Daesh en Algérie: Les raisons d’un échec (experts)

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«C’en est fini de Daesh en Algérie» déclare Abdelaziz Malik, professeur en Relations internationales à l’Université de Lyon (France), dans un entretien avec Anadolu. «L’armée a abattu les deux premiers émirs de l’organisation en moins de huit mois. Le premier, Abdelmalek Qori a été tué en décembre 2014, et le second, Othman el-Assimi a trouvé la mort en mai 2015», a-t-il ajouté.

«Selon les chiffres présentés par les services de sécurité, l’armée a abattu 44 éléments de Daesh en Algérie de septembre 2014 à avril 2016. Et l’organisation terroriste a échoué à embrigader les jeunes Algériens, se contentant de 150 dissidents d’al-Qaida au Maghreb Islamique [Aqmi]» affirme l’universitaire.

Des sites web se proclamant du «djihad» ont diffusé en février dernier, des enregistrements vidéo dans lesquels apparaissent trois membres de l’organisation « Jound al-Khilafa », qui a fait allégeance à Daech, appelant la jeunesse algérienne à rejoindre leurs rangs, reconnaissant leurs difficultés à attirer les jeunes, en dépit de la stratégie élaborée dans cette optique.

«On n’a pas besoin d’experts pour évaluer les capacités de la branche locale de Daesh. L’organisation est totalement finie en Algérie » déclare Tawaf Abdelqader, chercheur en sciences politiques, à l’université algérienne de Ouargla (sud).

Il a affirmé à Anadolu : « Seules les cellules dormantes et les loups solitaires, susceptibles d’exécuter des actions terroristes isolées, peuvent encore inquiéter les services de sécurité [algériens] ».

«L’analyse des déclarations de l’armée confirme que l’organisation « Jound al-Khilafa » est actuellement assiégée dans des zones montagneuses isolées par les forces de sécurité, et n’est plus en mesure de prendre des initiatives», a-t-il ajouté.

Pour sa part, le journaliste algérien spécialisé dans les questions sécuritaires, Fawzi Boualem, déclare: «On ne peut évoquer l’échec de « Jound al-Khilafa » en Algérie, sans aborder l’échec de l’organisation mère, l’Aqmi».

«Ce groupe est devenu incapable de menacer la sécurité du pays, en raison du développement important des capacités des forces de sécurité algériennes dans la lutte anti-terroriste», a-t-il souligné.

Le chercheur en droit international de l’université de Laghouat (sud), Mohamed Touati, lui, n’est pas de cet avis.

«Il est encore prématuré de proclamer l’échec de l’organisation Jound al-Khilafa en Algérie», déclare-t-il à Anadolu.

«Malgré les succès enregistrés par l’armée algérienne dans la lutte antiterroriste, un nombre restreint peut menacer la sécurité nationale, parce qu’il dispose du facteur surprise» a-t-il a souligné.

De son côté, le professeur en sciences sociales de l’université de Sidi Bel Abbès (ouest), Mouniri Hatem, a relevé, dans une déclaration à Anadolu que «Daesh a échoué à recruter des Algériens pour qu’ils combattent à l’intérieur de leur pays, parce que les Algériens ont encore, gravé dans leur mémoire, le souvenir amer de la guerre civile qui a éclaté il y a 24 ans». (AA) 

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