Erdogan: «Notre partenariat stratégique avec Washington surmontera les perturbations»

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Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a souligné que « notre partenariat stratégique avec les Etats-Unis d’Amérique dépassera la phase de perturbations des relations bilatérales, comme cela s’est produit auparavant en surmontant certaines crises ». 

C’est ce qui ressort d’une allocution prononcée par Erdogan, mercredi soir (heure de New York), au cours de la tenue du Conseil d’affaires turco-américain, auquel a assisté le chef d’Etat turc, en marge de sa participation aux réunions de la 73ème session de l’Assemblée générale des Nations Unies. 

Au mois d’août dernier, les relations entre Washington et Ankara ont connu une rude tension après l’annonce faite par le président américain Donald Trump de doubler les droits de douane imposées aux importations d’aluminium et d’acier turques. 

La mesure américaine est intervenue quelques jours après l’imposition par Washington de sanctions à l’endroit des ministres turcs de la Justice et de l’Intérieur sous prétexte du maintien en détention du pasteur américain Andrew Bronson qui fait face à des accusations de « terrorisme et d’espionnage » et qui est arrêté en Turquie depuis l’année 2016. 

La Turquie a riposté à la décision de Washington en doublant les droits de douane de 22 produits américains, ce qui équivaut à 533 millions de dollars supplémentaires. 

Commentant le traitement réservé par l’administration américaine à cette crise, Erdogan a souligné dans son allocution que « certains cercles de l’actuelle administration (américaine) pensent qu’il est possible de résoudre les différends d’opinion en usant du langage de la menace, de l’oppression et du chantage ». 

Et Erdogan de poursuivre : « Même si nous parvenons à une entente au sujet de certains points, il y a encore un grand parcours à accomplir dans notre relation, tout particulièrement, s’agissant de la relation avec les organisations terroristes guléniste Feto et PYD/YPG ». 

Il a affirmé que cette position négative aboutira à une dangereuse régression que ce soit dans les relations avec les alliés ou dans la position des Etats-Unis dans le monde, précisant que la Turquie estime que cette mentalité ne peut pas être poursuivie éternellement. 

Erdogan a souligné « qu’il n’y a pas de vainqueur dans la guerre, surtout dans les guerres économiques, il ne fait aucun doute que toute décision unilatérale aura inévitablement un retour », en référence aux décisions américaines d’imposer des sanctions à la Turquie.

Il a également noté que « le total des investissements des sociétés turques aux Etats-Unis dépassait les 4.6 milliards de dollars ».

Le président turc a expliqué que « la Turquie continuera à renforcer le climat d’investissement sans compromettre les règles « économique du libre marché et nous travaillerons pour trouver des solutions durables au problème du déficit courant qui n’est pas approprié pour notre pays ».

Erdogan a par la suite souhaité que la réunion importante du Conseil des affaires turco-américain contribuerait au développement des relations économiques entre la Turquie et les Etats-Unis.

Il a fait allusion à « une étape sensible par laquelle passe le monde, telles que les crises politiques en Iran, en Syrie, en Corée du Nord et au Moyen-Orient, en plus des guerres économiques et les négociations du Brexit ».

Il a expliqué que « cette étape provoque une déstabilisation des constantes de l’ordre mondial, et a un impact étroit sur le monde des affaires dans la mesure où cela affecte les relations entre les peuples ».

« Les sociétés sont confrontées à un grand flou, que ce soit dans les événements commerciaux actuels ou dans les investissements et les perspectives d’avenir », a-t-il ajouté.

Le président a souligné que la réunion qui se tient à la lumière des circonstances actuelles contribuera à une meilleure compréhension entre les deux parties et permettra de mieux comprendre l’économie turque ».

Il a affirmé que « les divergences d’opinion entre la Turquie et l’Administration américaine actuelle représentent un test des relations bilatérales, en l’occurrence en ce qui concerne les questions de l’organisation terroriste FETO, de la Syrie, de la Lutte contre le terrorisme, de Jérusalem, des sanctions et de l’économie ».

Erdogan a déclaré que « les Etats-Unis sont parmi les partenaires les plus importants de la Turquie dans le commerce et l’investissement, et qu’il y a plus de 1700 sociétés américaines opérant en Turquie à grande échelle et dans des secteurs différents ».

