Le Moyen-Orient et la Turquie (37)

0

Les forces armées liées au gouvernement libyen d’union nationale (GNA) qui essaye d’instaurer son autorité en Libye sont sur le point de nettoyer la ville de Syrte de l’organisation terroriste Daesh.  Ces forces composées 80% de miliciens de Misrata luttent contre Daesh depuis le mois de mai. Selon les dernières informations, Daesh tient seulement trois quartiers de la ville sous contrôle. Vaincre Daesh et le sortir de Syrte ont une importance vitale pour le GNA. Cette victoire permettra au GNA de se faire respecter par les deux autres gouvernements en Libye et les miliciens qui n’ont pas encore reconnu le GNA. Depuis le 1er août, le GNA reçoit des aides militaires américaines. Mis à part les aides assurées par les unités de forces spéciales américaines aux miliciens de Misrata, les chasseurs américains bombardent également les positions de Daesh. Alors la victoire du GNA sur Daesh peut-elle assurer l’intégrité territoriale de la Libye? Dans ce contexte, il est important de savoir si l’Assemblée des représentants à Tobrouk, qui domine une bonne partie orientale du pays, reconnaîtra le GNA. L’Assemblée des représentants était reconnue par la communauté internationale avant la reconnaissance du GNA, soutenu par l’ONU. A l’heure actuelle, l’Assemblée des représentants est soutenue par l’Egypte et les pays du golfe et considère les miliciens de Misrata comme des adversaires.

Bien que son mandat ne soit plus valable, l’Assemblée des représentants poursuit ses activités et continue de saboter l’accord conclu en 2015. La plupart des membres de l’Assemblée des représentants soutenaient le GNA depuis le mois d’avril. Mais en raison de certains obstacles, y compris des menaces, les membres de l’Assemblée des représentants n’ont pas adopté l’accord politique libyen qui mettrait fin au gouvernement de Tobrouk. Le général Khalifa Haftar se trouve à la tête de ceux qui ont entravé  ce processus. Les miliciens de Misrata qui luttent à tout prix contre Daesh  sont les plus grands adversaires de Haftar. Lors que les miliciens de Misrata font la guerre contre Daesh, Haftar essaye d’augmenter son influence. Dans ce cadre,  il a remplacé les maires des villes situées dans l’est du pays par ses militaires et déclaré “illégale” toute initiative y compris le GNA et l’opération de Syrte. Il a également fait savoir que le soutien du gouvernement américain à l’opération de Syrte était “une intervention extérieure illégale”. En outre, Haftar et ses alliés au sein de l’Assemblée des représentants ont bloqué les pas qui seraient lancés afin que le GNA soit entièrement opérationnel. Suivant l’accord politique libyen, adopté par le Groupe libyen de dialogue, le GNA doit être approuvé par l’Assemblée des représentants. S’il est approuvé, le gouvernement de Tobrouk doit ne plus exister et l’Assemblée des représentants doit entamer ses activités à Tripoli en tant qu’assemblée législative du GNA. En avril dernier, plusieurs membres de l’Assemblée des représentants étaient en faveur du GNA mais en raison des menaces ils n’ont pas pu se réunir pour adopter l’accord politique libyen qui mettrait fin au gouvernement de Tobrouk. Mais malgré tout la réunion a eu lieu le 22 août et le résultat était totalement différent de celui du mois d’avril. 61 des membres ont voté contre l’accord et le gouvernement, alors qu’un seul a voté pour. Les autres se sont abstenus. La réunion du Groupe libyen de dialogue a recommencé en Tunisie pour qu’un nouveau conseil soit mis en place au sein de l’ONU. Haftar et ses alliés à l’est n’ont pas assez de force pour faire face aux Etats-Unis et à la communauté internationale. Mais le gouvernement de Tobrouk est soutenu par l’Egypte, les Emirats arabes unis et l’Arabie saoudite.  Ces derniers temps la France et l’Italie figurent parmi les pays qui soutiennent le général Haftar. Par ailleurs, l’Egypte développe ses relations avec la France et la Russie pour avoir un statut “indépendant”. La prise de position de l’Italie et de la France aux côtés de Hafter ne correspond pas du tout au projet d’accord d’union national en Libye. Si la Libye veut garder son intégrité territoriale, les Etats-Unis et les pays occidentaux doivent avoir des politiques “cohérentes” et ne pas manipuler les acteurs locaux.

Il est important que les acteurs libyens se réunissent pour connaître une victoire suite à la lutte contre Daesh à Syrte. Le fait d’expulser Daesh de Syrte contribuera à la position du GNA au sein du pays et dans la communauté internationale.

 

TRT FR

Partager cet article? https://turquie2023.com/6BnLmT
Share.

About Author