« La Turquie ne changera pas sa législation antiterrorisme »

Le ministre turc des affaires de l’Union Européenne (UE), Omer Celik, a déclaré qu’il n’est pas envisageable que la Turquie allège sa législation antiterrorisme alors qu’elle est ciblée par de nombreuses organisations terroristes et que de nombreux pays dans le monde renforcent leurs moyens de lutte contre le terrorisme.

Le ministre Celik a commenté, mercredi, l’actualité de la Turquie et ses relations avec l’UE lors d’une émission politique sur une chaîne turque privée.

Il est d’abord revenu sur l’attaque terroriste du soir du Nouvel An dans une célèbre discothèque d’Istanbul.

Il a expliqué que les pays du monde sont désormais la cible de terroristes étrangers contre lesquels il faut mettre en place des moyens de lutte et de prévention différents de ceux qui existaient jusqu’à présent.

La Turquie partage une frontière commune de 1295 km avec la Syrie et l’Irak où la guerre et le chaos règnent, obligeant la Turquie à prendre les mesures maximales pour lutter contre les menaces et les risques qui sont originaires de ses deux voisins.

« Au lieu de prendre en compte les attentes du peuple en Syrie, de nombreux pays occidentaux et orientaux ont choisi d’y mener une guerre par procuration. Ils ont soutenu certaines organisations terroristes. Quand notre pays est attaqué par l’organisation terroriste Daesh, nous sommes fortement soutenus par nos alliés, mais quand il s’agit d’une attaque du PKK, ce soutien est beaucoup moins évident », a-t-il dit.

Omer Celik a aussi souhaité s’exprimer sur les débats, voire polémiques, qui apparaissent après les attaques comme celle du Nouvel An.

« Certains mettent en avant les intolérances, le mode de vie, le Père Noël. Ils parlent de fractures dans la société et évoquent le risque d’affrontements. Mais notre société n’est pas si faible. Je pense que nous devons débattre davantage, mais dans le respect des règles démocratiques et en rejetant les violences », a-t-il estimé.

« La laïcité est une valeur commune de notre pays, il n’existe pas de débat sur cette question. Dans le passé, au nom de la laïcité, certaines interdictions et restrictions ont justement créé un fossé avec certaines fractions de notre population », a-t-il rappelé.

Concernant les débats autour de la célébration de Noël et du Nouvel An en Turquie, dans un pays musulman, le ministre a fait savoir que « personne n’est en droit de se mêler des choix individuels ».

« Les personnes veulent célébrer dans la joie et l’espoir l’arrivée d’une nouvelle année. Ceci est une valeur universelle pour l’ensemble de l’Humanité. Nous avons tous partagé nos messages de vœux pour la nouvelle année. Personne ne peut se mêler du choix d’un autre, celui qui souhaite le célébrer, le fait, et celui qui ne veut pas, ne le fait pas. Mais la violence n’a pas sa place dans ce débat », a-t-il ajouté.

Omer Celik est ensuite revenu sur les relations Turquie-Union Européenne et sur la lutte contre le terrorisme.

Il a rappelé que l’UE demande à la Turquie de modifier sa législation antiterroriste pour permettre aux citoyens turcs de voyager en Europe sans visa.

« Nous avons dit à plusieurs reprises qu’en dehors de notre législation pour lutter contre le terrorisme, nous pouvons appliquer tous les critères de l’UE. Il n’est pas envisageable que la Turquie allège sa législation antiterrorisme alors qu’elle est frappée par de nombreuses organisations terroristes et que de nombreux pays dans le monde renforcent leurs moyens de lutte contre le terrorisme », a-t-il poursuivi.

Le ministre a également rappelé que des négociations vont prochainement démarrer avec l’UE pour revoir et actualiser l’accord d’Union Douanière.

Pour conclure, Celik a souhaité répondre aux critiques selon lesquelles la Turquie s’écarte de la démocratie.

« La Turquie était un modèle pour des millions de citoyens lors du Printemps Arabe. Mais les dirigeants de ces pays n’ont pas satisfait ces demandes. Ceux qui critiquent la Turquie aujourd’hui n’ont pas su soutenir ces attentes démocratiques. En Egypte, ils ont soutenu le coup d’Etat militaire. Ceux-là même parlent aujourd’hui d’autoritarisme en Turquie. Ceux qui n’ont même pas été capables d’accueillir un seul réfugié sur leur sol n’ont pas de leçons à donner à la Turquie », a-t-il lancé.

TRT FR

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