« L’Europe ne peut pas demander à la Turquie d’agir comme un camp de rassemblement »

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Le ministre turc des Affaires Européennes, Omer Celik, a rappelé à l’Europe que «la Turquie n’est pas un camp de rassemblement dans lequel les migrants et les réfugiés pourront être accueillis en contrepartie de subventions européennes».

Le ministre Celik s’est exprimé sur les relations Turquie-Union Européenne (UE) et les discussions concernant l’exemption de visas pour les citoyens turcs promise par l’Europe lors de l’accord signé en mars dernier sur le retour des migrants et la crise des réfugiés.

Celik a d’abord rappelé qu’avant la signature de cet accord, plus de 7.000 réfugiés et migrants cherchaient chaque jour à traverser la Méditerranée pour rejoindre l’Europe.

«Grâce au travail que nous avons mis en place après l’entrée en vigueur de l’accord, ce nombre a chuté jusqu’à atteindre 20 ou 30 migrants par jour. En mai par exemple, aucun décès de migrant en mer n’a été enregistré, c’est très important», a-t-il dit.

«Pour poursuivre ces efforts comme convenu, nous affirmons que l’accord sur les réfugiés, l’exemption des visas et l’aide financière promise pour les réfugiés forment ensemble un lot indissociable. Mais eux [les Européens]nous demandent de respecter l’accord et repoussent les autres points à une date ultérieure. Nous ne pouvons accepter cela, de cette manière ils ont endommagé la confiance qui existait. Ils ne respectent pas leurs promesses. La meilleure preuve est la déclaration du Commissaire européen chargé de l’élargissement, Johannes Hahn, affirmant que la Turquie a besoin de cet argent. Nous n’accepterons aucun chantage», a-t-il expliqué.

Concernant la proposition de l’Autriche d’annuler l’accord avec la Turquie et de protéger les frontières de l’Europe avec l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN), le ministre Celik a sévèrement dénoncé ces propos qui «sont en quelque sorte un appel au racisme».

«Voulez-vous mettre des soldats de l’OTAN devant les personnes qui fuient la mort ?» a-t-il lancé.

«Il ne faut pas oublier une chose, la Turquie n’est pas un camp de rassemblement. En tant que pays souverain, elle assure son devoir face aux défis humains, elle accueille les personnes qui fuient la mort. Mais si vous voyez la Turquie comme un camp de rassemblement à laquelle vous pensez pouvoir demander de jouer ce rôle contre de l’argent, vous vous trompez. Nous n’avons pas besoin de cet argent et nous n’avons pas l’intention de faire un quelconque accord», a-t-il dénoncé.

Celik a rappelé que la Turquie, qui lutte activement contre 5 ou 6 organisations terroristes en même temps, ne peut pas pour l’heure apporter des modifications comme le demande l’UE pour mettre en place l’exemption de visas.

«Quand les conditions seront meilleures, nous pourrons mettre en place les mécanismes pour cela, mais pour l’heure ce n’est pas possible. L’UE doit nous donner une date claire pour la question des visas», a-t-il encore dit.

Omer Celik est ensuite revenu sur la question de la lutte de la Turquie contre le terrorisme, notamment contre Daesh et le PYD-YPD en Syrie.

«Pour la Turquie, le PYD, branche syrienne de l’organisation terroriste PKK, est aussi dangereuse que Daesh. Les pays européens nous soutiennent contre Daesh mais pas contre le PYD. Personne ne peut nous demander de combattre une telle organisation terroriste et de ne pas combattre une autre», a-t-il expliqué.

Le ministre a une nouvelle fois affirmé que la Turquie n’a aucun problème avec les Kurdes de Syrie, son problème c’est avec l’organisation terroriste PYD. « Nous devons assurer la sécurité de notre pays», a-t-il ajouté.

Pour finir, le ministre des Affaires Européennes s’est exprimé sur les polémiques et les lois en France autour des Musulmans, tout particulièrement sur l’affaire du Burkini.

«A notre époque, personne ne peut imposer qu’il y ait autour des femmes des policiers qui contrôlent leurs tenues vestimentaires. Encore moins dans un pays des libertés et de l’égalité comme la France. C’est terriblement effrayant», a-t-il déclaré.

Celik a affirmé que ce type de lois et d’interdictions sont une forme « d’islamophobie libérale » qui discrimine ceux qui ne suivent pas la culture dominante.

«Ils pensent qu’avec cette approche de modernisme totalitaire, ils pensent qu’ils pourront imposer leur civilisation unique qu’ils pensent être la meilleure. Heureusement la justice a annulé cette loi discriminante. Cette islamophobie montante met en péril les valeurs européennes», a-t-il conclu.AA

 

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