Les actions humanitaires de la Turquie (22)

Le Sommet humanitaire mondial s’est déroulé du 23 au 25 mai à Istanbul. Il s’agissait de la première édition de ce sommet. La tenue de ce premier sommet sous les auspices de la Turquie revêt une grande importance, bien que cela soit symbolique. En effet, la Turquie était le pays le plus irréprochable et digne du sommet concernant les aides humanitaires. C’est avec cette attitude et cette sérénité qu’elle a accueilli ses hôtes.

D’innombrables informations sont parues dans les quatre coins du monde sur ce sommet. Le journal « the Independant » a lancé un des plus beaux titres. Le Sommet humanitaire mondial ou la réunion des hypocrites ?

Les chefs d’Etat et de gouvernement de dizaines de pays, le secrétaire général de l’ONU, des centaines de dirigeants d’ONGs, de politiciens, d’hommes d’affaires, d’artistes et de journalistes ont participé au Sommet humanitaire mondial. Près de 8 000 personnes ont débattu de l’avenir des aides humanitaires à Istanbul pendant trois jours. Le titre du journal « The Independant » prend tout son sens dans ces débats. En effet, des déclarations très fortes ont été faites sur la résolution des problèmes au cours des débats, alors que les discours sur la raison des problèmes étaient toujours plus réservés, car c’est le système de souveraineté actuel dans le monde qui créée des problèmes. Les préparatifs pour le sommet humanitaire mondial ont commencé il y a exactement quatre ans de cela, et depuis, plusieurs réunions préliminaires ont été tenues. L’avis d’environ 23 000 personnes a été demandé. Mais l’appel le plus concret qui en a découlé est le suivant : mettre un terme aux souffrances des hommes. Mais quelles sont les raisons de ces souffrances….

Le président de la République de Turquie, Recep Tayyip Erdogan, était probablement le dirigeant le plus serein du sommet. Son pays accueille près de 3 millions de migrants et la Turquie mobilise ses propres moyens pour subvenir à leurs besoins en tout genre. Le président a déclaré que les aides enregistrées dépassent, à elles seules, le seuil des 10 milliards de dollars. En y ajoutant les aides effectuées par les organisations non-gouvernementales et celles des petites organisations dans les villes, cette somme s’élève à près de 20 milliards de dollars. Le président turc a critiqué les pays européens qui avaient promis une aide financière mais ne l’ont toujours pas réalisée. « Nous n’allons pas utiliser cet argent pour nous mais pour les Syriens » a-t-il dit. Il a expliqué que l’accord de réadmission signé entre la Turquie et l’Union européenne il y a quelques temps n’aurait aucune valeur et ne serait pas appliqué par la Turquie si les pays européens sont défavorables à partager la charge financière générée. M. Erdogan s’est également plaint du fait qu’il n’y ait pas de sanctions dans la structure juridique de l’ONU, critiquant une nouvelle fois le mécanisme de décision de l’ONU.

On croit souvent que le domaine de l’aide humanitaire est devenu un grand « secteur » dans le monde. Cette année, 155 milliards de dollars ont été transférés dans ce secteur. Au-delà du débat sur la suffisance de cette somme pour apaiser les souffrances, il y a un autre débat sur son utilisation pertinente. Le quotidien britannique rappelle le passé. Les fonds humanitaires récoltés après le séisme en Haïti, ont été sacrifiés dans une histoire de corruption à laquelle des responsables onusiens étaient mêlés et les « Nations unies n’ont toujours présenté aucune excuse à ce sujet » a-t-il dit. Six années se sont écoulées depuis. Aucune déclaration satisfaisante n’a été faite au public mondial. Les Casques bleus déployés en Afrique sont associés à des abus contre des enfants. Les Etats puissants qui parlent de la souffrance des hommes et de la nécessité de l’éradiquer, concluent des accords sur le commerce des armes avec les dictateurs qui sont à l’origine de ces souffrances.

Dans toute cette hypocrisie, le secteur de l’aide humanitaire grandit rapidement. La part du lion revient aux organismes humanitaires rattachés à l’ONU. Les Nations unies ont une commission de 7% sans apporter aucune contribution dans l’utilisation des fonds récoltés. 14 000 personnes sont employées pour le Programme alimentaire mondial.

Au cours du Sommet humanitaire mondial, le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-Moon a visité les stands des organisations humanitaires. C’est dans le stand de la fondation « Save The Children » qu’il a passé le plus de temps. Le salaire annuel du président de cette fondation est de près de 350 000 dollars…

Nous avions indiqué au cours du précédent épisode que « la Turquie se prépare à donner des leçons au monde sur l’aide humanitaire ». En effet, alors que le salaire annuel du président d’une fondation étrangère s’élève à 350 000 dollars, le président du Croissant-Rouge turc qui achemine des aides à des millions de victimes à des dizaines de pays dans le monde, est, lui, bénévole.

Alors que ceux qui ont un poste équivalent reçoivent un salaire de près d’un million de livres turques, il renonce à ce droit pour faire sourire plus d’enfants.

TRT FR

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