Les contradictions du discours de l’ambassadeur américain en Turquie

Même si l’ambassadeur des Etats-Unis à Ankara, John R. Bass, nie toute aide militaire au PKK/PYD en Syrie et tout soutien à l’implantation de l’organisation terroriste à la frontière turco-syrienne, l’armée américaine continue de soutenir le PYD sur le terrain.

Dans une interview télévisée diffusée par la chaîne de télévision turque NTV, l’ambassadeur américain a fait des déclarations contradictoires avec les faits sur le terrain en Syrie.

John Bass a affirmé que l’armée américaine ne fournit pas d’armes ou de munitions aux forces du PYD, branche syrienne de l’organisation terroriste PKK.

Pourtant, le correspondant de l’Agence Anadolu (AA) à Haseke dans le nord de la Syrie, a rapporté à plusieurs reprises cette année que les hélicoptères américains ont livré plusieurs conteneurs d’armes et de munitions aux membres du PYD venus les récupérer dans les bases militaires US de la région.

Le 7 avril 2016, le même ambassadeur a fait une déclaration niant l’aide militaire, alors que le lendemain les hélicoptères américains livraient des armes au PYD à la base de Rumeylan.

Profitant de l’accès à la base militaire turque d’Incirlik dans le sud de la Turquie, l’armée américaine avait déjà, en octobre 2015, fourni des armes au PYD lors de la lutte contre Daesh pour le contrôle de Kobané.

Un autre point sur lequel les déclarations de Bass ne concordent pas avec la réalité du terrain, c’est l’unification des « cantons » autoproclamés par le PYD dans le nord de la Syrie.

Pourtant, c’est bien avec le soutien des américains que la branche syrienne de l’organisation terroriste PKK s’est installée dans la région ouest de l’Euphrate à la frontière turco-syrienne.

L’élargissement vers Haseke, Kobané et Tel Abyad a été rendu possible grâce au soutien de l’aviation américaine.

Pour relier cette zone avec la région d’Afrin, également contrôlée par le PYD, l’organisation terroriste s’est installée à Manbij le 12 août dernier après le siège de plusieurs mois de la ville par les forces américaines et de ses alliés.

En réponse aux réactions de la Turquie concernant sa propre sécurité nationale, John Bass avait affirmé que la ville serait confiée aux arabes après avoir été libérée, mais cette promesse n’a pas été tenue.

L’organisation terroriste PYD/PKK a pour objectif de contrôler la totalité de l’axe allant de Haseke à la Méditerranée au sud de la frontière turque.

Concernant les efforts d’Ankara réalisés auprès de Moscou pour l’instauration d’un cessez-le-feu à Alep et dans l’ensemble de la Syrie, que Bass prétend soutenir, le comportement des forces américaines sur le terrain est tout autre.

D’après les informations obtenues par les correspondants de l’AA auprès des leaders de l’opposition à Alep, les responsables militaires américains pousseraient l’opposition « modérée » qu’ils soutiennent à ne pas intégrer le processus de discussions.

Enfin, sur la demande d’extradition du leader de l’organisation terroriste guléniste/structure d’Etat parallèle (FETO/PDY), Fethullah Gulen, auteur de la tentative de coup d’état du 15 juillet, contrairement aux déclarations de Bass, les autorités américaines n’ont pour l’heure fait aucun pas allant dans le sens de la demande turque.

De plus, concernant l’assassinat de l’ambassadeur russe à Ankara, Andreï Karlov, l’ambassadeur américain a affirmé qu’il n’existe « aucune preuve » que le meurtrier serait membre de l’organisation terroriste FETO, alors que le président turc Recep Tayyip Erdogan a officiellement affirmé le contraire.

TRT FR

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