Perspective turque sur l’actualité (02)

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Tout le monde sait que l’objectif de la fondation de l’ONU est de développer le dialogue et de préserver la paix entre les pays. Ceci est clairement précisé dans le texte de fondation de l’organisation. Le rétablissement et le développement des relations internationales sont en général salués par les dirigeants politiques. Mais malheureusement ce n’est pas le cas quand il s’agit du rapprochement entre la Russie et la Turquie et du rétablissement de leurs relations. Le rapprochement entre la Turquie et la Russie après la première Guerre mondiale dérangeait tous nos alliés occidentaux, surtout nos voisins. Les Occidentaux avaient la même prise de position suite au rapprochement de Mustafa Kemal avec la Russie et ont bloqué les relations entre la République soviétique et les Républiques turcomanes en présentant d’innombrables prétextes.

Le même comportement occidental s’est également poursuivi suite à la fondation de l’OTAN et du Pacte de Varsovie. Même après l’époque du grand fondateur Mustafa Kemal, la République de Turquie a toujours payé le prix politique et économique à chaque fois qu’elle essayait de développer ses relations avec la Russie. Le premier rapprochement sérieux entre la Turquie et la Russie date de la fin des années 1950 où Adnan Menderes était Premier ministre. Le prix de ce rapprochement a été considérable pour la Turquie. Trois importants politiciens de notre pays ont été exécutés. Le Premier ministre, le ministre des Affaires étrangères et le ministre des Finances ont été victimes de ce rapprochement. S’étant engagée dans l’OTAN après l’adhésion de la Turquie à cette alliance, l’armée turque n’a pas digéré le rapprochement de l’administration civile avec l’Union soviétique, a fait un coup d’Etat et exécuté le Premier ministre, le ministre des Affaires étrangères et le ministre des Finances de l’époque. Un autre rapprochement entre la Turquie et la Russie avait aussi été bloqué par les militaires turcs et le gouvernement avait été renversé.

L’union soviétique est détruite. Le Pacte de Varsovie s’est dissous et la Russie ne forme plus de menace politique. Or, nous ne savons pourquoi, nos amis occidentaux ont toujours été sceptiques vis-à-vis d’un rapprochement turco-russe.

Bien qu’elle ait fait attendre la Turquie près d’un demi-siècle à sa porte, l’Union européenne est réticente à ce qu’elle ait des relations avec des pays tiers. L’UE montre ainsi une réaction très surprenante. Du point de vue de la mentalité, l’Union est occidentale, mais au niveau de ses réflexes, elle montre une réaction orientale de jalousie.

Depuis 2010, la Turquie est sous la menace de nombreuses organisations terroristes internationales, en tête le PKK, en raison de la guerre civile en Syrie. Et elle en est directement affectée. D’ailleurs, la Turquie a été délaissée par ses alliés occidentaux face aux attaques perpétrées par les organisations terroristes sous le contrôle du service des renseignements syriens. Les Etats-Unis, puis l’Allemagne, ont retiré leur système de défense aérienne alors que la Turquie est sous la menace d’une part des missiles S300 et S300A du dictateur forcené de la Syrie, Bachar al-Assad, et de l’autre, des missiles Grad et sophistiqués de longue portée des organisations terroristes Daesh, al-Qaïda et leurs dérivés. Ils ont laissé la Turquie tout seule sous la menace terroriste. Après cet isolement par ses amis occidentaux, 15-20 missiles et roquettes sont tombés sur les terres turques. Pour faire face à cette solitude, la Turquie a cherché à se rapprocher à ses voisins et à coopérer en matière de défense avec des pays tiers ne faisant pas partie de l’OTAN. Sur ce, les Etats-Unis, l’Allemagne, mais aussi nos autres amis occidentaux, ont exprimé injustement leur objection et critiqué ce rapprochement en tenant des propos menaçants. Ils sont allés jusqu’à tourner le dos à la Turquie en raison de l’achat de missiles de la Chine et du transfert de technologie.

Comme la Turquie a préservé sa position, l’organisation terroriste PKK qui était en état de léthargie depuis des années, a « de façon surprenante » recommencé à tuer des civils, policiers et soldats turcs, des évènements qui se sont suivis par des tentatives de révolte et dernièrement, une tentative de coup d’Etat des officiers de l’organisation terroriste internationale guléniste.

Le leader de la Turquie Recep Tayyip Erdogan et le peuple turc ont résisté contre les putschistes la nuit du 15 juillet et ils ont gagné. La Turquie essaie d’une part de nettoyer l’Etat de l’organisation terroriste guléniste (FETO) qui s’organise en prenant exemple sur Al-Qaïda et de l’autre, elle a normalisé ses relations qui ont connu une crise avec la Russie.

Après avoir neutralisé le coup d’Etat, Erdogan a rencontré le 9 août, le leader russe Poutine à St. Pétersbourg qui est la capitale de l’empire russe. Les deux hommes y ont décidé d’obtenir les 100 milliards de dollars dans les échanges commerciaux contre 35 milliards de dollars aujourd’hui. De plus, ils ont décidé de réaliser plusieurs projets dont principalement la construction de la Centrale nucléaire et l’acheminement du gaz naturel russe en Europe par des moyens surs.

Le président turc a, de plus, demandé l’instauration des moyens de coopération stratégique avec son voisin russe dans la lutte antiterroriste et la sécurité.

Même si l’entretien Erdogan-Poutine a fait naitre de sérieux espoirs pour une paix en Syrie, les pays de l’UE et le monde occidental en terme général n’ont pas été très heureux et la plupart d’entre eux ont exprimé des préoccupations. Pourtant l’Europe et l’Occident sont tout autant menacés que la Turquie et la Russie par le terrorisme. Cette menace ne peut être écartée tant que la paix ne sera pas instaurée en Syrie. Tout le monde sait aujourd’hui que le terrorisme qui menace le monde entier provient du chaos en Syrie.

L’adoption d’une politique conjointe par la Turquie et la Russie en Syrie fera considérablement affaiblir la menace que représentent les organisations terroristes armées dont en tête DAESH et le PYD. Après l’affaiblissement de la menace terroriste, l’Europe aura accès à de l’énergie moins cher. Cela contribuera d’abord aux consommateurs européens et aux budgets des Etats.

 

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