Le Moyen-Orient et la Turquie (36)

0

Ayant passé un mois de Ramadan douloureux,  le Yémen se trouve face à une catastrophe à la veille de la fête du sacrifice. Une guerre civile est en cours dans le pays où la plupart des habitants rencontrent de nombreux problèmes. Chacune des parties actives de la guerre en est responsable. Les Houthis et les partisans de l’ex-président de la République, Ali Abdallah Saleh, allié des Houthis,  dominent le nord et les régions centrales du pays, ainsi que la capitale Sanaa. Au mois d’août, il y avait 90.000 femmes enceintes à Taïz, une ville assiégée par les Houthis. 4.500 d’entre elles vivaient une grossesse à haut risque en raison de la guerre. Avant la guerre civile, il y’avait environ 20 hôpitaux à Taïz, la troisième plus grande ville du Yémen alors qu’aujourd’hui, il n’en reste que quelques-uns en activité ayant des capacités limitées.

De plus, Al-Qaïda, qui est influent au Yémen dès le début des années 2000, a augmenté sa puissance. Considérant les Houthis comme ses ennemis, Al-Qaïda a également pris part aux affrontements. Cette situation n’a causé ni la réaction du gouvernement qui est en train d’être reconnu à l’échelle internationale et qui a été éloigné de la capitale Sanaa par les Houthis, ni celle des alliés nationaux et internationaux. Mais par contre, cela a permis à Al-Qaïda de prendre sous contrôle certains lieux de peuplement. Ces derniers jours nous voyons que le front anti-Houthis se rendant compte des risques de la situation actuelle est passé à l’action contre Al-Qaïda.

Daesh est une autre organisation bénéficiant du chaos dans le pays. Le 28 août, 71 personnes ont été tuées dans un attentat-suicide perpétré à Aden, la deuxième plus grande ville du Yémen et centre provisoire du gouvernement légitime. D’autres attentats similaires avaient été menés par Daesh avant ce dernier.

« Au moins10 milles personnes sont mortes à cause de la guerre civile en cours depuis 18 mois au Yémen » a annoncé le 30 août Jamie McGoldrick, le coordonnateur de l’action humanitaire de l’ONU. Ce n’est pas une estimation « considérable » pour les personnes qui suivent de près la situation car il ne s’agit que des portés disparus recensés. Plusieurs observateurs soulignent que seulement plus de 10 milles civils ont perdu la vie.    

D’après la déclaration de M. McGoldrick, 3 millions de Yéménites ont été déplacés dont 200 milles sont partis à l’étranger. En plus, plus de 50% de la population de 26 millions d’habitants ont besoin d’aide alimentaire. L’insécurité alimentaire menace plus de 7 millions d’habitants. Cependant, 80% de la population ont besoin d’aide alimentaire et 15 millions de personnes sont menacés par l’insécurité alimentaire selon les communiqués des organisations non gouvernementales.

La situation au Yémen a atteint un niveau à mettre des millions de personnes face aux risques de pénurie alimentaire et de famine. 

A l’heure actuelle, plus de 320 milles enfants souffrent de malnutrition. Bien que leur nombre ne soit pas exact, de nombreux nouveau-nés perdent la vie à cause de la malnutrition et du système de santé détruit par la guerre. Plusieurs observateurs prévoient que de nombreux cas mortels seront prochainement enregistrés en raison du manque d’aliments, d’eau et de médicaments au Yémen.

La famine n’est pas un nouveau problème au Yémen. Ce pays occupe depuis longtemps l’une des dernières places de l’indice du développement humain. Les incidents observés après 2011 et la mauvaise gouvernance ont aggravé la famine dans le pays. La guerre civile connue à la suite de l’instabilité politique entre les années 2011et 2014 signifie une grande importance dans le pays.

La pénurie de carburant causée par les affrontements et les obstacles devant l’importation figurent parmi les principaux problèmes du pays qui importe 90% de ses produits alimentaires. Mais nous devons affirmer que le fait que les produits alimentaires soient utilisés comme une arme ou un instrument de guerre est l’élément qui attise le plus la pénurie de produits alimentaires et la famine.  Du point de vue des affrontements, nous voyons que les parties sont responsables de ces problèmes fondamentaux.

Soutenant le gouvernement d’Hadi, la coalition régionale a bloqué tous les grands ports au Yémen. En raison de ce blocage, le peuple du Yémen n’a pas régulièrement accès au carburant, aux produits alimentaires et aux médicaments. De plus, même si les produits sont disponibles dans les marchés, ils deviennent inabordables en raison de l’augmentation des prix, causée par la guerre. Un tiers des Yéménites vivaient sous le seuil de pauvreté en 2010. C’est le cas aujourd’hui pour 80% des Yéménites. Mis à part le blocage, les forces pro-Hadi empêchent aussi les organisations internationales de fournir des aides humanitaires et de venir en aide aux personnes qui vivent dans les régions contrôlées par les Houthis. En plus, même si l’autorisation est accordée à ces organisations, 90% des ponts sur les routes ne sont pas praticables. 

La coalition Houthis et Saleh joue aussi un important rôle sur le problème. L’accès au carburant, à l’eau et aux produits alimentaires est presque impossible en raison du siège à Taïz et à Aden.

Si les conflits ne prennent pas fin dans l’immédiat et on ne répond pas aux besoins fondamentaux des Yéménites, nous observerons très prochainement  la plus grande famine du 21e siècle. Dans ce contexte, la communauté internationale ne doit pas prendre une position aux côtés de l’une des parties. Il est nécessaire que les parties en question trouvent un terrain d’entente dans les meilleurs délais en se réunissant au tour d’une même table ….  

TRT FR

Partager cet article? https://turquie2023.com/bn34G0
Share.

About Author