Perspective turque sur l’actualité (05)

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Le président turc Recep Tayyip Erdogan était sans aucun doute le leader le plus en vue du sommet du G20 qui rassemblait les vingt plus grandes puissances économiques à Hanghzou en Chine.

Les leaders se sont mis en rang pour s’entretenir avec M. Erdogan avant même le début du sommet. Le président Barack Obama a été le premier à demander un entretien.

Barack Obama a fait une déclaration à la chaîne de télévision CNN avant l’entretien. Il a mis en exergue l’importance de la Turquie et évoqué « l’amitié sincère » et « les entretiens sincères ». D’autre part, il a déclaré que la Turquie a subi un très grand séisme politique, sous-entendant la tentative de coup d’Etat du 15 juillet.

D’autre part, le chef d’Etat russe Vladimir Poutine a fait des déclarations sur la Turquie en amont de son entretien avec M. Erdogan. Les déclarations faites avant le sommet ont mis en évidence que tous les dirigeants ont les yeux rivés sur la Turquie.

Les dirigeants de plusieurs pays allant de l’Allemagne à la République populaire de Chine se sont entretenus avec Erdogan. Les entretiens étaient axés sur l’économie, la politique et les stratégies.

On peut dire que la Turquie est le pays pour lequel le G20 a été le plus bénéfique. Les accords conclus notamment lors des entretiens réalisés avec la Chine et la Russie apportent une nouvelle dynamique et contribuent chaque année de plusieurs centaines de milliards de dollars au commerce extérieur de la Turquie.

La Turquie est un des pays les plus pauvres au monde sur le plan des ressources pétrolières et des autres combustibles fossiles, c’est pour cela que l’Etat de la République de Turquie dépense en moyenne 65 milliards de dollars américains par année pour l’importation d’énergie et de pétrole.

Les nouveaux accords énergétiques conclus avec la Chine et la Russie permettront de réduire fortement la dépendance de la Turquie aux sources étrangères de pétrole et combustibles fossiles. En d’autres termes, 65 milliards de dollars resteront dans le budget de la Turquie.

Cela signifie la création de plus grands budgets pour les travaux de recherche et de développement dans la science, l’agriculture et l’industrie de défense, ce que souhaite le plus le leader turc Recep Tayyip Erdogan. Rappelons-le, Erdogan est le dirigeant qui a réussi à rendre le système médical turc meilleur que le système américain.

Avec l’utilisation dans ce domaine des 65 milliards de dollars qui continueront de se multiplier au fil des ans, la Turquie deviendra le pays de prédilection pour l’exode des cerveaux, la nanotechnologie, la cybertechnologie et l’industrie de défense.

Pendant la conférence de presse qui a suivi les entretiens tenus à huis clos entre les délégations turque et chinoise, le ministre turc de l’Energie a prononcé une phrase qui a échappé ou a été volontairement ignorée par les médias occidentaux.

« La Turquie a commencé à travailler pour la création d’une troisième centrale d’énergie nucléaire et l’emplacement de cette centrale sera très prochainement annoncée » a déclaré le ministre turc de l’Energie et des Ressources naturelles Berat Albayrak.

Cette phrase met en évidence la puissance et la volonté de la Turquie à devenir un pays qui a son mot à dire concernant l’énergie et la technologie nucléaire.

La Turquie déploie des efforts depuis près d’un demi-siècle pour créer une centrale d’énergie nucléaire. Plusieurs gouvernements turcs ont déployé des efforts à cette fin, sans rien concrétiser. En effet, les organisations écologiques étrangères ont littéralement bloqué la Turquie sur l’arène internationale en menant une propagande noire. Ces blocus ont parfois été instrumentalisés par des partis politiques, des associations et des hautes instances juridiques comme le conseil d’Etat.

Il est d’ailleurs intéressant que le sponsor de la plus grande organisation écologique internationale qui s’oppose à une centrale nucléaire en Turquie, soit un des géants pétroliers du monde.