Il a noté que l’Administration de Trump tente de réaliser ses objectifs politiques en utilisant les outils économiques, ce qui constitue un obstacle au développement de la coopération économique entre les deux pays.

 

Il a indiqué que « parmi les mesures utilisées par l’Administration de Trump contre la Turquie figurent la double augmentation des droits de douane sur le fer et l’acier turc, les sanctions et, bien sûr, les fluctuations des taux de change ».

« Malgré toutes ces questions, nous regardons avec espoir l’avenir de nos relations politiques et économiques avec les Etats-Unis », a poursuivi le président turc.

Il a insisté que la Turquie poursuivra ses efforts dans la défense de ses droits et de ses intérêts contre toutes les violations, jusqu’au bout.

Erdogan a évoqué également les efforts déployés par son pays dans la résolution de la crise syrienne, déclarant: « Nous nous sommes engagés dans des efforts diplomatiques intensifs sur le plan international, afin d’empêcher de nouvelles tragédies qui coûteront la vie à des dizaines de milliers de civils (à Idleb) ».

Le 17 septembre courant, Erdogan et son homologue russe, Vladimir Poutine, avaient annoncé, lors d’une conférence de presse tenue à Sotchi, un accord pour établir une zone démilitarisée séparant les zones du Régime de celles de l’Opposition à Idleb.

Cet accord est le fruit des efforts turcs inlassables et sincères pour empêcher une éventuelle attaque militaire menée par le Régime syrien et ses alliés sur Idleb, dernier bastion de l’Opposition, où habitent près de 4 millions de civils, dont des centaines de déplacés.

Quant à la résidence du chef de l’entité terroriste parallèle aux Etats-Unis, le président Erdogan a déclaré que « l’organisation terroriste guléniste est actuellement active dans 27 Etats américains ».

Il a souligné que les Etats-Unis ont payé les écoles gérées par l’organisation terroriste guléniste par l’intermédiaire des écoles indépendantes (Charter schools), environ 850 millions de dollars.

Erdogan a noté que le chef-terroriste de Feto réside encore à Pennsylvanie sous protection. « Est-ce que nous sommes des partenaires stratégiques? Pourquoi gardez-vous un tel terroriste tant que nos deux pays sont des partenaires stratégiques? », a-t-il posé la question aux Etats-Unis.

A noter que les écoles indépendantes (Charter schools) aux Etats-Unis sont des écoles primaires et secondaires qui reçoivent un financement public et sont généralement plus flexibles que les écoles publiques traditionnelles.

S’agissant de la question syrienne, le président turc a indiqué que son pays a accueilli 3.5 millions de Syriens et leur a fourni tous les services sanitaires et humains.

Il a critiqué le manque d’engagement de l’Union européenne qui a promis de fournir de aide d’une valeur de 6 milliards d’euros aux Syriens en Turquie, prévues sur deux tranches.

Il a expliqué que l’UE n’a donné que 1.7 milliards d’euros du total des aides promises jusqu’à aujourd’hui, alors que la Turquie a dépensé 32 milliards de dollars au profit des Syriens qui se trouvent sur son territoire au cours des dernières années.

« La Turquie continuera de protéger les déplaces et les personnes fuyant la mort et les explosions, qu’elle soit soutenue ou pas », a signalé Erdogan.

Dans le même contexte, le président turc a indiqué que « 18 mille camions chargés d’armes et de matériel militaire, ainsi que près de 3 mille avions chargés de matériel et d’équipements militaires, sont arrivés des États-Unis dans le nord de la Syrie au cours des dernières années ».

« Toutes les armes avaient été fournies à l’organisation terroriste du YPG/PKK et les Etats-Unis avaient établi 22 bases militaires en Syrie », a-t-il ajouté.

« A qui appartiennent ces armes, et contre qui sont-elles utilisées? Quelle est la partie de l’autre côté de la ceinture terroriste du nord de la Syrie? Oui, c’est la Turquie, la Russie n’est pas là et l’Iran n’a pas de frontières », s’est-il demandé.

Le président turc a affirmé que près de 50 mille déplacés d’Idleb ont regagné leurs maisons au cours des deux derniers jours après la signature de l’accord turco-russe concernant leur province.

 

 

 

 

 

 

 

 

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