Mourad Ghazli : en Turquie c’est le peuple qui a le 49-3

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Nous vous présentons le communiqué de Mourad Ghazli destiné à la TRT…

 

« Le peuple turc a donné et veut donner tous les pouvoirs au Président Erdogan.

Nous vivons en France depuis Sarkozy une crise institutionnelle où les électeurs se détournent de la politique, ils ne croient plus à la parole politique.

Cela se traduit par des participations aux élections, remettant même le principe de la démocratie, aucune légitimité aux élus qui ont recueilli moins de voix que les abstentionnistes. 

C’est dans ce contexte que la 5ème République est remise en cause car elle était faite pour les épaules du général De Gaulle et pas pour des politiques qui gouvernement à la petite semaine en fonction des sondages.

Nous avons un président avec un record d’impopularité avec 86% d’insatisfait et une défiance de sa majorité, l’obligeant par deux fois à recourir à un passage en force contre le peuple et le parlement avec l’article 49 alinéa 3 de la constitution.

Le 49-3 permet de faire passer une loi en force sans passer par un vote des députés, c’est un pouvoir de l’exécutif contre le pouvoir du législatif.

C’est en principe un article d’exception pour des moments exceptionnels mais pas comme l’a fait le gouvernement sur la loi dite Macron et là sur la dite loi « travail ».

C’est un acte autoritaire et pas du tout démocratique, ce n’est pas conforme à l’esprit de la Vème République voulu par De Gaulle qui s’adressait par voie référendaire pour trancher un litige et engager sa responsabilité en se démettant après que le peuple ait dit non.

Des politiques de droite, du centre et de la gauche souhaitent passer à la 6eme République et notamment enlever du pouvoir au Président de la République qui concentre trop de pouvoir, dont celui de choisir le Premier ministre, engager le pays en guerre, chef de la diplomatie, dissoudre le parlement, utiliser le 49-3, désigner les dirigeants d’entreprise publique……

La Turquie est dans un débat de modification de sa constitution pour la rendre plus démocratique et efficace, elle est obsolète puisqu’elle date de 1923 et modifié dans les années 80 après le coup d’Etat militaire.

D’aucuns en Europe accusent le président Erdogan de vouloir tous les pouvoirs, sauf que c’est le peuple qui lui donne tous les pouvoirs depuis 2002 c’est le principe même de la démocratie, celui de se soumettre à la volonté du peuple.

Remettons-nous en cause les victoires consécutives de la chancelière Merkel ? Non on respecte les décisions du peuple, je comprends qu’en France cela peut surprendre que le président Erdogan avec son parti gagnait toutes les élections car en France la popularité du pouvoir est éphémère et l’alternance est la règle, du fait des mensonges de campagne et l’incapacité d’avoir une politique qui produit des résultats.

Quand la gauche française était dans l’opposition elle a gagné toutes les élections intermédiaires comme les municipales, départementales, régionales, européennes et sénatoriales par défaut, ce que nous appelons un vote sanction contre le gouvernement Sarkozy. 

Pour autant en 2017 les Français ont donné une majorité au parlement au président Hollande afin de mener sa politique avec donc tous  les pouvoirs, sans que cela soit remis en cause ou fasse débat puisque c’est la souveraineté du peuple de choisir.

Depuis, nous vivions l’inverse, c’est l’opposition d’extrême droite et de la droite qui  remportent toutes les élections.

En Turquie, depuis 2002, le peuple accepte la feuille de route de 2023 du président Erdogan. Ce n’est pas une confiance aveugle, c’est la reconnaissance des résultats d’étapes obtenus permettant de donner la crédibilité aux promesses.

L’élection du président de la Turquie au suffrage universel depuis 2014 lui donne de la légitimité sauf qu’à la différence du président français îl a peu de pouvoir et donc peu de responsabilité. 

Le pouvoir est donc donné au parlement avec des députés élus permettant difficilement de dégager une majorité d’où les très nombreuses coalitions avant 2002 qui ont mené les compromis à l’immobilisme de la Turquie.

Plus de 50 millions d’électeurs et des participations à plus de 85%, îl est temps de réformer cette constitution afin de rendre gouvernable la Turquie.

Le peuple ne veut plus de coalition, il veut donner le pouvoir d’agir à une majorité et qu’elle puisse rendre des comptes sur son action d’où l’importance de passer à un régime présidentiel afin que le peuple puisse choisir une femme ou un homme afin de gouverner et non pas le laisser aux députés et aux partis politiques à faire leur cuisine entre eux loin du peuple.

Le problème n’est pas de donner tous les pouvoirs à un homme mais ce qu’il en fait, mais dans tous les cas c’est limité dans le temps, à ne pas confondre avec une monarchie. 

Il faut aussi sortir de l’hypocrisie, ce n’est jamais un parti qui gagne les élections mais son leader, d’ailleurs les négociations au parlement se font avec les responsables des partis jamais avec le peuple.

Il n’appartient ni aux médias ni à la France et encore moins à l’Europe de décider à la place du peuple turc la constitution de la Turquie et surtout son président.

Il est donc fallacieux de dire qu’Erdogan veut tous les pouvoirs, il ne fait que proposer au peuple qui lui valide la confiance, que voulez-vous qu’il  dise surtout ne voter pas pour mon projet, donner le pouvoir à l’opposition ?

Il faut être sérieux on n’est pas dans le sport avec l’esprit du baron de Coubertin où l’essentiel est de participer.

Enfin, en France on a un président décrié, impopulaire sans majorité, qui abuse de son pouvoir avec le 49-3 mais on préfère critiquer la popularité, la confiance et la majorité du président Erdogan en le qualifiant d’autoritaire ».

TRT FR

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