Les actions humanitaires de la Turquie (19)

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Même si l’Afrique est constituée de différents groupes ethniques, elle possède une mémoire collective. Contrairement aux autres continents, le chagrin et la joie se répandent vite sur tout le continent. Vu sous l’angle des occidentaux, toute personne à la peau noire n’est-elle pas africaine d’ailleurs ? Nous « Occidentaux » ou peuples développés considérons très souvent inutile de parler des différences entre les Africains. Ils sont identiques à nos yeux.

Je me souviens de notre discussions avec le gouverneur du Darfour au Soudan vers midi à l’ombre de l’un des quelques arbres qui y existaient. Moi et les membres du groupe dont je faisais partie, lui avons dit qu’il y avait tant de pétrole et de ressources sous-terraines dans son pays et qu’ils ne connaitraient aucun des problèmes qu’ils ont aujourd’hui s’ils les utilisaient. La réponse du gouverneur reflétait la mémoire collective de l’Afrique. « Si ces ressources commencent à être exploitées, en plus de la pauvreté nous aurons aussi à faire à une guerre civile. Nous sommes seulement pauvres aujourd’hui. Nous serons dans l’autre cas obligés de combattre nos frères » avait-il indiqué. Les faits se sont déroulés comme l’avait prédit le gouverneur. Les Etats modernes y sont venus pour s’emparer des mines du Darfour. Après une longue période de conflit, le Soudan et le Darfour se sont divisés.

Les Africains ont fondé le premier empire du continent au Ghana. Ils ont maintenu leur existence en paix sous forme de tribus avec les traditions qu’ils ont héritées de leur histoire. Jusqu’au jour où ils ont établi les premiers liens avec les Européens. Ce sont les Portugais qui ont été les premiers à venir sur les côtes ghanéennes. Ils ont été suivis des autres Etats colonisateurs d’Europe. Ils ont donné des armes aux Ghanéens en échange des ressources. Le Ghana est l’un des pays où les réserves d’or sont très riches. Les Britanniques ont appelé le Ghana, la Côte de l’Or. C’est sous cette appellation que le pays a longtemps été connu en Occident. Le Ghana recouvert des forêts pluviales qui possède en dehors des réserves d’or, des terres agricoles très fertiles, a été exploité pendant plusieurs siècles. Au 20e siècle où il n’était plus possible de maintenir la colonisation sous sa forme ancienne, le Ghana a été le premier pays d’Afrique à proclamer son indépendance. Mais les forces coloniales n’ont pas donné la paix au Ghana. Le pays a connu presque tous les 5 ans un coup d’Etat militaire après la proclamation de l’indépendance dans les années 1950. La stabilité a partiellement été établie au Ghana dans les années 2000. Le pays compte aujourd’hui 25 millions de citoyens. Les indicateurs économiques s’améliorent de jour en jour mais le revenu per capita est de l’ordre de 1500 dollars. Les besoins essentiels comme la santé et l’éducation dépendent totalement des aides d’organisations internationales. Le taux de mortalité infantile est toujours très élevé. Le paludisme continue de faire des morts au Ghana. Les maladies chroniques touchent toujours les enfants. Les agences internationales qui y viennent pour apporter des aides, se font d’abord construire des offices tels des châteaux. Ils engagent du personnel pour la protection de ce château, achètent des voitures de luxe qui ne tomberaient pas en panne et le reste de l’argent est utilisé pour les Africains dans le besoin.  

C’est justement à ce stade que nous voyons le « type d’aide turc » qui est aujourd’hui utilisé par tous les humanitaires du monde. Les agences d’aides turques officielles ou privées ne font pas les dépenses inutiles de luxe que nous venons de citer. Dans les pays où ils vont, nos humanitaires vivent là où vivent les citoyens du pays et montent dans les voitures qui y sont utilisées. 

Après l’intérêt tardif de la Turquie à l’Afrique, le président Recep Tayyip Erdogan, son épouse Emine Erdogan et un groupe d’hommes d’affaires ont récemment visité le Ghana. Pendant les entretiens entre les chefs d’Etat et les hommes d’affaires, l’épouse de notre président, Mme Emine Erdogan a visité un orphelinat. L’immeuble portait les traces de la colonisation de plusieurs siècles. Mais cet orphelinat avait une particularité différente. Il y avait 80 enfants entre 4 et 12 ans, sourds-muets. Les enfants sourds-muets ont dansé pour Emine Erdogan et les visiteurs. C’était une agence turque qui leur avait ouvert les portes de la danse. L’Agence Turque de Coopération et Coordination (TIKA. La TIKA y était venue les trouver. Elle avait apporté avec elle des appareils auditifs dont les coûts n’étaient pas très élevés. En conséquence, certains enfants avaient commencé à entendre et donc à parler. Les autres enfants avaient aussi cette chance. La TIKA les faisait passer par un test médical et cherchait les appareils dont ils ont besoin. C’est en ces mots que Mme Emine Erdogan exprimait son espoir pour l’avenir de ce pays : « Je crois bien fort que si le Ghana utilise bien sa jeune population et son riche potentiel, il renaitra de ses cendres ».

Oui le Ghana porte dans ses gènes, la culture d’un empire enraciné tout comme notre pays. Même s’il a été « obstrué » un certain temps par les forces coloniales, il a la force de la renaissance dans ses gènes. Il suffit qu’une main amicale lui soit tendue en cette période. Cette main d’aide sera celle de la Turquie qui apporte son aide même aux enfants sourds-muets.  Elle va semer les semences de la fraternité au Ghana tout comme elle le fait dans l’ensemble de l’Afrique. Comme elle le fait aujourd’hui.  

TRT FR

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