Le Moyen-Orient et la Turquie (48)

Ayant obtenu son indépendance en 1962, l’Algérie a suivi un régime républicain à parti unique jusqu’en 1990. Le Front de libération nationale (FLN), qui a guidé le combat d’indépendance, était au cœur du système établi dans le pays. Il avait un modèle de redressement économique socialiste qui était très à la mode dans les pays qui venaient d’obtenir leur indépendance à la suite de la Seconde Guerre mondiale. Mais le système algérien ne fonctionnait plus dans les années 80. Le chef d’Etat de l’époque Chadli Bendjedid a lancé plusieurs initiatives afin d’assurer la libéralisation politique et économique du système algérien.

Mais ces pas n’ont pas donné les résultats attendus. Les élections législatives de 1991 ont été remportées par le FIS, Front islamique du Salut et un coup d’Etat militaire a été observé dans le pays. Pendant les 10 années qui ont suivi ce coup d’Etat, l’Algérie a vécu une guerre civile sanglante. Après le putsch, le régime à parti unique n’a pas été adopté une nouvelle fois mais le FLN est resté « centre du régime multipartite ». Quant à la libéralisation économique, elle a mis en place une classe capitaliste composée d’élites et investisseurs politiques au lieu de proposer une économie de libre marché. La situation actuelle en Algérie indique que l’économie du pays s’empire de jour en jour et que les réformes économiques réalisées ces derniers temps ne sont pas suffisantes pour assurer la confiance chez les investisseurs internationaux. Les élites politiques et économiques d’Algérie considèrent le capital étranger comme un élément qui brisera le contrôle sur leur vie économique et commerciale.

Une des raisons pour lesquelles les investisseurs ont fait marche arrière, est que l’Algérie est un des pays où la corruption est la plus répandue au monde.

Les déficits financiers et commerciaux continuent de s’accroitre ces dernières années et les réserves de devises du pays s’amoindrissent au fur et à mesure. Par ailleurs, la livre algérienne a perdu près de 30% de valeur. La croissance économique du pays, étant de 3,7% en 2015, devrait baisser à 1,9% cette année. En raison de la baisse des prix pétroliers et de la diminution de l’exportation d’hydrocarbure, l’Algérie est confrontée à un déficit commercial. Outre, le surplus en commerce extérieur étant de 4,3 milliards de dollars en 2014, elle a noté un déficit commercial de 13,7 milliards de dollars en 2015. En 2016, ce déficit continue de s’accroitre.

La création d’emplois dans ce pays où plus de 20% de la population jeune est au chômage, nécessite une croissance économique bien plus rapide que celle enregistrée.

Au milieu de l’année 2016, le gouvernement a adopté un nouveau modèle de croissance visant à diversifier la structure économique du pays où le pétrole est l’une des principales sources de revenu. Cela empêchera la dépendance excessive de l’économie en hydrocarbure. Car ces produits constituent un tiers du PNB, deux tiers du revenu gouvernemental et 95% de l’exportation.

Toutefois, il est difficile de dire que ce nouveau modèle de croissance économique donnera les résultats souhaités.

Il n’est pas possible d’être optimiste en regardant la qualité de la gouvernance, la suprématie du droit, la lutte contre la corruption et la productivité dans l’administration. La détermination des principaux éléments du régime à préserver les acquis est-elle-même le plus grand obstacle pour les réformes sociales, politiques et économiques qu’on juge nécessaire.

Le plan dont tous les détails ne sont pas encore annoncés est préparé par des fractions qui contrôlent les établissements clés du régime et qui sont déterminées à préserver leur intérêt. Il n’est pas possible de réaliser une réforme économique ou financière sans toucher les intérêts de ces fractions. Il n’est pas possible qu’un plan de réforme préparé par ces fractions puisse apporter une nouveauté qui nuise à leur intérêt.

Donc le nouveau modèle ne devrait pas encourager le capital étranger à venir en Algérie. Il devrait aussi être insuffisant à encourager les entrepreneurs algériens et constituer une économie de marché dynamique.

Les placements et la consommation devraient négativement être touchés or les dépenses du gouvernement seront restreintes et les impôts et droits douaniers seront haussés. Les mesures cosmétiques prises à l’heure actuelle ne servent à rien d’autre qu’à reporter les décisions d’adaptation structurelle qui devraient être prises radicalement.

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