Patrick Leahy veut une enquête contre Israël et l’Egypte pour les meurtres brutaux

Voici ce qui arrive quand un sénateur américain appelle Israël à être tenu responsable d’atrocités

Le sénateur Patrick Leahy veut une enquête contre Israël et l’Egypte pour les meurtres brutaux commis avec l’aide militaire américaine.

Le sénateur américain Patrick Leahy a suscité la colère du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et fait face à une réprimande à l’intérieur de son propre parti après avoir demandé une enquête sur les « violations flagrantes des droits de l’homme » par Israël et l’Egypte, les principaux bénéficiaires de l’aide militaire américaine.

Relâché seulement quelques jours après l’assassinat extra- judiciaire par un soldat israélien d’un Palestinien blessé dans la ville de Hébron en Cisjordanie occupée, la demande de Leahy pour une enquête est le dernier signe que le soutien militaire américain au gouvernement de droite en Israël est en train de devenir une source de tension politique.

Le 17 Février, Leahy ( D- Vt . ) et dix membres démocrates du Congrès ont envoyé une lettre au secrétaire d’État John Kerry. Il y a eu un nombre inquiétant de rapports sur de possibles violations flagrantes des droits de l’homme par les forces de sécurité en Israël et en Egypte – incidents qui peuvent avoir des destinataires concernés ou les bénéficiaires potentiels de l’aide militaire américaine » affirme le document qui a été rendu public fin mars. « Nous vous exhortons à déterminer si ces rapports sont crédibles et de nous informer de vos résultats ».

La lettre conclut que les États-Unis pourrait ainsi violer la loi Leahy (du nom du sénateur Vermont) qui est un cadre juridique visant à empêcher l’aide militaire américaine « aux forces de sécurité d’un pays étranger si le secrétaire d’Etat a des informations crédibles une violation flagrante des droits de l’homme par ces forces ».

« Amnesty International et les autres organisations de défense des droits de l’homme ont rapporté ce qui pourrait être des exécutions extrajudiciaires de l’armée israélienne et de la police de Fadi Alloun , Saad Al- Atrash , Hadeel Haslamoun et Mutaz Elisa » indique la lettre. « Des cas de torture sont aussi rapportés dans les affaires de Wasim Marouf et Ahmed Manasra ».

Philip Weiss qui a écrit pour Mondoweiss, a noté que « bon nombre de signataires, dont Hank Johnson , Andre Carson , Eddie Bernice Johnson , Eleanor Holmes Norton et Raul Grijalva étaient des gens de couleur et cela était pertinent car comme l’a dit Tamara Cofman Wittes à Columbia lundi soir, le soutien d’Israël est lentement devenu politisé tout comme la base démocratique aux États-Unis devient plus lourdement noire et latino, des groupes qui ont de la sympathie pour la cause palestinienne ».

La lettre de Leahy est remarquable pour placer les violations israéliennes aux côtés des atrocités égyptiennes dont le massacre de la place Rab’aa en 2013 – une action rare dans un climat politique américain où Israël est souvent jugé sans reproche. Les Etats-Unis remettent chaque année 3,1 milliards $ comme aide militaire à Israël et environ 1,5 milliard à l’Egypte qui finance la junte militaire brutalement répressive selon les lignes directrices du Camp David. Ensemble, ces deux pays ont représenté plus de 75% des aides militaires mondiales des Etats-Unis en 2014.

La condamnation conjointe a été vivement critiquée par Ben Cardin, membre démocratique de la Commission des relations extérieures auprès du Sénat, qui bénéficie fortement des contributions du lobby pro-Israël. « Il n’y a aucune comparaison à faire ici » a indiqué Cardin dans une dépêche accordée à Forward et publiée dimanche. « Israël suit des règles de droit, précise-t-il. Ils ont un système (juridique) contre les responsables individuels… Il n’y a aucune équivalence ici ».

« IDF et la police israélienne ne se livrent pas à des exécutions. Face aux terroristes assoiffés de sang, les soldats et policiers israéliens se défendent et défendent les civils innocents et ce, avec des normes de morale élevées » avait fustigé Netanyahu mercredi dernier.

Au magazine 972, Dahlia Scheindlin a qualifié la réponse de Netanyahu de « série étrange de mensonges ». Un rapport dévoilé en février 2014 par Amnesty International a montré qu’Israël tuait et blessait les Palestiniens, enfants y compris, en toute impunité. Ces résultats ont été bientôt suivis par l’offensive militaire d’Israël de 51 jours contre la bande de Gaza. Durant cette opération, il a tué 2.145 Palestiniens, majoritairement des civils dont 578 enfants.

Selon Defense for Children International – Palestine, au moins 28 enfants palestiniens ont été « victimes de coups de feu mortels des forces israéliennes en 2015 », en bonne partie à cause de la mise en application par l’Etat hébreu d’une politique de tirer pour tuer en réponse à la hausse de la tension et de la résistance.

Patrick Leahy répond aux revendications de Benjamin Netanyahu, affirmant mercredi que « l’amendement Leahy, qui existe depuis près de 20 ans, s’applique uniformément, à l’échelle mondiale – sans épargner aucun pays – et s’applique au personnel et aux troupes militaires, pas uniquement aux forces de sécurité générales lorsque l’aide américaine est impliquée ». « C’est uniquement équitable pour les contribuables américains et il est nécessaire de maintenir la suprématie du droit que notre pays défend » a-t-il poursuivi.

Le Premier ministre israélien, qui fait escalader la discorde mondiale, a appelé John Kerry vendredi et demandé que le secrétaire d’Etat déclare qu’Israël n’est pas coupable dans les assassinats extrajudiciaires.

Le différend qui est en cours s’est présenté comme suit :

Benjamin Netanyahu a demandé une aide militaire d’un montant de 4,5 milliards de dollars par année.

Mais Raed Jarrar, le gestionnaire des relations gouvernementales pour l’American Friends Service Committee, a déclaré à AlterNet : « L’administration Netanyahu est actuellement si extrême dans ses politiques et ses pratiques que ses actions rendent impossible le maintien des politiques américaines de signer un chèque en blanc ».

D’après Suzanne Adely, co-présidente du comité international de la National Lawyers Guild (Association nationale des avocats), l’assaut israélien de 2015 à Gaza et le massacre de Rab’aa en 2013 représentent des tournants, précisant que de plus en plus de voix s’élèvent parmi les médias traditionnels, les officiels gouvernementaux et les citoyens américaines ordinaires pour dire qu’ils en ont assez ».

Sarah Lazare, AlterNet​

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