L’UE ouvre la voie à l’exemption de visas pour les Turcs, pas encore acquise

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La Commission européenne a ouvert la voie mercredi à une exemption de visas pour les Turcs voyageant dans l’espace Schengen, dont Ankara a fait une condition pour continuer d’appliquer son accord migratoire controversé avec l’UE, mais qui reste loin d’être acquise.

L’exécutif européen a également décidé mercredi d’autoriser une prolongation exceptionnelle des contrôles aux frontières intérieures de la zone Schengen de libre-circulation, rétablis par plusieurs pays au plus fort d’une crise migratoire loin d’être terminée.

Enfin, Bruxelles a abattu une carte dans un autre dossier source de controverses: la réforme du règlement Dublin, qui définit quel pays de l’UE est responsable d’une demande d’asile. Elle a proposé des retouches plutôt qu’une révolution, avec un mécanisme de répartition automatique des demandeurs d’asile dans l’UE, si un pays est soumis à un afflux massif.

Le gouvernement turc a fait de l’exemption de visas pour ses ressortissants un enjeu de politique intérieure, s’il ne l’obtient pas, de remettre en cause son pacte migratoire du 18 mars avec l’UE, prévoyant le renvoi en Turquie de tous les nouveaux migrants arrivant sur les îles grecques.

En 2015, l’UE a été ébranlée par l’arrivée d’un nombre sans précédent de 1,25 million de demandes d’asile, déposées principalement par des Syriens, Irakiens et Afghans fuyant la guerre et l’insécurité.

Mais combiné à la fermeture de la route migratoire des Balkans, l’accord avec Ankara a fait baisser la pression sur l’Union, même si la situation reste inquiétante en Grèce où sont bloqués des dizaines de milliers de réfugiés.

Attendue au tournant, aussi bien par Ankara que par des Etats membres inquiets, la Commission a bien proposé mercredi d’intégrer la Turquie dans la liste des pays exemptés de visas » pour les courts séjours (90 jours maximum) dans l’espace Schengen, dans le cadre familial, de voyages d’affaires ou touristiques.

Mais elle a assorti son avis favorable de conditions encore à remplir: parmi une série de 72 critères pour rendre la mesure possible, Ankara doit encore en respecter cinq « d’ici à la fin juin », a expliqué le vice-président de la Commission Frans Timmermans.

Ces critères concernent notamment la lutte des autorités turques contre la corruption, la négociation d’un accord avec Europol ou encore une révision de la législation du pays sur le terrorisme.

En outre, tout ressortissant turc exempté de visa ne pourra entrer dans l’UE que muni d’un passeport biométrique.

Mais même en cas de feu vert complet ultérieur de la Commission, l’exemption ne sera pas acquise: le Parlement européen et les Etats membres auront ensuite leur mot à dire.

Sans attendre, Ankara s’est félicité de la décision de la Commission qui, selon le ministre turc des Affaires étrangères Mevlüt Cavusoglu, ouvre « une nouvelle page » dans les relations entre l’UE et la Turquie.

TRT FR

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