Le silence observé lors du sommet du G20 par ces organisations à la volonté de la Turquie à investir dans trois centrales nucléaires, montre la puissance politique du leader turc Recep Tayyip Erdogan dans l’arène internationale et sa capacité de persuasion.

Lors de la réunion du G20, M. Erdogan a attiré l’attention du monde entier sur deux menaces globales.

La première est l’organisation terroriste guléniste armée qui est une organisation implantée dans quasiment tous les pays, une première dans le monde, et la seconde menace, le jeu de plusieurs nations joué sur la politique et l’économie turque.

Alors que l’économie mondiale était en stagnation, l’économie turque était en plein essor et des investissements de dizaines de milliards de dollars étaient réalisés. Les projets menés actuellement par la Turquie sont toujours les plus grands projets menés dans le monde.

M. Erdogan a expliqué que le jeu joué sur la Turquie aura de très lourdes conséquences sur l’économie mondiale car tous les pays du G20 ont d’innombrables employés et entreprises qui sont en Turquie où des investissements de l’ordre de plusieurs centaines de milliards de dollars sont réalisés. Les pays membres du G20 mais aussi les pays d’Europe, des Balkans et d’Asie obtiennent un avantage économique de ces investissements réalisés en Turquie. Par conséquent, au moment où la structure politique ou économique de la Turquie vacillera, les bourses et économies de dizaines de pays en seront bouleversés.

M. Erdogan a attiré l’attention sur un autre élément de menace internationale, qui est l’organisation terroriste guléniste. Cette organisation terroriste est implantée dans 194 pays. Elle est plus dangereuse que Daesh et Al-Qaïda. Alors que Daesh et Al-Qaïda tuent en exploitant l’islam, l’organisation terroriste guléniste exploite toutes les religions comme l’islam, le christianisme, le judaïsme, le bouddhisme et l’indouisme pour ses intérêts et son expansionnisme. Elle montre à tout le monde son visage souriant mais le temps venu, elle tue les masses à l’aide des avions de chasse, des hélicoptères et des chars d’assaut.

La Turquie a témoigné le 15 juillet 2016 du dernier exemple de ce massacre barbare de l’organisation terroriste guléniste. Les terroristes gulénistes noyautés dans l’armée turque ont utilisé les armes de toutes sortes qu’ils ont saisies contre le peuple, la police et les officiers turcs.

L’organisation terroriste guléniste a une organisation très puissante dans les pays d’Asie et d’Asie centrale mais aussi dans les pays d’Europe occidentale.

Aux Etats-Unis la situation est encore plus grave. Le système éducatif de plusieurs Etats, notamment au Texas, est entièrement sous le contrôle de l’organisation terroriste. Elle est aussi très activement organisée au sein des Démocrates et des Républicains.

Imaginez que les membres de cette organisation terroriste qui ont tué des civils, des polices, des militaires et des officiers en Turquie participent en tant qu’invités VIP aux réceptions du président américain à la Maison Blanche. Ils ont encerclé la candidate à la présidentielle Hillary Clinton comme les tentacules d’une pieuvre.

Malheureusement, plusieurs alliés de la Turquie protègent l’organisation terroriste guléniste qui s’est infiltrée en profondeur dans les Etats en exploitant les sentiments religieux qui sont les sentiments les plus innocents des êtres humains.

Lorsque cette organisation massacrera les civils, les policiers, les soldats américains, allemands, sud-africains, indiens ou néerlandais, les politiciens pourront-ils rendre des compte à leur peuple ?

Ou alors, les peuples de ces pays pourront-ils risquer leur vie devant les chars comme l’a fait le peuple turc ?

Le leader turc M. Erdogan a attiré l’attention du monde entier sur la menace que représente cette organisation terroriste internationale. Nous verrons si les pays du G20 se rendront réellement compte de cette menace.

 

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