Pour comprendre l’auteur du coup d’Etat, regardez ses écoles aux Etats-Unis (analyse)

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M. Robert Amsterdam a été mandaté par la République de Turquie pour suivre l’enquête internationale sur les activités de l’organisation terroriste guléniste/structure d’Etat parallèle (FETÖ/PDY).

Pour nombre de personnes, les faits survenus les 15-16 juillet en Turquie semblent appartenir à un mauvais film d’action ; un groupe de bandits dans l’armée vole à basse altitude sur les maisons de la capitale avec des chasseurs dont ils se sont emparés, bombarde le bâtiment parlementaire et occupe le Pont du Bosphore avec des tanks. Des troupes militaires prennent le contrôle des chaines de télévision et des unités tactiques se mettent à la poursuite du président de la République.

La production d’un tel fait dans un pays de 80 millions de citoyens, membre de l’OTAN et possédant des armes nucléaires, semblait impossible. Mais malheureusement, cette attaque terrifiante contre le gouvernement élu démocratiquement était plus que réelle et il faudra probablement plusieurs années pour effacer ses résultats – la mort de 240 personnes et la blessure de plusieurs milliers d’autres-.

L’homme tenu responsable de l’incident

Le fait que Fethullah Gulen, chef de l’organisation terroriste guléniste/structure d’Etat parallèle (FETO/PDY), qui dirige cette organisation terroriste dans l’ensemble du monde depuis sa résidence à Saylorsburg en Pennsylvanie, soit responsable de cet incident, a attiré de nouveau l’attention sur les relations turco-américaines.

La Turquie a fait une demande d’extradition pour Gulen et fait part de sa demande aux Etats-Unis.

Gulen nie sa participation au coup d’Etat et plusieurs de ses partisans prétendent qu’il serait incapable de perpétrer un incident à ce point traître.

Les avocats de Gulen vont encore plus loin et affirment qu’ils ne pourraient pas planifier de coup d’Etat car il est surveillé de près par les services de renseignement, et par conséquent ils prétendent que ce serait ces services qui seraient à l’origine de ces spéculations.

Toutefois, si vous vous penchez de plus près pour savoir comment Gulen parvient à diriger via des douzaines d’entreprises fictives 150 écoles à charte, vous vous apercevrez qu’il y a une capacité d’organisation très complexe qui se cache derrière.

Mon bureau d’avocat a été chargé il y a 7 mois par la République de Turquie pour enquêter sur les activités illégales et suspectes des entreprises et écoles liées à Gulen. Quant à ce que nous avons trouvé jusqu’à présent, c’est choquant.

Les dénonciateurs nous ont dit que  le mouvement Gulen avait une hiérarchie sévère et que les instructions étaient données en général par Gulen en personne lors des réunions en tête à tête, tenues depuis Poconos en Pennsylvanie.

Le groupe de dirigeants du mouvement est composé de 7 personnes, ils transmettent les instructions au Conseil consultatif, aux imams régionaux, aux imams des pays, aux imams des départements, aux imams des villes, aux imams des quartiers, aux foyers d’étudiants (Maisons de Lumière) et en dernier aux étudiants. Tous les hommes d’affaires, bureaucrates et employés militaires mènent des activités à de différents niveaux suivant leur position et leur partenariat.

Par ailleurs, Gulen parle rarement. Selon un guléniste, interviewé par l’académicien Joshua Hendrick pour son livre intitulé : “Gulen : Politique ambiguë de l’Islam des marchés en Turquie et dans le monde”, les instructions sont transmises par le biais des conseils qui seront interprétés par les membres du haut vers le bas.

“Il (Gulen) dit : “Si c’est fait, ce sera bien”, il ne dit jamais : “ C’est obligé de le faire (…)”. Ou il dit, par exemple; “Pourquoi vous n’ouvrez pas une banque?”, (Mais) il ne dit jamais “tu”. S’il (Gulen) dit quelque chose , les disciples doivent que c’est très important, et nous sommes obligés de le faire.”

Mais ceux qui suivent Gulen ont ouvert plus que des banques.

Les gulénistes ont travaillé suivant des couches loin de l’obligation de rendre des comptes que l’on ne pourrait dévoiler, et ouvert 55.000 entreprises commerciales à l’échelle mondiale. Ayant reçu chaque année des dizaines de millions de dollars des fonds des contribuables, ils les ont partagés entre eux et les sous-traitants et sont devenus propriétaires de la plus nombreuse école à charte aux Etats-Unis.

