Essais nucléaires: La France risque d’être poursuivie pour « crimes contre l’humanité »

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La France risque d’être poursuivie pour « crimes contre l’humanité » devant l’Organisation des Nations unies (ONU) pour les dégradations sanitaires et environnementales entraînées par ses essais nucléaires réalisés entre 1966 et 1996 en Polynésie.

Lors de la clôture du 132e synode, l’Eglise protestante Maohi de la Polynésie a fait part de son intention de poursuivre la France pour « l’ensemble des actes graves et fautifs » commis lors des essais de Moruroa et Fangataufa, « qui pourraient être qualifiés de crime contre l’humanité ».

La France n’a pas tardé à réagir, notamment par la voix de son représentant en Polynésie, le haut-commissaire de la République, René Bidal, qui voit dans la démarche des Polynésiens une « outrance » qui « manque de fondement ».

« En conclusion de son synode, l’Eglise protestante maohi a décidé de rendre publique une intention surprenante de déposer une plainte contre l’Etat pour «crime contre l’humanité», devant la Cour pénale internationale de La Haye, compétente pour connaitre des crimes contre l’humanité, des génocides et des crimes de guerre », a déclaré le Haut-Commissaire dans un communiqué.

Le représentant français a catégoriquement refusé l’utilisation du terme « crime contre l’humanité », rappelant qu’il évoque les « atrocités commises par les nazis contre les juifs »; arguant du fait que que sa définition a été établie « dans les accords de Londres, le 8 août 1945, portant statut du Tribunal militaire international de Nuremberg ».

Et d’insister: »Les tirs d’essais nucléaires en Polynésie française ne correspondent évidemment pas à cette définition et une plainte contre l’Etat français pour «crime contre l’humanité» manque de fondement ».

Bidal a par ailleurs soutenu que l’Etat français était « loin d’être indifférent aux conséquences sanitaires et environnementales des essais nucléaires, lesquelles ont été récemment reconnues par le chef de l’Etat dans des paroles fortes qui étaient attendues, en Polynésie, depuis de nombreuses années ».

La France est accusée en particulier de contamination atomique, par l’explosion de ses 193 bombes dans l’espace aérien et terrestre polynésien. « Il nous faudra attendre 240.000 années pour que disparaisse toute trace de radioactivité », rappelle notamment l’Eglise protestante dans son communiqué.

Selon la Caisse de Prévoyance Sociale, 7 400 Polynésiens seraient atteints de cancers imputables aux essais nucléaires alors que des nourrissons souffrent encore de leucémie et d’affection de la thyroïde, souligne encore l’Eglise protestante Maohi.

Pour Oscar Temaru, le président de la Polynésie française entre 2011 et 2013, la démarche de l’Eglise est une décision « historique ». « C’est un crime contre l’humanité parce que les essais nucléaires français nous ont été imposés, il y a eu des morts, et il y aura encore les générations futures qui vont souffrir de ces essais nucléaires », a-t-il déclaré lors de son intervention sur la chaîne d’info locale Polynésie 1ère.

Le président français François Hollande, qui n’a pas encore réagi à la démarche de l’Eglise protestante maohi, avait estimé, lors de sa visite en Polynésie en février dernier, que les essais nucléaires français dans la région ont eu « un impact » sur l’environnement et la santé. (AA)

TRT FR

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