Le terrorisme international s’étend sur le monde entier

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Les organisations terroristes commettent des attaques sanglantes sur une géographie qui s’étend des villes européennes au Pakistan, ces derniers temps.

Alors que le terrorisme, ayant frappé Bruxelles (le 22 mars) après Paris (en janvier et novembre 2015), attire l’attention des gouvernements occidentaux sur la menace terroriste mondiale, des experts estiment que ces attaques ne sont pas différentes l’une de l’autre, et les pays doivent coopérer dans la lutte antiterroriste.

Selon l’Indice du terrorisme mondial 2015 de l’Institut des études sur le terrorisme « START », rattaché au Secrétariat américain de la Sécurité intérieure, environ 32 700 personnes ont été victimes d’actes terroristes en 2014. D’après le rapport qui inclut les données les plus récentes sur le terrorisme international, le nombre de victimes en 2013 était inférieur de presque la moitié.

Ces quinze dernières années, le nombre de victimes dans les attaques a augmenté de 29 000. Boko Haram en Afrique et Daech au Moyen-Orient ont commis 51% des attaques en 2014.

D’après le rapport, seulement 0,5% des attentats terroristes ont été commis en Occident entre 2000 et 2015. Ce chiffre s’élève à 2,6% lorsqu’on compte les attentats du 11 septembre. Mais à partir de la fin de l’année 2015, des villes européennes comme Paris et Bruxelles sont également devenues le théâtre d’attaques.

La veille des attentats de Paris le 13 novembre 2015 (ayant fait 130 victimes), 43 personnes ont péri dans une attaque à Beyrouth et au moins 95 personnes ont été tuées dans l’attentat d’Ankara, la capitale turque, le 10 octobre 2015.

En 2016, le fléau terroriste a continué en ciblant Istanbul, Ankara, Bruxelles, Lahore et Bagdad. Dans les attentats du 12 janvier et du 19 mars à Istanbul, 18 personnes ont péri.

Les attentats du 17 février et du 13 mars à Ankara ont fait 62 victimes. Au moins 34 personnes sont mortes dans l’attentat de Bruxelles le 22 mars et l’attaque commise à Babil en Irak le 25 mars lors d’un match de football, a fait au moins 32 victimes. Quant à Lahore, les terroristes ont tué 72 personnes dont la majorité des enfants, dans un parc d’attraction durant Pâques, le 27 mars.

-Boko Haram en Afrique

L’organisation terroriste Boko Haram cible les civils autant que les militaires au Nigeria, au Cameroun, au Niger et au Tchad. Créé dans l’État nigérian de Borno en 2002, Boko Haram menace la région par des actes d’enlèvement et des pillages.

D’après les informations obtenues par l’Agence Anadolu (AA) auprès des responsables militaires camerounais et nigériens, Boko Haram a déclaré son affiliation à Daech le 7 mars 2015. L’organisation compte des enfants et femmes parmi ses militants. Elle détient également plusieurs otages qu’elle transforme en kamikaze.

Différentes sources estiment que Boko Haram a tué plus de 20 000 personnes depuis 2009 et a forcé des millions d’autres à se déplacer dans la zone autour du lac du Tchad.

Les données des Nations Unies (ONU) démontrent que 2,6 millions de personnes, dont la plupart des Nigérians, se sont retrouvés sans habitation. L’organisation terroriste a également détruit 1 100 écoles au Cameroun, au Tchad, au Niger et au Nigeria en 2015.

-Al Qaïda, Daech et PKK au Moyen-Orient

Al-Qaïda était à l’origine constituée d’éléments en provenance des quatre coins du Moyen-Orient combattant contre l’occupation soviétique de l’Afghanistan en 1979. Cette organisation a dominé l’actualité mondiale avec les attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis.

Comparée aux autres organisations terroristes, Al-Qaïda qui s’organise sous forme de cellules flexibles, dispersées et mobiles, a tué 254 personnes dans les attaques qu’elle a commises à Madrid (2004) et à Londres (2005).

Son chef Oussama Ben Laden a été capturé et tué en avril 2011. Par la suite, Eymen al Zawahiri a été désigné comme le nouveau dirigeant. Celui-ci a mis l’accent sur l’organisation au Yémen. Actuellement, Al-Qaïda est actif dans l’est et le sud du Yémen et la ville d’Aden est le théâtre de plusieurs attentats.

Al-Qaïda au Yémen a revendiqué l’attentat au siège de Charlie Hebdo à Paris le 7 janvier 2015. La coalition internationale dirigée par les États-Unis a intensifié ses raids contre les positions et les éléments de cette organisation le mois dernier.

-Le réseau international de Daech s’élargit

Pour sa part, Daech s’est largement étendu sur l’Irak et la Syrie depuis un an et demi. Il a renforcé son influence après la prétendue proclamation de califat le 30 juin 2014. Il établit des « wilayat » (provinces) dans les pays où il trouve un soutien local puissant.

