Aucune force ne pourra empêcher la Turquie d’atteindre ses objectifs de 2023 (étude)

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par Öznur Küçüker Sirene, 27/06/2019

Le monde entier avait les yeux rivés sur la Turquie le 23 juin pour apprendre le résultat de la nouvelle élection à Istanbul. Le grand gagnant de l’élection fut encore une fois la démocratie turque après la victoire d’un candidat de l’opposition. Le résultat allait donc clairement à l’encore de tout ce qui est dénoncé par les médias occidentaux depuis des années sur la nature soi-disant « dictatoriale et autoritaire » du régime d’Erdoğan.

Pendant ce temps, en France, pays censé être un modèle de la démocratie dans le monde, des événements anti-démocratiques s’enchaînent comme par exemple la mise en vigueur de la loi « anti-casseurs » -suite à la crise des « gilets jaunes » dont les manifestations ont été d’ailleurs violemment réprimées par les forces de l’ordre dans différentes villes françaises-, qui prévoit entre autres des interdictions préventives de manifester ou encore la condamnation des femmes musulmanes à payer une amende pour avoir porté le burkini dans une piscine municipale.

Contrairement à la France, la leçon de la démocratie que la Turquie a donnée au monde a été telle qu’à la fois l’adversaire d’Ekrem İmamoğlu, Binali Yıldırım, mais aussi le président turc Recep Tayyip Erdoğan ont respectueusement félicité le nouveau maire pour sa victoire.

Si Erdoğan a souhaité que les résultats soient bénéfiques pour Istanbul, un point a particulièrement attiré l’attention dans son discours : il a souligné que dans la période à venir, ils avanceraient vers « les objectifs de 2023 » dans l’union et la solidarité, dans le cadre des principes de l’Alliance du peuple et sans faire de concession de la démocratie, de la suprématie du droit, de la paix, du bonheur et de la stabilité du pays.

Mais quels sont ces objectifs de 2023, que représentent-ils et la Turquie d’aujourd’hui a-t-elle les moyens pour les atteindre ?

Plan de vision 2023 : lorsqu’un pays décide de s’imposer dans le monde

Tout a commencé il y a environ 15 ans lorsque le gouvernement turc a décidé de faire de la Turquie un acteur de premier plan sur la scène internationale par le biais d’un « plan de vision 2023 ». L’année 2023 est fort symbolique pour les Turcs puisqu’elle représente le centième anniversaire de République de Turquie.

Les objectifs que la Turquie vise à réaliser d’ici le centenaire de la République sont multiples et comprennent de nombreuses initiatives et projets axés sur l’économie, le tourisme, l’énergie, la politique étrangère, les transports et la santé. L’objectif ultime annoncé par Erdoğan est de faire de la Turquie « l’une des dix plus grandes puissances mondiales d’ici à 2023 ».

De nombreux mégaprojets ont été déjà mis en œuvre afin de concrétiser ces objectifs. Le nouvel aéroport d’Istanbul qui sera le plus grand aéroport du monde une fois terminé, Marmaray reliant les deux rives d’Istanbul à travers le Bosphore, l’un des plus vastes hôpitaux au monde à Ankara ou encore de nombreux projets énergétiques de taille comme la centrale nucléaire d’Akkuyu et le gazoduc Turkstream ne sont que quelques exemples parmi tant d’autres mettant en évidence l’incroyable progrès de la Turquie dans des domaines divers et variés.

Pendant cette période, la performance économique de la Turquie a été telle que le revenu national brut par habitant est passé de 3.500 à 11.000 dollars depuis 2002.

Une voix qu’on entend de plus en plus sur la scène internationale

La Turquie n’a pas seulement progressé sur le plan économique au niveau national mais aussi et surtout dans les relations qu’elle entretient avec les autres pays du monde dans le cadre de ses stratégies de politique étrangère.

Pour ce faire, la Turquie a certainement usé de ses nombreux outils de « soft power » comme l’aide humanitaire dans différents pays du monde, une compagnie aérienne, Turkish Airlines, qui a gagné une notoriété internationale grâce à ses services de qualité ou encore la diffusion de fameuses séries turques ayant notamment fait croître l’intérêt des touristes arabes pour le pays.

Membre de l’OTAN, membre du G20 et candidate à l’Union européenne, la Turquie accroit de jour en jour sa zone d’influence dans le monde, de l’Asie à l’Afrique, des Balkans jusqu’en Amérique latine grâce à des partenariats stratégiques dans ces différentes zones géographiques. Dans cette perspective, lors de son discours après l’élection à Istanbul, Erdoğan a souligné : « Nous allons continuer de nous pencher méticuleusement sur les questions externes et internes de la Turquie en vertu de nos intérêts nationaux, notamment lors du sommet du G-20 qui se tiendra en fin de mois, ensuite pendant la visite en Chine et au Sommet de l’Europe du sud et des Balkans ».

De la même manière, alors qu’autrefois la Turquie était absente pour dire son mot sur les grandes questions internationales aujourd’hui on l’entend de plus en plus que ce soit par exemple dans la crise des Musulmans Rohingyas en Birmanie, que la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël, l’affaire Khashoggi, les tentatives de résolution du conflit syrien dans le processus d’Astana avec l’Iran et la Russie ou encore la crise migratoire qui a même conduit l’Union européenne à conclure un accord sur l’immigration avec la Turquie.

La Turquie est aujourd’hui un modèle pour les pays arabes, un espoir pour les opprimés et une grande puissance régionale capable de changer le sort de sa région voire du monde. Selon le dernier Rapport des Tendances mondiales de l’UNHCR, c’est le pays du monde qui accueille le plus de réfugiés pour la 5ème année consécutive.

La Turquie forte et indépendante face aux pays qui veulent lui mettre des bâtons dans les roues

Qui dit puissance mondiale, dit rivalité et conflits avec d’autres pays qui veulent la concurrencer et déstabiliser. Dans sa défense contre les injustices et oppressions, la Turquie ambitionnant de figurer parmi les dix puissances mondiales fait également face à des problèmes et obstacles. 

Par exemple, sa défense acharnée de la cause palestinienne mais aussi son alliance stratégique avec la Russie et le Qatar lui attirent les foudres de nombreux pays comme Israël, le quartet arabe (l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, l’Égypte et le Bahreïn) mais aussi et surtout les Etats-Unis, un allié traditionnel d’Israël.

Après avoir résolu la crise au sujet de l’emprisonnement du pasteur américain Andrew Brunson à Izmir, la Turquie fait aujourd’hui face aux pressions, menaces et ultimatums incessants des Etats-Unis pour la convaincre de ne pas acheter les missiles S-400 russes. Or la Turquie est décidée à ne pas faire de « marche arrière ».

Du côté des pays occidentaux et du quartet arabe, les tentatives de manipulation médiatique, de désinformation sur la Turquie sur les réseaux sociaux tentent également de décrédibiliser le pays et d’empêcher son ascension.

Néanmoins les dés sont déjà jetés : sa population jeune et active, sa position géostratégique, sa notoriété mondiale -notamment grâce au travail acharné du parti au pouvoir depuis ces 17 dernières années-, son dynamisme pour aller toujours de l’avant et sa performance économique sont les meilleures preuves que le combat de la Turquie pour s’imposer dans un monde plus juste ne s’arrêtera pas là et que les objectifs de 2023 seront accomplis avec succès.

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