Transfert d’argent illégal dans les écoles à charte américaines

Un des exemples concerne les écoles publiques de Magnolia situées en Californie. Un responsable de cette école avait été arrêté lorsqu’il donnait 700.000 dollars pour une année à un sous-traitant lié au mouvement Gulen qui utilisait un bureau construit par le PDG de Magnolia. Ce même PDG a quitté Magnolia au cours de la même année et est devenu le PDG de sa propre entreprise de sous-traitance. Lors d’un contrôle effectué par un des sponsors de Magnolia, LAUSD (Los Angeles Unified School District), les analyses avaient pour but de montrer si l’entreprise de sous-traitance vendait ou non des services à Magnolia. Ces activités bénéfiques pour les dirigeants de haut niveau du mouvement Gulen sont certifiées dans le réseau d’écoles à charte de Gulen, pris en main jusqu’à présent.

Un contrôle effectué par l’Etat à Oklahoma a démontré que l’Académie des sciences Dove a payé 3,1 millions de dollars de plus à Gülen qui est le propriétaire des biens. Les contrôleurs ont découvert que le conseil administratif de l’Académie des sciences Dove était constitué des mêmes personnes que le conseil administratif du propriétaire des biens. Comme ce même groupe formé des gulénistes turcs, prenait part dans les activités commerciales des deux parties, les fonds publics d’Oklahoma étaient détournés des écoles à charte qu’ils étaient chargés de soutenir, et transférés au propriétaire des biens pour un usage à diverses fins.

Un des autres points intéressants, est le paiement de 175.000 dollars au réseau des écoles publiques Harmony au Texas en vue de soutenir un concours auquel aucun étudiant de Dove n’avait pris part.

Les transferts d’argent illégaux similaires sont très répandus partout aussi bien dans les petites écoles à charte de Gulen que dans les écoles publiques Harmony qui constituent la plus grande entreprise avec ses 46 écoles existantes et ses 15 écoles dont l’ouverture est prévue pour les deux prochaines années. Ce type de paiement se montre sous forme de paiement de logiciel, de paiement de programme assuré gratuitement par Harmony conformément au programme d’enseignement Race on Top, et de paiement des services d’orientation assurés par Harmony. Quand les partisans de Gulen venant de ces petits réseaux, sont promus au sein de l’organisation guléniste, ils sont envoyés à Harmony. C’est en fait une situation bizarre, car Harmony est normalement chargé d’œuvrer en tant que consultant à ces réseaux, non pas d’embaucher leurs employés.

L’école publique Harmony a signé un accord surprenant en payant une importante somme de 18 millions de dollars pour la construction d’une nouvelle école sur le terrain du terroriste Fethullah Gulen. Ce nouveau terrain est évidemment géré par l’ancien directeur de planification de l’école publique Harmony. D’après une information similaire de New York Times, la société de construction Solidarity Contracting était aussi gérée par l’ancien directeur de l’école publique Harmony. Par ailleurs, Solidarity Contracting avait signé un accord de construction très rentable de 8,2 millions de dollars avec Harmony alors que l’école ne venait d’être fondée qu’un mois auparavant et n’avait aucun revenu ni expérience. Bien que ces groupes privilégiés étaient dirigés par des personnes connues dans la communauté guléniste et qu’ils aient signé des contrats avec des institutions proches de FETÖ, ils soutiennent n’avoir aucun lien avec l’organisation. Or, ces liens peuvent être démontrés avec les documents fiscaux, institutionnels et autres documents figurant dans les archives de l’Etat. Par ailleurs, même en tenant compte des membres de l’organisation, des sous-traitants qui les soutiennent et des associations culturelles affiliées à FETÖ, il est possible de les identifier facilement. Ces personnes et institutions affiliées à la communauté guléniste et travaillant en coopération, utilisent notamment les fonds débloqués pour l’enseignement public par les établissements, pour augmenter leurs biens et s’enrichir. Ces exemples cités ci-dessus sont l’équivalent des 28 millions de dollars qu’ils se sont appropriés, soit la somme détournée des déclarations fiscales. Néanmoins, ce que nous avons trouvé jusqu’alors, n’est que la partie visible de l’iceberg.

D’après l’article de New York Times, cette question nous vient à l’esprit concernant cette organisation : Ces écoles bénéficient-elles de ces paiements d’impôts en assurant du travail aux membres de FETÖ ou en faisant des accords commerciaux avec les institutions locales soutenant la doctrine guléniste ?

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