Turquie: Il y a effectivement une crise de confiance avec les Etats-Unis

Le chef de la diplomatie turque Mevlut Cavusoglu était l’invité mercredi de l’Agence Anadolu (AA).

Il a répondu aux questions portant sur l’actualité en Turquie mais aussi dans la région.

Il a d’abord évoqué la situation en Syrie et le cessez-le-feu obtenu avant la fin de l’année grâce aux efforts communs déployés par la Turquie et la Russie.

« Si nous n’arrivons pas à mettre fin aux violations qui se multiplient, le processus d’Astana risque d’être perturbé. Nous savons que les violations de la trêve sont commises par Hezbollah, les forces du régime et les milices chiites qui soutiennent le pouvoir », a-t-il déclaré.

Dans ce contexte, Mevlut Cavusoglu a lancé un appel à l’Iran pour qu’elle use de son influence sur les milices chiites et le régime afin de faire respecter le cessez-le-feu.

S’agissant toujours de la Syrie, le ministre s’est exprimé sur l’opération « Bouclier de l’Euphrate » menée par l’armée turque dans le nord du pays.

Actuellement, les combats se concentrent autour d’al-Bab, placé toujours sous le contrôle de Daesh. Mais, la question de la présence du PYD, branche syrienne du PKK, à Minbij, reste une priorité pour Ankara.

« Notre devoir consiste à éliminer les terroristes là où ils se trouvent, que ce soit au Mont Qandil ou à Sinjar en Irak, mais aussi en Syrie. Les forces du PKK/PYD sont toujours présentes à Minbij en Syrie. Notre président de la République a évoqué cette question dans son entretien mardi avec Barack Obama qui a confirmé partager notre point de vue concernant cette question », a-t-il rappelé.

Ankara est agacé par le soutien apporté par les Etats-Unis au PYD-YPG, qui n’est qu’une organisation terroriste, comme sa filière mère le PKK.

Ce soutien au PYD et l’inaction de la coalition internationale alors que l’armée turque luute contre Daesh à al-Bab, perturbent les relations entre Ankara et Washington.

« Washington est un allié très important pour nous avec qui nous collaborons dans tous les domaines. Mais, il y a cette réalité, il existe une crise de confiance », a-t-il expliqué.

Concernant le PYD, Mevlut Cavusoglu a ajouté que cette organisation terroriste ne devrait pas prendre part aux discussions sur la Syrie au Kazakhstan.

« L’organisation terroriste du PYD ne doit pas être présente lors des négociations d’Astana. Nous avons évoqué ce point avec la Russie, qui s’est montrée compréhensive de notre position », a-t-il précisé.

Ensuite, le ministre des Affaires étrangères est revenu sur l’assassinat de l’ambassadeur russe à Ankara. « Il ressort des données en notre disposition que l’assassin de l’ambassadeur est lié à l’organisation terroriste du FETO », a-t-il indiqué.

S’agissant du FETO justement, Cavusoglu a souhaité reparler de la tentative de coup d’Etat du 15 juillet 2016.

« Certains pays occidentaux ont commis de graves erreurs à la suite de la tentative de coup d’Etat du 15 juillet, allant jusqu’à espérer le succès des putschistes », a-t-il critiqué, exprimant son souhait que la nouvelle administration américaine ouvrira le chemin à l’extradition du leader de l’organisation terroriste, Fethullah Gulen.

Les relations Turquie-Union Européenne (UE) ont aussi été évoquées par le chef de la diplomatie turque.

« Nous allons rediscuter du traité de l’Union douanière entre notre pays et l’UE, nous sommes confiants sur ce sujet. La question de la levée des visas pour nos citoyens est toujours en suspens. Nous rappelons que dans ce contexte d’attaques terroristes, nous ne modifierons pas notre législation antiterrorisme », a-t-il martelé, invitant l’UE à revoir sa politique envers la Turquie.

Pour conclure, Mevlut Cavusoglu a répondu aux questions concernant l’attaque conte une discothèque d’Istanbul la nuit du nouvel an.

« L’auteur de l’attaque terroriste d’Istanbul qui a fait 39 morts a été identifié. Les recherches pour le retrouver et l’appréhender se poursuivent. La police interroge son entourage », a-t-il terminé. (AA)

TRT FR

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