France: Le retour des « frondeurs » de gauche et de droite à l’horizon de l’élection présidentielle

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Les hommes politiques français multiplient leurs annonces de candidature à l’élection présidentielle de 2017 à huis mois du scrutin alors que les candidats des deux principaux partis, à savoir le Parti socialiste (PS) et les Républicains (LR) ne sont toujours pas connus.

Ce phénomène de multiplication de candidatures est observé au sein de la gauche, comme de la droite, avec l’affaiblissement des structures « traditionnelles » du PS et des Républicains. Le PS, qui a connu une grande crise en 2014 avec la démission du premier gouvernement de Manuel Valls, compte un bon nombre de « frondeurs », s’opposant en particulier à la ligne économique du Président François Hollande.

La situation n’est pas meilleure au sein de la droite avec de nombreuses figures contestant la présidence de Nicolas Sarkozy et la transformation qu’il a opérée sur le principal parti de la droite. A l’instar du PS, le parti les Républicains a connu des « purges », avec l’éviction des membres, comme Nathalie Kosciusko-Morizet, ancienne vice-présidente du parti, écartée de son poste pour avoir pris position contre la politique électorale de Sarkozy lors des régionales de 2015.

Outre l’affaiblissement de la direction de ces partis, la lassitude d’une majorité de Français du clivage traditionnel gauche-droite, sans pour autant pousser à voter le Front national, semble nourrir chez bon nombre de politiques l’ambition d’incarner la rupture.

Dimanche dernier, c’était au tour d’Arnaud Montebourg, ancien ministre de l’Economie du premier gouvernement socialiste jusqu’en 2014, d’annoncer sa candidature à la présidence de la République, dans le cadre de son rassemblement traditionnel à Frangy-en-Bresse (Saône-et-Loire).

« Si je suis candidat au rassemblement d’une majorité de Français, c’est d’abord parce qu’il m’est impossible, comme à des millions de Français, de soutenir l’actuel président de la République », a déclaré l’opposant socialiste devant quelques centaines de partisans.

En mauvais termes avec Hollande, Montebourg n’a pas épargné ses critiques envers le Président français, en particulier sur le bilan économique: « Le pays est économiquement et moralement en danger (…) Le temps n’est plus à l’immobilisme, à la tergiversation ou à la synthèse molle ».

Montebourg n’était pas le seul politique à annoncer sa candidature à l’élection présidentielle le weekend dernier. Cécile Duflot, ancienne ministre du Logement qui avait également quitté le gouvernement de Manuel Valls en 2014, a déclaré samedi son souhait de porter sa candidature à la primaire d’Europe Ecologie-Les Verts (EELV). « Je n’ai jamais fait mystère que je me préparais à cette échéance (…) Je serais fière de vous représenter dans les batailles à venir », a-t-elle écrit dans une tribune adressée aux adhérents du parti et publiée par le quotidien Libération.

L’autre frondeur du PS Benoît Hamon avait également annoncé sa candidature à la primaire de son parti, lors d’une interview la semaine dernière sur le plateau de France2: « Ma conviction, est que le président de la République aujourd’hui, au regard de la déception qu’il a créée dans son propre camp, n’est plus dans cette situation, c’est trop tard, de créer cette relation de confiance avec les Français », avait estimé l’ancien ministre de l’Enseignement, poussé à la démission seulement quatre mois après sa désignation.

Comme les frondeurs du PS, les hommes politiques de la droite sont également nombreux à faire part de leur volonté de se porter candidats, notamment pour concurrencer le président actuel des Républicains Nicolas Sarkozy. A présent, treize hommes politiques affiliés aux Républicains ont officiellement ou officieusement annoncé qu’ils porteraient leurs candidatures à la primaire de la droite, dont le maire de Bordeaux Alain Juppé. Nicolas Sarkozy pour sa part, vient tout juste d’officialiser sa candidature, dans un livre intitulé « Tout pour la France ».

Le président sortant qui n’a toujours pas confirmé s’il briguerait un deuxième mandat, cache de moins en moins ses intentions politiques à l’horizon de 2017. « Je ne ferais pas de choix de candidature si, d’évidence, elle ne pouvait pas se traduire par une possibilité de victoire », souligne Hollande, dans le livre « Conversations privées avec le président », qui fait un compte-rendu de son quinquennat. (AA)

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