« Ils nous ont laissés seuls à combattre Daech »

Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a souligné, dimanche, que «ceux qui prétendent combattre l’organisation terroriste Daech en Syrie ne lui ont pas fait subir autant de pertes que nous lui avons fait».

Erdogan prononçait dimanche une allocution dans la ville d’Istanbul, en marge de la diffusion en avant-première du film «Justice et miséricorde» parrainé par l’une des municipalités de la ville.

«Ceux la n’ont pas payé de tribut autant que celui versé par la Turquie dans la lutte antiterroriste. Ils nous ont laissés seuls dans le combat contre cette organisation [Daech] », a-t-il poursuivi.

«La Turquie a été laissée seule dans la lutte contre Daech. Nous avons été la cible d’attaques terroristes, tout particulièrement, des attaques-suicides, de même que Daech a visé la province de Kilis (Sud) par des tirs de roquettes», a indiqué Erdogan.

«Les réactions affichées après les attaques d’Ankara et d’Istanbul n’ont pas été à la hauteur de celles des attaques de Paris et de Bruxelles. Cela est injuste», a fait observer le président turc.

« Au moment où la Turquie ouvrait ses portes et son cœur aux oppressés et aux opprimés, les autres ont fermé leurs portes lorsque le nombre des réfugiés a dépassé les 300 mille, alors qu’à nous seuls, nous avons accueilli près de trois millions», a lancé Erdogan qui a qualifié ces « autres » de « dépourvus de justice et de miséricorde ». .

Et Erdogan de poursuivre : «Nous voulons résoudre la crise syrienne à travers l’aménagement d’une zone sécurisée et l’éradication des facteurs qui contraignent les gens à l’exil. Néanmoins, ils ont tenté de rectifier le cheminent de notre proposition ».

Rappelant, d’un autre côté la célèbre citation «La justice est à la base du règne», Erdogan a relevé que «le mot règne dans ce contexte ne signifie pas les biens mais plutôt l’Etat dans le sens que l’Etat doit être fondé sur la justice ». « A défaut de justice, l’Etat ne connaîtra de pérennité », a-t-il souligné.

«Au moment où des millions dans la planète souffrent de la faim en Afrique et en Asie, l’Occident, lui, fait face aux problèmes d’obésité qui connaissent une recrudescence jour après jour», a-t-il estimé.

«Les institutions internationales et les systèmes mis en place s’enlisent dans les marécages de l’approfondissement de l’injustice et la consécration de l’iniquité et de la sévérité», a-t-il encore plaidé.

«Nous l’avons répété à maintes reprises : Le monde est plus grand que cinq Etats et nous sommes opposés au mécanisme injuste que représente le Conseil de Sécurité international, dès lors que cinq pays déterminent le destin du monde entier», a lancé Erdogan.

« Nous leur avons dit, venez que l’on choisisse de chaque continent et de chaque religion des membres pour siéger au Conseil de Sécurité. Cependant, ils n’ont pas accepté cela », a souligné Recep Tayyip Erdogan.

«Les membres permanents du Conseil de Sécurité sont en majorité des Chrétiens et le monde compte près de 1,7 milliards de Musulmans qui ne sont point représentés au sein de ce Conseil », a conclu le chef d’Etat turc.

AA

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