Cazeneuve: “L’interdiction de burkini ne doit pas conduire à des stigmatisations”

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A l’issue d’une rencontre sollicitée mercredi « en urgence » par le président du Conseil français du culte musulman (CFCM), Anouar Kbibech, le ministre français de l’Intérieur Bernard Cazeneuve a souligné que ces arrêtés anti-burkini ne devaient pas conduire à « des stigmatisations » ou à dresser les Français « les uns contre les autres ».

Cazeneuve a déclaré que les arrêtés et leur application devaient être faits rigoureusement, sans conduire à l’antagonisme.

De son côté, le président du Conseil français du culte musulman (CFCM), Anouar Kbibech, s’est dit profondément attristé en raison des images diffusées et des arrêtés anti-burkini ou anti-voile.

« Aujourd’hui surtout, nous avons bien plus besoin d’apaisement et de tolérance, loin de toute stigmatisation » a-t-il ajouté.

En contrepartie, le gouvernement français reste partagé sur la question.

Interrogés sur l’interdiction qui est désormais en cours dans une trentaine de communes, le Premier ministre Manuel Valls, la ministre de l’Education Najat Vallaud-Belkacem et le porte-parole du gouvernement et ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll ont exprimé jeudi des avis divergents sur la mesure, soutenue en grande majorité par la droite.

Intervenant sur Europe 1, Vallaud-Belkacem a été très critique quant au déferlement des arrêtés municipaux interdisant le port de ce maillot de bain couvrant intégralement le corps et les cheveux et porté par certaines musulmanes. « La prolifération des arrêtés anti-burkini n’est pas la bienvenue », a ainsi souligné la ministre, qui se dit pourtant « contre le burkini » sur le plan personnel.

« Jusqu’où va-t-on pour vérifier qu’une tenue est conforme aux bonnes mœurs ? Cela libère la parole raciste et, on l’a remarqué dans la verbalisation », a mis en garde Vallaud-Belkacem.

Et la ministre de l’Education de poursuivre : « Rien n’établit un lien entre le terrorisme de Daech et tenue d’une femme sur une plage. On a laissé croire qu’il y avait une évidence dans ce lien ».

Le porte-parole du gouvernement, qui lui est intervenu sur iTélé, s’est montré plus réservé que Vallaud-Belkacem, évoquant toutefois le risque d’une « stigmatisation générale » à travers ces arrêtés.

Il ne faut pas laisser « une identité communautariste » s’affirmer librement, a ainsi soutenu Le Foll, ajoutant par la suite qu »en même temps on ne peut pas renter dans une stigmatisation générale, une espèce d’hystérie qui consistera à monter les Français les uns contre les autres ».

« La cohésion de la France est un enjeu primordial », a poursuivi Le Foll, dénonçant les récents propos tenus par des hommes politiques de droite à l’encontre du burkini comme des tentatives cherchant à « diviser » la population française.

« Ceux qui invoquent la laïcité devraient bien réfléchir à ce qu’est la laïcité – il y a la liberté de culte – cela fait partie des libertés individuelles », a-t-il par ailleurs tenu à souligner.

Le Premier ministre, qui avait déjà affiché son soutien aux maires interdisant le burkini, a réitéré son opposition, fustigeant les accusations de Vallaud-Belkacem sur les « dérives ».

« Ces arrêtés ne sont pas une dérive. Je ne suis pas d’accord avec elle ou c’est elle qui n’est pas d’accord avec moi », a répliqué Valls, sur BFM TV, arguant que ces interdictions ont été prises « au nom même de l’ordre public ». (TRT avec AA et AFP)

TRT FR

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