, terrorise la région en procédant à un nettoyage ethnique des Arabes. Un rapport d’Amnesty International publié en 2015 soulignait déjà les destructions de villages par les YPG qui constituent « des crimes de guerre ».

Le nombre croissant de prisonniers de Daech en Syrie est un autre problème, mais jusqu’à présent, aucune solution n’a été trouvée pour gérer la crise croissante. Entre-temps, une autre crise humanitaire semble se profiler et des rapports montrent qu’une nouvelle vague de réfugiés devrait frapper à nouveau les côtes européennes.

Dans un tel contexte, la Turquie ayant de longues années d’expériences sur le terrain dans la lutte contre le terrorisme et abritant plus de 3,6 millions de réfugiés syriens sur son territoire est non seulement le premier pays à être concerné par les développements en Syrie mais aussi le seul qui est capable d’agir efficacement pour rétablir la paix et la stabilité dans la région et ce, dans le respect total de l’intégrité territoriale de la Syrie et de la vie des civils.

Victoire diplomatique de la Turquie vis-à-vis des Etats-Unis  

Dans cette nouvelle opération, le point qui a le plus surpris le monde est sans aucun doute les décisions et déclarations successives du président américain. Ce n’est pas un secret qu’il existe des divergences importantes entre Donald Trump et l’establishment américain au sujet du rôle que les Etats-Unis devraient assumer en Syrie. Si pour Trump, il est temps de rester loin des conflits du Moyen-Orient pour laisser les acteurs régionaux les gérer eux-mêmes, pour le Congrès américain, abandonner « leurs alliés » dans la région (les YPG) serait synonyme de « la résurgence de Daech ».

Or cette fois-ci Trump est déterminé à donner son feu vert à la Turquie même si dans un certain nombre de tweets « menaçants », il semble également essayer de satisfaire ses opposants.

Il a ainsi tweeté : « Je me suis tenu à l’écart de ce conflit pendant presque trois ans, mais il est temps pour nous de sortir de ces guerres ridicules et sans fin, dont beaucoup sont tribales ».

De la même manière, dans un autre tweet il insiste clairement sur la différence entre les « Kurdes » et l’organisation terroriste PKK en reprenant l’analyse de Michael Doran, expert sur le Moyen-Orient à l’Institut Hudson : « A l’époque d’Obama, au lieu de collaborer avec les Kurdes, nous l’avons fait avec l’ennemi numéro un de notre allié la Turquie, le PKK. »

Pour expliquer sa décision, il a également mis l’accent sur les liens stratégiques entre son pays et la Turquie : « Beaucoup oublient que la Turquie est un grand partenaire commercial des Etats-Unis. La Turquie fabrique le fuselage en acier des avions de combat F-35. En même temps, elle m’a aidé à sauver la vie de nombreuses personnes à Idleb, en Syrie. Elle a assuré le retour du pasteur Brunson. Et plus important encore, n’oubliez pas que la Turquie est un membre prestigieux et important de l’OTAN ».

Tous ces tweets prouvent que même si les Etats-Unis ne soutiendront pas directement la Turquie dans son opération, ils ne l’empêcheront pas non plus d’agir sur le terrain.

Enfin, les autres puissances mondiales semblent ne pas partager la position de Trump vis-à-vis de la Turquie. Le Conseil de sécurité de l’ONU a pris la décision de se réunir d’urgence et à huis clos ce jeudi à la demande de ses membres européens. Néanmoins une chose est certaine : si une certaine partie du monde qui reste silencieuse face aux atrocités d’Israël sur les territoires palestiniens ou aux crimes de guerre au Yémen semble aujourd’hui être aussi préoccupée par l’action militaire de la Turquie c’est que leurs intérêts sont menacés dans la région. Qu’ils le veuillent ou non, la victoire est proche non seulement pour la Turquie mais aussi pour la population civile syrienne qui paie les conséquences d’une guerre qui s’éternise en raison de l’inefficacité de la communauté internationale. 

TRT FR

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