« Le vote du Parlement Européen contre la Turquie doit rester marginal »

Le ministre turc des Affaires de l’Union Européenne (UE), Omer Celik, a appelé l’Union Européenne à dialoguer davantage avec la Turquie, en formulant l’espoir que le vote du Parlement Européen sur le gel des négociations d’adhésion ne soit qu’une « décision marginale« .

Celik s’exprimait, lundi, lors de la 35ème Réunion du Comité Mixte de Consultation Turquie-UE à Ankara.

Le ministre turc a d’abord indiqué que le processus d’adhésion de la Turquie à l’UE ne doit pas se faire seulement entre les politiciens et qu’il doit inclure davantage la société civile des deux parties.

« La Turquie a toujours été un pays européen tout au long de son histoire, et depuis un siècle, notre pays est une grande démocratie européenne. Le coup d’état raté du 15 juillet a visé une démocratie européenne. Ce soir-là, le peuple turc a montré son attachement à la démocratie », a-t-il rappelé.

« Nous aurions voulu que la Parlement Européen affiche sans perdre de temps sa solidarité avec notre Parlement qui a été bombardé par les putschistes. Pendant près d’un mois et demi après la tentative de coup d’état, aucun responsable du Parlement européen n’est venu à Ankara », a-t-il regretté.

Il a même reproché à un « haut représentant européen, dont il n’a pas donné le nom, les propos dans lesquels il demandait « aux deux parties » de garder le calme.

« De quelles parties parle-t-il ? Ceux qui ont tiré sur notre peuple et sur les représentants du peuple ? Si l’Europe avait su faire preuve d’une réelle solidarité avec la démocratie turque après le 15 juillet, elle aurait adressé un message fort au monde entier en montrant qu’elle défend la démocratie même en dehors de ses frontières », a-t-il poursuivi.

Omer Celik a souhaité souligner le fait que la Turquie traverse une période critique, menacée en même temps par les putschistes et par les organisations terroristes PKK, Daech et FETO.

« Par ailleurs, malgré ces difficultés, notre pays accueille plus de 3 millions de réfugiés. L’aide financière promise par l’UE tarde à arriver. La Turquie a dépensé plus de 25 milliards de dollars pour les réfugiés, dont 15 milliards dépensés par l’Etat et le reste par la société civile. Pendant ce temps, les pays européens font des référendums pour savoir s’ils doivent accepter ou non 300 ou 400 réfugiés », a-t-il expliqué.

Dans ce contexte, le ministre turc a appelé l’UE à privilégier le dialogue plutôt qu’à écarter la Turquie.

« La période à venir sera cruciale tant pour la Turquie que pour l’UE. C’est pourquoi les relations Turquie-UE doivent se baser sur un dialogue et des critiques constructifs. Nous espérons que la décision du Parlement Européen s’inscrira dans l’Histoire parmi les décisions marginales », a-t-il conclu.

AA

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