La France dit « non » au traité de libre-échange avec les Etats-Unis

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La France s’oppose « à ce stade » à la signature du traité de libre-échange transatlantique (Tafta) entre les Etats-Unis et l’Union européenne (UE), a annoncé mardi le président français François Hollande.

S’exprimant au colloque « La Gauche et le pouvoir », Hollande s’est montré contre la conclusion de l’accord qui prévoit la création de la plus grande zone de libre-échange au monde, alors que le 13e tour des négociations tenues à cet effet à New York est au point mort depuis la semaine dernière.

« Nous n’accepterons jamais la mise en cause de nos principes essentiels. C’est pourquoi à ce stade, la France dit non », a déclaré Hollande, annonçant ainsi pour la première fois, à haute voix, l’opposition française au traité qui a été davantage fragilisé par la publication par Greenpeace des documents confidentiels sur l’état des négociations. Baptisés « TTIP Leaks », ces documents montrent que les responsables américains demandent en catimini aux autorités européennes de réduire leurs exigences en matière d’environnement et de santé publique.

Alors que le président français a fait part du refus de son pays au Tafta, le secrétaire d’Etat au Commerce extérieur Matthias Fekl a suggéré plus tôt dans la journée que l’arrêt des négociations entre les Etats-Unis et l’UE est « l’option la plus probable » à l’heure actuelle, notamment en raison de « l’esprit des Etats-Unis ».

« C’est un accord, qui, tel qu’il est aujourd’hui est un mauvais accord. En l’état, la France ne peut le signer », a soutenu Fekl, intervenant mardi matin sur la radio Europe 1. « Nous souhaitons que nos PME [petites et moyennes entreprises, ndlr]aient accès au marché américain. Nous souhaitons défendre l’agriculture, les indications géographiques », a-t-il souligné.

Le secrétaire d’Etat français a également affirmé que l’Europe donnait trop de concessions sans que les Etats-Unis ne changent de position, notamment sur la question environnementale.

« L’Europe donne beaucoup, propose beaucoup mais elle reçoit très peu en échange et ce n’est pas acceptable », a estimé Fekl, ajoutant même que la signature de Tafta à ce stade contrebalancerait l’importance de la COP21, sommet sur le changement climatique tenu fin 2015 à Paris.

« Ca n’aurait aucun sens d’avoir fait la COP21 en décembre à Paris et quelques mois après, signer un accord qui viendrait la détricoter », a-t-il ainsi noté.  (AA)

TRT FR

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