Quel genre de stratégie suivre au sujet de la migration? (2)

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Dans notre programme précédent, nous avions parlé du fait que la Turquie a été terre d’accueil et d’origine de migrants durant toute son histoire, que l’Anatolie est une géographie migratoire et que la Turquie est confrontée aujourd’hui encore à de sérieux flux migratoires. Nous avions indiqué que plusieurs fois, nos citoyens et congénères à l’étranger ont été forcés à quitter les terres sur lesquelles ils vivaient et que certains pays impérialistes avaient cherché à utiliser nos congénères pour arriver à leurs fins impérialistes. Nous avions également précisé que la migration vers la Turquie avait été facilement soutenue par diverses ONG.

 

Dans notre étude  de cette semaine, nous allons faire des propositions plus concrètes sur la stratégie migratoire que nous devons suivre.

 

Quelques propositions relatives à la stratégie

Ne pas quitter les terres sur lesquelles nous vivons: Les expériences historiques que nous avons acquises à plusieurs reprises nous ont montré que nos congénères/concitoyens doivent forcer toutes les conditions pour ne pas quitter les terres sur lesquelles ils vivent, car leur influence ainsi que celle de la Turquie sur la région quittée, s’affaiblit. Avec chaque personne qui part, celle qui reste s’affaiblit. Nous pouvons voir cela dans les Balkans. Oui, c’était très difficile, peut-être même impossible, mais si nous avions réussi à retenir nos congénères/concitoyens dans les Balkans, cette région aurait eu aujourd’hui une toute autre apparence. C’est peut-être pour cette raison que certains savants des Balkans avaient émis une fatwa indiquant que l’émigration est un pêché.

 

Renforcer sur place: La priorité de la Turquie doit être de retenir sur place et non d’évacuer ses congénères/concitoyens qui se trouvent dans les régions avec lesquelles elle possède des liens historiques et culturels puissants. Pour cela, les institutions turques ainsi que les ONG doivent produire plus de politiques, stratégies, travaux et efforts en vue de déterminer comment renforcer la place des personnes vivant dans ces régions. La participation multidimensionnelle des congénères/concitoyens aux travaux économiques, culturels, politiques et sportifs doit être encouragée. La participation multidimensionnelle et les contributions de nos congénères/concitoyens aux pays dans lesquels ils se trouvent, sera bénéfique aussi bien pour eux-mêmes, que pour le pays dans lequel ils vivent et la Turquie. La plus grande démarche qui pourra renforcer nos congénères/concitoyens vivant en Occident serait d’avoir la nationalité du pays dans lequel ils vivent. Cependant nous savons que beaucoup de nos citoyens hésitent à ce sujet ou ne sont naturalisés que tardivement. Ce que m’a raconté un concitoyen lors ma visite en Europe alors que j’étais le directeur général de la Présidence des Turcs de l’étranger et des Communautés apparentées (YTB), m’a fortement ému du fait que cela montrait l’atmosphère dans laquelle ils se trouvaient : Dans les années 1980, le Prof. Dr. Necmettin Erbakan, alors Premier ministre, leur a conseillé lors d’une visite, de demander la naturalisation. Notre citoyen a dit comprendre que des dizaines d’années plus tard, combien Erbakan avait alors raison : « Mais ce jour-là, quand M. Erbakan nous a recommandé de prendre la nationalité d’un autre pays, nous en avions été offensés comme s’il nous avait demandé de nous convertir. »

 

Avoir une coopération étroite avec les pays concernés : Il est naturel que nous vivions des problèmes avec les pays où habitent nos concitoyens/congénères comme ceux avec les pays balkaniques auparavant, ou la Crimée et la question ouïgoure maintenant. Car, nous ne pouvons fermer les yeux alors que nos congénères souffrent là-bas et qu’ils subissent de très mauvais traitements. Nous ne nous abstiendrons pas non plus de parler de cela. En même temps, la détérioration ou la rupture de nos relations avec ces pays nuira surtout à nos congénères qui y vivent. La détérioration des relations pourra au contraire être bénéfique pour les pays en quête d’impérialisme de par nos congénères. Toutefois, cela n’aura aucun intérêt ni pour la Turquie ni pour le pays concerné. Par conséquent, il faut mener une intense coopération et travailler étroitement avec les États où vivent nos concitoyens/congénères pour les renforcer là où ils se trouvent. En coopérant avec ces Etats, il faut trouver les moyens pour que nos concitoyens/congénères contribuent bien plus du point de vue politique, social, culturel et économique aux pays dans lequel ils vivent.

 

Mesures contre les formations marginales : Certains responsables,- surtout les politiciens,- des pays occidentaux où vivent nos concitoyens ou des pays où vivent nos congénères, accusent une partie de nos concitoyens/congénères d’être sous l’effet des formations extrémistes marginales ou de prendre part aux activités terroristes. Ces assertions peuvent ne pas être vraies. Les pays concernés peuvent faire ces accusations dans le cadre de leur stratégie. Cependant, il se peut que les personnes soient influencées par les groupes marginaux en raison des difficultés  auxquelles elles sont confrontées. Par conséquent, nos institutions publiques et nos ONG doivent mener les travaux nécessaires contre ces risques.

 

La Turquie en dernier recours : Émigrer vers la Turquie ne doit pas être la première pensée mais le dernier recours quand on est confronté à un problème. Pour ne pas avoir à choisir le dernier recours, nous devons essayer premièrement toutes les voies citées ou non-citées ci-dessus. Naturellement, cette situation requiert des politiques très stratégiques et complexes ainsi que des travaux intenses. Compte tenu du coût personnel et social de l’émigration,  chercher une solution pour garder nos concitoyens/congénères dans le pays dans lequel ils se trouvent, est préférable.

Dans nos deux précédents programmes, je me suis attardé sur les migrations qui semblent plus durables. Une stratégie similaire peut être valable pour les migrations en provenance de la Syrie, de l’Iran, de l’Irak, de l’Égypte, de la Libye et de l’Afghanistan, qui semblent provisoires ou qui utilisent la Turquie comme pays de transit. Cependant, dans les deux situations, s’il existe un risque de mort, la Turquie n’agira jamais comme un pays occidental ou européen. Elle ne délaissera pas ceux qui se sont réfugiés à elle. Contrairement à l’Occident et à sa civilisation, la Turquie a toujours été la dernière porte de l’espoir et de l’humanité, la voix de la conscience et l’autre appellation de la libération pour tous les opprimés qui se sont réfugiés à elle. Même si aujourd’hui les pays de l’UE, et auparavant d’autres pays, ne l’ont pas compris, cela a toujours été la différence et la signification de la Turquie.

 

 

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