Les pays musulmans appelés à s’unir contre un « deuxième Sykes-Picot »

Le vice-Premier ministre turc, Numan Kurtulmus, a mis en garde contre la reproduction du scénario de l’accord Sykes-Picot au Moyen-Orient, sur une base sectaire, appelant les pays islamiques à s’unir pour faire face à la question.

Kurtulmus a affirmé, dans un entretien publié mardi dans le journal «Al-Sharq Al-Awsat» édité à Londres :

« Le monde islamique doit appréhender clairement et globalement les développements au Moyen-Orient. Il y a une centaine d’années, les puissances impérialistes ont imposé le traité Sykes-Picot qui a abouti à la division de la région. Nous faisons actuellement face à un second Sykes-Picot » a-t-il dit.

Le vice-Premier ministre turc a appelé les pays musulmans à «s’unir pour faire face à la tentative menée pour les déchirer, sur des bases sectaires ».

Il a relevé que la Turquie, grâce à sa coopération avec l’Arabie saoudite, «œuvre à unifier le monde musulman afin d’empêcher la division de ses Etats ».

« La Turquie ne veut pas assister à la désintégration d’Etats tels que l’Irak, la Syrie, la Libye. Nous devons coopérer pour éradiquer les politiques sectaires. Nous devons mettre la stabilité de notre région à l’ordre du jour », a-t-il souligné.

«Nous considérons que l’Arabie saoudite joue un rôle actif dans ce domaine. Nous sommes maintenant à la croisée des chemins. Soit nous capitulons face à un second Sykes-Picot, soit nous nous unissons contre le sectarisme» a-t-il souligné.

Sur l’avenir des relations entre la Turquie et l’Union européenne (UE), Kurtulmus a déclaré: «Nous avons été en mesure de maintenir des liens étroits avec l’Union européenne depuis 1993. Mais, malheureusement, la Turquie a été parfois confrontée aux positions ambivalentes et biaisées. A titre d’exemple, l’UE nous a proposé une offre de partenariat privilégié, à la place de l’adhésion à part entière ».

Le vice-Premier ministre a abordé la question de la levée des visas d’entrée pour les citoyens turcs par l’UE, et celle de l’arrêt du flux des migrants illégaux. Il a déclaré, à cet égard :

«Nous avons convenu avec les décideurs politiques de l’UE d’un programme en 73 points destiné à réformer le système judiciaire turc. Le visa devait être levé en juillet dernier. Ankara s’est attachée à respecter tous ses engagements, notamment en limitant drastiquement l’afflux des migrants en provenance de Turquie, à destination des îles grecques. Mais malheureusement, la partie européenne a reporté la levée du visa sans aucune explication convaincante ».

La proposition de l’adhésion de la Turquie à l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) serait-elle de nature à entraver les négociations avec l’UE ? A cette question le responsable turc a répondu :

«Je ne le crois pas. Parce que la Turquie dispose de beaucoup d’avantages géographiques culturels, et stratégiques. Nous sommes membres de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN), et dans l’attente de notre adhésion à l’UE. Nous sommes également membres de l’Organisation de la coopération islamique. Nous faisons partie du Moyen-Orient, mais aussi des Balkans».

« Nous disposons de plusieurs cartes à faire valoir dans nos relations extérieures. Et par conséquent, notre rapprochement avec les Etats de l’OCS, et même notre adhésion, n’affecte pas nos relations avec les pays occidentaux, et notre intention d’adhérer à l’UE. L’OSC n’est pas une alternative à l’Europe. Il est de notre droit de faire valoir toutes nos cartes, et de consolider nos relations avec toutes les parties » a-t-il ajouté.

L’Organisation de coopération de Shanghai » (OCS) a été fondée en 1996. Il s’agit d’un bloc régional qui comprend six Etats membres, à savoir, la Russie, la Chine, le Kazakhstan, le Kirghizistan, le Tadjikistan et l’Ouzbékistan.AA

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