Ibrahim Kalin : « Aucun de nous n’est en sécurité sans que nous le soyons tous »

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Tout comme la Turquie appuie la lutte contre le terrorisme de DAESH, qui est une menace pour nous tous, il est aussi légitime que la Turquie attende de ses amis et alliés un soutien dans sa lutte contre le PKK et FETÖ.

La Turquie qui a été secouée par la tentative de coup d’État sanglante, le 15 juillet, est maintenant confrontée à trois menaces contre sa sécurité, venant du PKK, de DAESH et de l’organisation terroriste guléniste (FETÖ). C’est dans l’intérêt de ses amis et alliés de rester solidaire avec la Turquie parce que la sécurité de la Turquie est essentielle pour leur sécurité. La leçon fondamentale de l’hyper modernité et de la mondialisation, c’est que personne n’est sûr et en sécurité jusqu’à ce que tout le monde soit sûr et en sécurité.

La Turquie combat le PKK depuis plusieurs décennies. Les politiques mal orientées du passé ont contribué à la montée du terrorisme du PKK et préparé le terrain pour l’émergence d’un nationalisme kurde tardif. Le Président Recep Tayyip Erdoğan a pris des mesures courageuses et des risques politiques majeurs comme Premier ministre pour mettre un terme au conflit armé. Il a augmenté les investissements publics dans les zones à population majoritairement kurde, reconnu l’identité kurde, levé les interdictions sur la langue kurde et a surtout donné aux Kurdes un sentiment d’égalité et de dignité comme citoyens turcs. L’objectif principal de ce qui est connu comme le processus de réconciliation était de désarmer le PKK. Au lieu de se désarmer et malgré les appels de son chef emprisonné Abdullah Öcalan, le PKK a cependant intensifié ses activités terroristes, recruté de nouveaux membres et mené des attaques violentes dans les centres urbains. Le Parti démocratique des peuples (HDP) pro-kurde entra au Parlement avec la promesse de contribuer au processus de réconciliation. Au lieu de cela, il est devenu le porte-parole du PKK et n’a jamais osé même condamner ses attentats terroristes ignobles. Le HDP n’a pris aucune initiative sérieuse en matière de désarmement du PKK. Au lieu de ça, il a choisi de chercher des moyens pour adoucir les critiques du PKK et vilipender Erdoğan.

Le Président Erdoğan a annoncé à plusieurs reprises que le processus de réconciliation était en attente et que la seule façon de le faire avancer passait par l’abandon par le PKK des armes. Comme le montrent les choses, la principale préoccupation du PKK n’était pas de résoudre la question kurde, mais de légitimer son existence comme une organisation terroriste. Aucune démocratie ne permettrait à un groupe terroriste d’exister en cherchant une solution pacifique au problème. Ce que le PKK et ses représentants politiques présentent comme question kurde n’a rien à voir avec les vraies questions des Kurdes. Au contraire, ils présentent leur propre programme que celui des citoyens kurdes de Turquie. Ce n’est tout simplement, pas vrai. Nous avons un problème de PKK qui tue les Turcs et les Kurdes, sans distinction. Au cours de la semaine dernière seulement, le PKK a tué des dizaines de forces de sécurité et des civils avec des véhicules piégés et attaques routières à Diyarbakır, Van, Elazığ et Bitlis.

Au lieu d’appeler la Turquie à traiter le PKK comme si c’était une ONG charitable, l’Europe et les Etats-Unis doivent voir ce qu’est le PKK, condamner ses attentats terroristes sans « mais » ou « par contre » arrêter ses opérations financières et la propagande dans les villes européennes. C’est une énorme erreur et erreur de calcul stratégique de soutenir le Parti de l’Union démocratique (PYD), filiale syrienne du PKK et le l’Union de la protection des peuples (YPG) au nom de la lutte contre DAESH en Syrie. Le PKK utilise simplement la guerre civile syrienne pour cacher ses activités terroristes.

Pendant que la guerre de Syrie s’éternise, le régime de Bashar Assad continue d’attaquer des civils, dont des femmes et des enfants, à Damas, Alep et le reste du pays. De nouvelles photos de l’atrocité apparaissent chaque jour et le silence du monde atteint de nouveaux sommets dans la honte. Les deux monstres de la guerre de Syrie, c’est-à-dire le régime Assad et DAESH, se nourrissent mutuellement. Il n’y a pas de solution pour éliminer totalement la menace de DAESH sans la fin de la guerre en Syrie, et il n’y a pas de fin à cette guerre sans le départ d’Assad. La Turquie qui partage une frontière de 711 kilomètres avec la Syrie, porte le plus grand fardeau. Bien sûr, c’est le peuple syrien qui souffre le plus.

La Turquie a fait plus de choses que de nombreux autres pays dans la lutte contre DAESH. En plus de faire partie de la coalition anti-DAESH et l’ouverture de ses bases aériennes aux avions de la coalition, la Turquie a arrêté, expulsé ou refusé l’entrée de plus de 50 000 membres DAESH et/ou personnes soupçonnées d’avoir des liens avec DAESH. La Turquie a augmenté la sécurité à la frontière au milieu des flux de réfugiés en provenance de Syrie et ses villes frontalières sont devenues des cibles pour les fusées DAESH. DAESH a également lancé des attaques à Ankara et Istanbul, tuant des centaines de personnes innocentes.

Comme dans la lutte contre le PKK, la Turquie a reçu que très peu d’aide. Au lieu de renforcer leur propre sécurité et échanger des renseignements, certains pays européens ont critiqué la Turquie de ne pas arrêter les terroristes ou les suspects de DAESH qui sont originaires d’Europe. Comment la Turquie est censée connaître les terroristes d’origine européenne, si les pays d’origine ne remplissent pas leurs devoirs en premier lieu ? Plusieurs terroristes de DAESH ont mené des attaques en France et en Belgique après avoir été expulsés de Turquie.

DAESH ne peut pas être vaincu sans que le contexte général dans lequel il opère, soit encerclé. La guerre civile en Syrie et les gouvernements sans succès et faibles en Afghanistan, Irak, Libye et ailleurs assurent un grand terrain de propagande et de recrutement à DAESH. Malgré ces défis grandissants, la Turquie continuera à lutter contre le terrorisme de DAESH politiquement, idéologiquement et militairement.

Enfin, la Turquie est confrontée au terrorisme de FETÖ sous sa forme la plus brutale le 15 juillet. La capacité des membres de FETO (organisation terroriste guléniste) en Turquie a été en grande partie démantelée, mais il y a beaucoup de travail à faire. Voyant leur disparition dans le pays, les membres de FETO utilisent maintenant leurs ressources pour lancer des campagnes de diffamation contre la Turquie à l’étranger. Les amis et les alliés de la Turquie en Europe, aux Etats-Unis, au Moyen-Orient, en Afrique, en Asie et dans le reste du monde doivent être vigilants contre ces campagnes et faire attention au côté obscur de l’organisation guléniste.

Tout comme la Turquie appuie la lutte contre le terrorisme de DAESH, qui est une menace pour nous tous, il est aussi légitime que la Turquie attende de ses amis et alliés leur dans sa lutte contre le PKK et FETÖ. La lutte contre le terrorisme ne peut pas réussir sans prendre une position claire et cohérente contre toutes ses formes. La rhétorique de mon organisation terroriste contre la tienne ne servira qu’aux terroristes. La sécurité est un atout clé pour tous et fonctionne seulement quand il est disponible pour tout le monde.

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