Quelle genre de stratégie suivre au sujet de la migration ?

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Comparée aux autres pays, tout au long de l’histoire la Turquie est peut-être le pays qui a été le plus confronté aux flux migratoires. Elle a toujours été un pays accueillant des migrants venus de l’Est, de l’Ouest, du Nord et du Sud. Aujourd’hui aussi, en tant que havre de paix, elle reste toujours la destination privilégiée par les migrants qui viennent de diverses régions du monde en raison des problèmes qu’ils subissent dans leur pays. Quelle stratégie devrions-nous suivre face à la forte demande migratoire vis-à-vis de notre pays ?

La première chose que je vais dire à ce sujet, est que si elle est bien dirigée, la migration peut apporter beaucoup de choses aux pays. Nous pouvons affirmer que notre histoire en est l’exemple concret. Nous sommes pour autant dire les enfants issus de la civilisation migratoire. Notre longue marche de civilisation est une marche migratoire. Nous avons acquis de très importantes valeurs dont l’humanité a la plus besoin, tels que la justice, le partage, le vivre ensemble, le pluralisme, la tolérance et le multiculturalisme, des valeurs qui font de la Turquie ce qu’elle est. Mais la contribution de la migration aux pays, est le sujet d’une autre étude.

 

L’Anatolie est une terre de migration

Même avant les Turcs musulmans, l’Anatolie avait accueilli beaucoup de migrants car elle est un point de passage et se trouve sur une trajectoire. Quant à l’arrivée massive des Turcs musulmans en Anatolie, elle date du premier millénaire. À la suite de l’arrivée des Turcs en Anatolie, l’histoire n’évoque pas l’Anatolie comme lieu de conflit, de massacre de masse comme c’est le cas dans les autres pays, et n’associe pas ce qui s’est passé en Anatolie à des déportations. Cette situation est le signe qu’avec le temps l’Anatolie s’est imprégnée de ceux qui sont venus de Khorasan.

La migration en Anatolie ne s’est pas limitée qu’au millénaire, elle a continué au 18è et 19è siècles en raison des grandes souffrances subies dans les Balkans et le Caucase.

Nous constatons que ces migrations ont continué durant la période de la République.

Quant à la dernière migration massive en Turquie, il s’agit de la migration des Turcs de Bulgarie qui ont fui en 1989 l’oppression de Todor Jivkov. À cette époque, Jivkov aurait déclaré que s’ils ne parviennent pas à renvoyer les Turcs de Bulgarie, il n’existerait plus de Bulgarie, et qu’elle se transformerait en une forme de Chypre.

Bref, les terres de l’Anatolie, ont toujours été la seconde adresse et un lieu de refuge pour les personnes qui aiment la Turquie et celles originaires d’une vaste région allant de l’Adriatique à la Muraille de Chine. La Turquie ne s’est pas contentée d’être un havre de paix pour les communautés turques et musulmanes. Notre histoire est remplie d’exemples selon lesquels la Turquie est un pays où peuvent se réfugier les non-musulmans. Le dernier exemple en date, sont les juifs qui s’étaient réfugiés à la Turquie pour fuir l’oppression d’Hitler en Allemagne comme ce fut le cas lorsqu’ils avaient été chassés d’Europe il y a 500 ans.

La migration depuis l’Anatolie

La Turquie ou bien l’Anatolie, ne sont pas uniquement une terre accueillant les migrants mais également une terre depuis laquelle il y a un grand flux migratoire. L’Anatolie n’est pas uniquement un lieu de provenance de soldats ottomans mais également d’habitants pour former de nouvelles localités là où il se rendent. De grands flux migratoires ont eu lieu d’Anatolie en particulier vers les pays des Balkans. Il existe trois villes baptisées ‘Konya’ dans les Balkans.

Le dernier flux migratoire d’Anatolie vers les autres pays, est celui des ouvriers vers les pays occidentaux dans les années 1960. Selon les chiffres officiels, nous savons que de nos jours la population turque dans ces pays atteint les 5 millions. Je pense que ce chiffre est bien plus élevé lorsqu’on prend en compte les personnes en situation irrégulière et celles qui ont quitté la nationalité turque.

La situation actuelle

La Turquie accueille actuellement, un fort flux migratoire originaire des Balkans, du Moyen Orient, du monde turcophone et d’Extrême Orient. Dernièrement, nous sommes confrontés à un grande vague de migration en provenance de la Syrie. L’une des principales raisons de cette vague migratoire découle du fait que ces migrants n’ont pas beaucoup d’alternatives en dehors de la Turquie lorsqu’on tient compte de l’approche des autres pays de la région et des pays occidentaux. Quant à la principale raison, il s’agit des problèmes qu’ils vivent dans leur pays, de la stratégie des pays impérialistes et des conditions qui deviennent invivables dans leur pays.

Aujourd’hui, la Turquie n’accueille pas uniquement des réfugiés qui viennent de Syrie, d’Iran, d’Irak, d’Afghanistan, de Chine, de Russie, d’Ukraine et de pays d’Afrique, elle accueille également un flux migratoire en provenance des pays occidentaux. Certains de nos citoyens qui avaient immigré dans les pays occidentaux ainsi qu’une partie de leurs enfants, cherchent un avenir en Turquie à cause de la récession économique et de la montée de l’islamophobie et de la turcophobie dans ces pays. Les enfants de nos citoyens vivant en Occident, préfèrent étudier en Turquie, chose inimaginable durant les précédentes années.

Certaines organisations non-gouvernementales turques encouragent le retour ou bien la migration vers la Turquie pour les personnes qui vivent de grands problèmes autant dans les pays occidentaux que dans les Balkans, en Crimée mais également dans la région ouïghoure.

Certains pays et milieux racistes en Occident et en Orient, qui ne veulent pas d’une population turque et musulmane, font appel à divers mécanismes et à des applications dissuasives et fastidieuses pour que nos citoyens quittent ces endroits.

Comme c’est le cas en particulier dans la question criméenne et ouïghoure, les pays impérialistes tentent d’utiliser nos congénères qui vivent dans ces régions, comme bélier et comme outil politique afin de nuire à la Russie et la Chine.

Effectivement, nous devons être fiers de la Turquie car elle est un havre de paix dans sa région, un lieu de refuge pour l’Homme et la conscience de l’humanité. Mais il n’est pas possible que la Turquie puisse faire fasse toute seule contre ce grand flux migratoire. Ce n’est également pas correct d’un point de vue stratégique. La plupart du temps, ces pays souhaitent que nos congénères quittent les terres où ils vivent et soient forcés de retourner en Turquie.

La Turquie doit développer des politiques destinées et profitant à ses citoyens vivant à l’étranger et aux personnes avec lesquelles elle possède un lien, afin qu’ils ne deviennent pas des instruments pour les objectifs impérialistes des pays occidentaux.

Nous continuerons la semaine prochaine à vous faire part de nos propositions en les concrétisant, au sujet de la stratégie de migration que devrait suivre la Turquie, nos institutions publiques, nos organisations non-gouvernementales et nos citoyens et congénères qui vivent à l’étranger.

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