Ses attaques touchent plusieurs pays dont le Nigeria, la Libye, l’Afghanistan, l’Egypte, le Yémen, le Pakistan, l’Arabie saoudite, la Tunisie, le Koweït, le Liban et la Turquie. Des groupes présents en Palestine, en Algérie, en Inde, en Indonésie, aux Philippines, au Mali, au Soudan et dans la région du Caucase du Nord de la Russie, se sont déclarés affiliés à Daech.

À présent, Daech contrôle Mossoul, Fallujah, les régions du sud de Kirkouk, des réserves pétrolières et certains principaux points de passage vers la capitale Bagdad, en Irak.

En Syrie, Daech contrôle Raqqa dans le nord et Deir ez-Zor dans l’est, ainsi que certaines zones de Hassaké, et la partie rurale de l’est et du sud-est d’Alep. L’organisation terroriste vient récemment de perdre la ville de Tadmor (Palmyre), mais préserve son contrôle sur le camp de réfugiés Yarmouk et certaines régions rurales de Homs et de Hama.

Daech n’a pas une organisation implantée en Turquie comme cela est le cas dans d’autres pays. Cependant, ses membres ont commis l’attaque de Suruc (province de Sanliurfa, Sud-Est) le 20 juillet 2015, tuant trente personnes. De plus, Daech avait aussi enlevé le personnel du Consulat turc à Mossoul, dont le consul même. Les otages avaient été libérés avec une opération après 101 jours de détention.

Le président de la République Recep Tayyip Erdogan a précédemment indiqué que Daech a commis sa dixième attaque avec celle perpétrée à Istanbul, sur la place Sultanahmet, le 12 janvier 2016.

En outre, l’attentat commis devant la Gare centrale d’Ankara le 10 octobre 2015 a fait 100 victimes et les responsables gouvernementaux suspectent des membres de Daech d’en être les auteurs.

-Le PKK en Turquie

L’organisation terroriste PKK, né en Turquie en 1984, a des prolongements en Iran, Irak et en Syrie. En effet, le PKK est l’un des quatre piliers du KCK qui est à la base du prétendu « Kurdistan ». Ainsi, le PKK est la branche turque du KCK, le PYD est la branche syrienne, le PCDK est la branche irakienne et le PJAK la branche iranienne.

Ces derniers mois, le PKK a commis des attaques notamment dans les provinces turques de Mardin, Diyarbakir et Sirnak (sud-est). Pour ce faire, il se sert de son homologue syrien aussi. D’après les sources sécuritaires, le PYD fournit des armes et des munitions au PKK à travers la frontière.

Erdogan avait annoncé, en début 2016, que 3 100 terroristes du PKK ont été tués et que 200 agents de sécurité étaient tombés en martyr.

-Terrorisme des Talibans

Formé en majorité de membres d’origine pachtoune, le Taliban a été créé au début des années 1990 avec le retrait des forces soviétiques de l’Afghanistan. Le régime Taliban a dirigé le pays entre 1996 et 2001, et a été ciblé par la campagne américaine de lutte antiterroriste mondiale. Il s’est alors installé à la frontière pakistanaise. Or le mouvement Taliban pakistanais est différent de son original en Afghanistan. Malgré les efforts de l’administration d’Islamabad pour éliminer le groupe, celui-ci continue de menacer les civils, l’armée et l’administration.

Le mouvement Taliban pakistanais vise un changement du régime dans le pays.

Le 16 décembre 2014, les Talibans ont tué 150 personnes dont plus de 130 enfants dans une école à Peshawar, puis 72 personnes dont la plupart des enfants, à Lahore le 27 mars dernier.

-Appels à la coopération dans la lutte antiterroriste

Les experts insistent sur la nécessité de coopérer à l’échelle internationale dans la lutte contre les organisations terroristes.

Enseignante à l’Université de Galatasaray (Istanbul), ancienne ministre des Affaires européennes en Turquie, la professeur Beril Dedeoglu a estimé que « les sociétés turque, française et belge devraient faire preuve de solidarité, mais malheureusement nous en sommes loin actuellement. »

D’après Dedeoglu, les récents actes éloignent d’une part l’Occident du Moyen-Orient, et de l’autre, l’appelle dans cette région dans le cadre de lutte contre le terrorisme.

Pour sa part, le professeur Muhittin Ataman, enseignant à l’Université Yildirim Beyazit (Ankara) et vice-coordinateur général de la Fondation des études sur la politique, l’économie et la société (SETA), a noté qu’un attentat commis dans une région quelconque du monde intéresse le reste du monde, dans le processus de globalisation.

Quant à Akif Kirecci, enseignant à l’Université Bilkent, il est très dangereux de distinguer les attaques les unes des autres ces derniers temps. D’après Kirecci, l’Occident ne doit pas s’approprier des valeurs telles que la démocratie et les droits de l’Homme uniquement pour ses propres habitants, mais aussi pour ceux du Moyen-Orient et de l’Afrique.

AA

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