Alpha Condé : La Guinée est solidaire avec la Turquie dans sa lutte antiterroriste

En visite officielle en Turquie, le président guinéen, Alpha Condé, a bien voulu nous accorder une interview. Il a abordé la coopération bilatérale, notamment dans les domaines de la défense, de l’infrastructure, de l’agriculture et des mines.

Il a, par ailleurs, précisé la nature de ses relations avec son homologue turc Erdogan et sur les ambitions partagées de renforcer davantage la coopération entre les deux pays, voire entre la Turquie et le continent africain.

Evoquant ses relations avec le président Erdogan, Condé a indiqué : « Je crois qu’entre le président Erdogan et moi, et depuis sa visite en Guinée en mars dernier, nous avons établi d’excellentes relations personnelles, ils nous arrivent même d’échanger des SMS et de se parler au téléphone ».

« La Turquie est un très grand pays, technologiquement développé et de nombreux Turcs évoluent en Guinée, surtout dans le bâtiment. Plusieurs hôtels sont construits par des Turcs », a encore déclaré Condé.

Evoquant par la suite sa visite officielle en Turquie, Alpha Condé est revenu sur le Forum d’affaires entre les hommes d’affaires turcs et guinéens, le troisième du genre.

Il a estimé que les « domaines de coopération entre la Turquie et la Guinée sont très vastes », énumérant à ce propos « la lutte antiterroriste, le secteur du bâtiment et des infrastructures, l’énergie, et l’agriculture et les mines ».

S’agissant du dernier point, le président guinéen a expliqué : « Nous aspirons à être accompagnés par l’Eximbank pour que les entreprises turques puissent investir en Guinée. Nous avons beaucoup de mines et nous souhaitons que les investisseurs turcs puissent avoir accès à nos matières premières, notamment la bauxite, le fer, le pétrole, et éventuellement l’or ».

Quant à la menace terroriste en général et la menace du FETO en particulier, Alpha Condé a souligné que « le terrorisme n’a rien à voir avec l’islam. En effet, l’Islam est une religion de paix, de cohabitation et de tolérance; l’extrémisme n’a rien à voir avec l’Islam ».

Il a, par ailleurs, fustigé les pays occidentaux qu’il considère comme étant responsables de ce qui se passe aujourd’hui, illustrant ses propos notamment par la situation chaotique en Libye.

« Nous avons mis en garde les grandes puissances contre l’intervention en Libye qui aura deux conséquences néfastes : La ‘somalisation’ de ce pays et la prolifération des armes et du terrorisme. Ils [les Occidentaux] ne nous ont pas écoutés et sont tout de même intervenus. Ils ont tué Kadhafi, et aujourd’hui, il n’y a plus d’Etat en Libye et les armes et la menace terroriste prolifèrent », a-t-il poursuivi.

Le président guinéen a, par ailleurs, mis l’accent sur la solidarité de la Guinée avec la Turquie, notamment, dans sa lutte contre le terrorisme, et particulièrement, celui de l’organisation de Fethullah Gulen FETO.

Le président Condé a également évoqué la situation dans son pays, relevant à ce propos que la Guinée, « épargnée par les guerres civiles a fait comprendre à l’opposition que la lutte politique se passe au Parlement et dans le débat autour d’un programme, et non pas dans la lutte armée ».

« Ainsi, avons-nous réussi à convaincre les différents hommes politiques de se mettre autour d’une même table et de s’accorder autour de règles de jeu que chaque partie doit respecter », a-t-il insisté.

Il est ensuite revenu sur la crise qui secoue actuellement la Gambie voisine, formulant l’espoir de « voir cette crise résolue à la faveur du dialogue ».

Après les élections, a-t-il dit, le président Jammeh a reconnu et félicité le vainqueur, mais entre temps des irrégularités ont été relevées par la commission électorale et des menaces ont été lancées à l’encontre du président sortant quant à un éventuel procès devant la Cour Pénale Internationale (CPI).

En Afrique, il faut rassurer les présidents sortants et éviter la chasse aux sorcières, a-t-il insisté dans ce cadre.

Quant à l’épidémie Ebola, Condé a souligné que cette maladie est aujourd’hui maîtrisée.

« Nous connaissons et maîtrisons mieux la maladie désormais. Aujourd’hui, nous avons des médecins qui sont capables d’y faire face. Même si nous prions Dieu pour que cela ne se reproduise plus », a-t-il insisté, ajoutant que « Nous avons ouvert de nombreux centres de santé dans toutes les sous-préfectures. Nous sommes en train de construire des hôpitaux. A ce propos, la construction d’un hôpital est programmée avec la Turquie ».

Pour conclure, le président guinéen a dans un message transmis au peuple turc réitéré son engagement à être aux côtés de la Turquie et du peuple turc.

« Personnellement, j’ai beaucoup d’admiration pour ce que le président Erdogan a fait, car la Turquie a connu au moins trois coups d’Etat. Nous avons suivi l’évolution de la Turquie et nous connaissons tous les changements réalisés par le président Erdogan au niveau de l’économie et du renforcement de l’indépendance et de la souveraineté de la Turquie », a-t-il assuré. (AA)

TRT FR

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