France: les migrants de Calais et Paris vont-ils être transférés vers les autres villes?

Une polémique a surgi en France autour d’un projet du gouvernement de créer de nouveaux lieux d’hébergement pour migrants, pour accueillir notamment des milliers d’entre eux actuellement massés dans la « jungle » de Calais (nord), le plus grand bidonville du pays.

Selon un document du ministère de l’Intérieur révélé mardi par le quotidien Le Figaro, et qu’a pu consulter l’AFP, l’exécutif socialiste évalue à environ 12.000 le nombre de places nécessaires sur l’ensemble du pays d’ici fin 2016, soit beaucoup plus que ce qui avait été anticipé.

Ce chiffre vise à héberger de façon pérenne les migrants du campement calaisien, qui ne cesse de grossir et que les pouvoirs publics ont promis de démanteler, et ceux d’un centre de transit pour réfugiés, qui doit ouvrir mi-octobre à Paris et orientera ses occupants vers d’autres lieux d’accueil.

Toutes les régions seraient concernées, hormis la région parisienne et la Corse (sud), les deux où la proportion de population étrangère est la plus élevée.

Le ministère de l’Intérieur a promis « une concertation » mais la possibilité, avancée dans le document révélé mardi, d’un recensement préalable des futurs lieux d’accueil sans l’avis des élus locaux fait hurler l’opposition.

A l’extrême droite, le Front national (FN) a dénoncé un « plan de dispersion irresponsable ».

A droite, le parti Les Républicains (LR) de Nicolas Sarkozy s’est montré plus virulent encore contre un « scandale d’Etat », accusant l’exécutif de vouloir créer des « centaines de Calais répartis sur le territoire national ».

Dans un communiqué, un porte-parole du parti et proche de l’ancien président, Guillaume Peltier, a évoqué un « diktat migratoire » qui « ne fait rien d’autre que de créer les conditions de la désunion nationale et donc d’une guerre civile ».

Dans le même texte, le parti propose « un centre d’accueil au Royaume-Uni pour traiter les demandes des migrants », « le rétablissement des contrôles aux frontières nationales » ou encore « la suppression des prestations sociales pour les étrangers qui ne justifient pas d’un travail et d’un logement en France ».

Les questions d’immigration et d’identité écrasent actuellement le débat à droite en France, à l’approche d’une élection primaire pour la présidentielle de 2017.

La France n’a pas suivi l’an dernier la politique d’accueil massif de réfugiés de l’Allemagne mais Calais, point du continent européen le plus proche du Royaume Uni, attire depuis plusieurs années des milliers de migrants espérant traverser la Manche.

Il y a deux semaines, le ministre français de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, s’est dit déterminé à achever « le plus rapidement possible » le démantèlement de la « jungle », ce campement où survivent 6.900 à 9.000 migrants selon les estimations.(AFP)

TRT FR

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