Amnesty demande à l’UE de cesser d’être « complice » de la « répression »

Près de la moitié des pays de l’Union européenne fournissent des armes à l’Egypte, a accusé mercredi Amnesty international, réclamant un embargo et estimant que ces pays « risquaient d’être complices des « exécutions extrajudiciaires », « disparitions forcées » et « tortures » dans ce pays.

Le président Abdel Fattah al-Sissi est accusé par les organisations internationales des droits de l’Homme d’avoir instauré un régime autoritaire ultra-répressif depuis qu’il a destitué en 2013 son prédécesseur Mohamed Morsi.

« Douze des 28 pays-membres de l’UE figurent toujours parmi les principaux fournisseurs de l’Egypte en armes et en équipements pour le maintien de l’ordre », assène Amnesty, qui cite notamment la France, l’Italie, le Royaume-Uni et l’Allemagne, ainsi que la Bulgarie et la République Tchèque.

Selon l’ONG internationale basée à Londres, ces pays fournissent notamment « de l’armement léger et des munitions », tels que des « fusils d’assaut », « des mitrailleuses légères », « des pistolets et des revolvers ».

« L’Union européenne devrait immédiatement imposer un embargo sur le transfert d’armes et d’équipements, utilisés par l’Egypte pour perpétrer de graves violations des droits de l’Homme », réclame Amnesty International.

« Les pays de l’UE qui fournissent des armes et des équipements de maintien de l’ordre aux forces égyptiennes –responsables de disparitions forcées, de tortures et d’arrestations arbitraires à grande échelle– agissent de manière imprudente, et risquent d’être complices de ces violations graves », ajoute l’organisation.

« Rien qu’en 2014, les pays de l’UE ont autorisé 290 licences d’exportation d’équipements militaires vers l’Egypte, pour un total de plus de 6 milliards d’euros », souligne l’ONG.

Des entreprises de plusieurs pays européens, dont l’Allemagne, l’Italie et le Royaume-Uni « ont fourni aux autorités égyptiennes des équipements et des technologies sophistiquées pour la surveillance », a précisé Amnesty, citant l’ONG Privacy International et craignant que ces équipements ne soient utilisés « pour réprimer l’opposition pacifique ».AFP

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