Perspective turque sur l’actualité (04)

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Le militarisme et les forces militaires mènent une politique de « guerre pour la paix ». L’humanité entend fréquemment cette expression depuis le début du 20e siècle. En franchissant toutes les frontières lors de la période « post-régimes communistes », cette expression s’est intégrée dans la terminologie courante par le biais des moyens de communication de masse.

Quand « la guerre pour la paix » est devenue la philosophie principale des Etats expansionnistes, les armées ont redéfini leur concept de défense par rapport à cela. Les armées communistes mais aussi du monde occidental, ont réservé une importante partie de leurs revenus nationaux aux dépenses militaires pour revigorer sans cesse cette stratégie. Même à une période où des masses perdent leur vie en raison de simples maladies comme la grippe, les Etats ont malheureusement dépensé aux concepts de défense militaire dix fois plus d’argent que pour les recherches médicales.

La « guerre pour la paix » n’a apporté aucunement le bonheur et la sérénité à l’humanité. Le plus grand héritage de cette expression à l’humanité a été la mort et la destruction.

La concurrence presque centenaire de la « guerre pour la paix » a atteint un niveau extravagant, se transformant ainsi en « guerre préventive ». Les pays dotés d’une importante force armée ont commencé à coloniser les régions ou pays faibles du point de vue économique, en les envahissant au nom d’une « guerre préventive ».

Le concept de « guerre préventive » apparait bizarrement lors de la dissolution du Bloc soviétique. Quand, avec la réalisation de la pérestroïka, l’Union soviétique a annoncé au monde entier qu’elle avait été vaincue dans le domaine de la concurrence militaire, les Etats-Unis ont mis en vigueur le concept de « guerre préventive » et ont envahi l’Irak en soutenant que l’ancien chef d’Etat irakien Saddam Hussein,- qu’ils ont eux-mêmes armé,- menait des travaux allant à l’encontre de leurs intérêts. Avant l’Irak et pour les mêmes raisons, ils avaient occupé avec plusieurs milliers de soldats le Panama qui ne possède que quelques milliers de soldats (3.000 ou 5.000 tout au plus). Ils ont renversé, arrêté et emmené aux Etats-Unis, le général Manuel Antonio Noriega travaillant durant des années pour la CIA et qu’ils ont eux-mêmes porté au pouvoir.

Après l’occupation du Panama et de l’Irak, les Etats-Unis ont envahi l’Afghanistan en prétextant le régime Taliban. Or, quand le régime Taliban a été fondé en Afghanistan, les Etats-Unis avaient été le premier pays à le reconnaître.

Le concept de « guerre préventive » se poursuit aujourd’hui avec toute sa cruauté en Afrique du Nord, en Irak et en Syrie. Des dizaines d’enfants, de femmes, de personnes âgées, de civils sont massacrés chaque jour, pour un seul prétexte, celui de la poursuite du concept de « guerre préventive », l’enfant gâté de la « guerre pour la paix ». Le prétexte avancé pour les massacres survenus durant l’occupation, était « d’apporter la démocratie » dans ces régions.

La République de Turquie se trouve en plein centre de la région où les maisons, les villages, les villes sont bombardés, où chaque jour des centaines de personnes sont massacrées « pour instaurer la démocratie ». Et les autorités turques ont essayé avec obstination de relater leur politique pacifiste.  Elles n’ont pas suivi la soif de sang de leurs alliés. Ceci n’est pas uniquement la politique des politiciens civils turcs, mais aussi de l’armée turque.

Avec son passé de 5.000 ans, l’armée turque est l’une des deux plus anciennes armées du monde. L’histoire des Forces armées turques est plus ancienne que celle du Royaume-Uni. En tenant compte de l’agressivité des armées de l’OTAN dont elle fait partie, l’armée turque qui est dotée d’un tel acquis historique et d’une telle culture impériale, aurait dû remplir par le biais de « l’occupation » le vide politique et militaire constitué dans sa région.

Pourtant, l’armée turque n’a jamais convoité une telle opportunité. Elle a même ouvert toutes ses académies pour la formation des armées liquéfiées de ses voisins. Elle a formé les étudiants militaires de tous les pays, dont le Pakistan, l’Algérie, le Soudan et la Somalie.

Une des plus grandes caractéristiques de l’armée turque est que là où elle est entrée avec ses armées, le sang a arrêté de couler. En d’autres termes, la paix et la sérénité sont instaurées là où vont les soldats turcs. Des massacres massifs ont été empêchés lors des deux débarquements entrepris par l’armée turque durant notre siècle et un cessez-le-feu permanent a été assuré dans ces régions. L’un de ces débarquements a été réalisé en Chypre et l’autre à Menbij.

Avant le débarquement de la Turquie à Chypre, des massacres de masse ont été vécus sur l’île durant 14 ans. L’organisation terroriste chypriote grecque EOKA avait massacré des milliers de Turcs de Chypre mais aussi des Chypriotes grecs soutenant la paix. L’armée britannique qui se trouvait sur l’île en tant qu’Etat garant, avait préféré rester un simple observateur du génocide visant les Turcs à Chypre, tout comme elle était restée simple observateur et avait gardé le silence face au génocide mené par les Juifs contre les Palestiniens dans les années 1940 en Palestine.

Stimulée par le silence des soldats britanniques, EOKA a mené un coup d’Etat à Chypre sous le leadership de Nikos Samson, et a renversé le gouvernement légitime. Comme il ne restait plus, ni régime légitime, ni de système, l’armée turque a débarqué sur l’île et a assuré la sécurité aussi bien des civils turcs que des civils grecs.

Depuis l’année 1974, date de débarquement de l’armée turque, aucun Turc ni Grec n’a été victime de terrorisme. Chypre s’est transformée au sens propre du terme, en un havre de paix et de sérénité. Les Turcs et les Grecs vivent en toute sécurité et plaisir, épargnés du terrorisme et du chaos.

De même, la paix n’est toujours pas arrivée en Syrie où la guerre civile sévit depuis 2010, où les avions de dizaines de pays dont les Etats-Unis, la Russie et le Royaume-Uni larguent des centaines de tonnes de bombes chaque jour, et où plus de 500.000 personnes ont perdu leur vie. Près de 10 millions de Syriens ont été contraints de quitter leur domicile et devenir des réfugiés. Les alliés qui bouchent leurs oreilles à la thèse de  « zone sécurisée » que soutient la Turquie depuis des années, sont les complices et la cause de ce massacre.

Depuis plus de deux semaines l’armée turque mène une opération au nord de la Syrie. Les terroristes de Daesh, que les Etats-Unis, le Canada, la Russie, le Royaume-Uni, l’Iran et la Syrie n’ont pu éradiqués depuis 5 ans, n’ont pu résister plus de deux heures face à 1.500 soldats turcs et un régiment de chars. Les forces aériennes américaines ont effectué 2.000 sorties. Les avions turcs, eux, n’ont effectué que 12 sorties. L’armée turque a sécurisé le nord de l’Euphrate. Et depuis ce jour, des milliers de Syriens sont retournés dans leur pays.

Incrédule vis-à-vis des concepts de « guerre pour la paix » ou de « guerre préventive », l’armée turque a de nouveau donné une leçon au monde entier. Cette leçon est la suivante : Les armées peuvent apporter la paix si elles le souhaitent. Il suffit pour cela qu’elles le réalisent sans avoir à prononcer le mot « paix ».

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