Le Moyen-Orient et la Turquie (35)

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Depuis un certain temps, la Turquie fait face à des attaques qui la ciblent sur plusieurs fronts. Les attentats terroristes perpétrés par le PKK et Daesh se sont multiplies de manière considérable depuis un an. A part cela, l’organisation terroriste guléniste/structure d’Etat parallèle (FETO/PDY) essaye de frapper depuis quelques années les intérêts nationaux dans le but d’endommager la crédibilité de la Turquie. Le soulèvement du 15 juillet qui avait pour objectif de renverser le gouvernement légitime du pays, est l’action la plus audacieuse de cette organisation terroriste. Cette tentative de coup d’Etat prévoyait également d’affaiblir la Turquie dans l’arène internationale. Mais le fait que le peuple turc soit descendu dans les rues suite à l’appel du président de la République afin de faire face à la tentative de coup d’Etat et qu’il organise pendant un mois des manifestations pour la démocratie a déjoué tous les scénarios. Ainsi les milieux réunis et soudés pour préserver le choix national ont été renforcés dans le pays. Grâce à cette réaction du peuple turc à la tentative de coup d’Etat, la Turquie a aussi montré aux autres pays que sa démocratie était solide. Dans ce contexte, la Turquie a lancé le 24 août le pas qu’il avait planifié avant le 15 juillet. Suite à l’attentat du 20 août qui a fait 54 morts à Gaziantep, la Turquie est passée à l’action. 170 personnes avaient perdu la vie lors des attaques de l’organisation terroriste Daesh, perpétrées depuis un an en Turquie et il fallait mettre fin à cette tragédie. La lutte pour détruire les cellules de cette organisation se poursuivait depuis longtemps en Turquie. Mais il fallait passer à l’action pour lui donner le coup le plus dur.

A l’heure actuelle, la Turquie considère les attaques simultanées qui menacent sa sécurité comme celles qui sont liées les unes aux autres. Elle a deux arguments dans ce sens : Selon le premier, même si les causes et origines de ces menaces semblent être différentes, elles n’ont qu’un seul but. Quant au deuxième, il signifie que même si ces attaques n’ont aucun lien organique, elles donnent l’impression qu’elles ont été planifiées pour le même objectif. En résumé, la Turquie est ciblée par différents ennemis qui ont le même but. C’est pourquoi, elle a fait le nécessaire en Syrie mis à part les opérations menées  contre l’organisation terroriste FETO.
 

L’objectif de l’opération menée  en Syrie par la Turquie n’est pas seulement d’éloigner Daesh de Jarablos et de ses environs, mais aussi de lutter contre l’organisation terroriste PYD-YPG qui profite stratégiquement de la présence de Daesh. Ce dernier était souvent soutenu par les Etats-Unis et la Russie et a augmenté son influence sur les terres qu’’il occupait. C’est pour cela d’ailleurs qu’il représentait une menace pour la sécurité de la Turquie. Stopper le PYD est également une importante étape de la lutte de la Turquie contre le terrorisme.

 
Daesh est devenu en 2014 l’acteur principal dont on parlait le plus en Irak et en Syrie. La même année les Etats-Unis avaient établi des relations étroites avec l’organisation terroriste PYD et sa branche armée YPG. Cela était un important problème pour la Turquie dès le début, le PYD-YPG signifie l’organisation terroriste PKK en Syrie. Cette organisation terroriste cible la Turquie depuis les années 1970. 

Les opérations contre les opposants au régime Assad, lancées par la Russie en septembre 2015, ont préparé le terrain au PYD qui a pris sous contrôle toute la région frontalière avec la Turquie au nord de la Syrie. Bien que les Etats-Unis reconnaissent le PKK comme une organisation terroriste, ils considèrent autrement le PYD et ce dernier est encouragé par l’administration américaine.

Le fait que le PYG continue d’avancer vers l’ouest de l’Euphrate malgré” les avertissements de la Turquie montre que la ligne rouge de la Turquie est dépassée.

L’unification des régions sous le contrôle du PYD au nord de la Syrie et la disparition de la frontière de la Turquie avec le Moyen-Orient arabe sont inadmissibles de la part de la Turquie qui suit également une politique prévoyant l’intégrité territoriale de la Syrie. Les activités du PYD contre les forces armées du régime Assad à Hassaké montrent également l’ampleur de l’influence du PYD. L’opération menée en Syrie par la Turquie s’appelle “Bouclier de l’Euphrate” et rappelle au PYD et à ses soutiens la ligne rouge de la Turquie.

Avant de terminer notre programme, il faut rappeler que la Russie ne s’est pas opposée à l’opération de l’armée turque en Syrie. En cas d’une opposition russe, il serait très difficile que les Etats-Unis annoncent leur soutien à l’opération turque. Malgré les relations tendues ces derniers temps entre la Turquie et les Etats-Unis, l’opération en question a un sens particulier. Nous devons également rappeler que les Etats-Unis ont appelé le PYD-YPG à se retirer à l’est de l’Euphrate, que la réaction d’Assad était très faible et que le plus grand allié de la Syrie, l’Iran n’a montré aucune réaction.

Si cette opération se réalisait avant le 15 juillet, quelle serait la réaction de la Russie, de l’Iran et du régime Assad? Quelle serait la prise de position des Etats-Unis au sujet du PYD ? A partir de ces questions, nous pouvons dire que ce processus a été entamé étant donné que la tentative de coup d’Etat du 15 juillet avait été avortée et qu’une Turquie n’est pas possible sans Recep Tayyip Erdogan tout comme une solution sans la Turquie n’est pas possible dans la région.

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