Les minorités religieuses bénéficient d’une grande liberté en Turquie (étude)

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La Turquie est un carrefour harmonieux entre nombre de civilisations, cultures et religions. Si on fait une comparaison entre la Turquie et des pays européens qui se présentent comme des modèles démocratiques, on constate vite les efforts considérables du gouvernement turc pour étendre les droits des minorités religieuses contrairement à ces pays européens où règne une intolérance sociale.

par Öznur Küçüker Sirene, 08/08/2019

Il n’y a pas un seul jour où la Turquie n’est pas qualifiée de « pseudo-dictature islamo conservatrice » dans les médias occidentaux dans l’objectif de dégrader l’image du pays. La manipulation est telle que les touristes étrangers se posent souvent des questions sur la tenue vestimentaire à adopter en Turquie pendant leurs vacances. Il est également fréquent de croiser des étrangers qui demandent aux femmes turques si elles sont obligées de se voiler dans le pays. Outre le fait d’ignorer que la Turquie est un pays laïc, beaucoup ne connaissent pas non plus l’atmosphère de grande liberté dont bénéficient les minorités religieuses dans le pays.

Or, la réalité sur place est plus que surprenante pour un étranger qui ne connaît pas la Turquie. Un tour sur les îles des Princes à Istanbul où vivaient autrefois majoritairement ces minorités religieuses -toujours présentes sur les îles mais en plus petit nombre- est suffisant pour constater de ses propres yeux à quel point les différents cultes sont respectés dans le pays. Siroter son thé face à la mer en écoutant les cloches des églises encore actives aujourd’hui, suivies de l’appel à la prière est une expérience que l’on ne peut même pas vivre dans un pays qui se veut être un modèle de la démocratie comme la France.

Il serait donc intéressant de comparer les dernières avancées démocratiques en Turquie en termes des droits des minorités religieuses avec la situation dans les pays occidentaux dont les médias n’hésitent à dénoncer régulièrement le recul des droits et libertés en Turquie.

Islamophobie rampante et malaise social en Europe

Il n’y a aucun doute que l’Europe n’est plus cette terre d’accueil et de tolérance qu’elle était censée devenir dans le cadre des principes fondateurs de l’Union européenne. Dans un contexte où on assiste à la montée des partis d’extrême-droite dans l’ensemble de l’Europe, l’islamophobie se banalise à la fois dans les faits et les discours politiques.

Lorsqu’on prend l’exemple de la France, pays qui compte le plus grand nombre de Musulmans (environ 6 millions), on constate que les actes islamophobes ont connu une hausse de 52% en 2018 par rapport à l’année précédente, selon les données du Collectif contre l’Islamophobie en France (CCIF).

Les débats sur les droits des Musulmans axés notamment sur le port du voile islamique sont récurrents en France et les mesures prises par les autorités publiques pour empêcher les discriminations sont insuffisantes. Les exemples sont nombreux : les polémiques sur le port du burkini sur les plages, l’affaire Mennel Ibtissem, candidate de The Voice, qui a quitté l’émission à la suite des polémiques concernant son voile, des débats sur le voile islamique d’une présidente du syndicat étudiant UNEF (Maryam Pougetoux), l’affaire Décathlon qui consiste en l’opposition à la commercialisation du hijab sportif par la marque ou encore l’interdiction du voile lors des sorties scolaires.

La question du port du voile est exploitée à des fins politiques et toute discrimination religieuse est justifiée sous prétexte de respecter « le principe de laïcité » qui ne signifie pas pour autant l’interdiction du religieux mais au contraire, une garantie de la liberté de conscience à savoir la liberté de croire ou de ne pas croire.

La situation n’est pas différente dans les autres pays européens. Par exemple, selon le rapport sur « Les tendances d’extrême-droite en Allemagne en 2018 et 2019 », 1 personne sur 4, âgée de plus de 60 ans est islamophobe et 1 personne sur 5 est xénophobe.

Extension des droits des minorités religieuses dans la Turquie de nos jours

La Constitution turque définit le pays comme un État laïc, garantissant la liberté de conscience, de croyance religieuse, de conviction, d’expression et de culte. L’article 24 interdit la discrimination fondée sur des motifs religieux.

Même si le nombre des membres des minorités religieuses sur les territoires turcs a considérablement diminué après le démantèlement de l’Empire ottoman, la Turquie d’aujourd’hui respecte le pluralisme ethno‐religieux tout en défendant la diversité et la tolérance. Ceci se reflète dans les actes et discours politiques avec une extension considérable des droits des minorités religieuses.

Au sujet des allégations de pression subie par les minorités religieuses en Turquie suite à l’affaire du pasteur américain Andrew Craig Brunson, le président Recep Tayyip Erdoğan avait déclaré en août 2018 :« La Turquie n’a aucun problème avec les minorités religieuses. Le langage menaçant utilisé par les évangélistes et sionistes américains est inacceptable ». Meilleure preuve en 2019 : exactement un an après cette déclaration, Erdoğan a été le précurseur d’un évènement historique dans l’histoire turque en posant samedi 3 août à Istanbul la première pierre d’une église syriaque, le premier édifice de culte chrétien construit dans l’histoire moderne de la République turque.« N’oubliez pas : ce pays appartient à tout le monde », a affirmé le président turc lors de l’inauguration. « Tous ceux qui sont attachés, contribuent et sont loyaux à la Turquie sont des citoyens à part entière. Il n’y a aucune barrière en politique, dans le commerce ou tout autre secteur », a-t-il ajouté.

Alors qu’il est souvent inconcevable de construire une mosquée avec des minarets et d’entendre l’appel à la prière dans nombre de pays européens donneurs de leçons de démocratie, en Turquie, différentes églises, synagogues et monastères sont régulièrement restaurés pour accueillir encore plus de monde. Un exemple majeur parmi tant d’autres est celui de l’église bulgare Sveti Stefan d’Istanbul, décrite comme la seule « église de fer » au monde, ayant fait l’objet d’importants travaux de restauration cofinancés par la Bulgarie et la Turquie.

Rappelons également qu’Erdoğan, Premier ministre à l’époque, avait signé en 2011 un décret permettant la restitution de centaines de bâtiments appartenant aux Fondations des minorités arménienne et juive ou à des organisations caritatives.

En conclusion il est étonnant d’observer une telle atmosphère de tolérance sous une « pseudo-dictature » dénoncée régulièrement par les médias occidentaux alors que les partis d’extrême-droite en Europe font de l’islamophobie et des discriminations religieuses la base de leurs programmes politiques. La Turquie, pays le plus généreux en termes d’aides humanitaires par rapport à son PIB, qui accueille le plus grand nombre de réfugiés au monde, est un havre de paix et de tolérance qui ne cessera de renforcer à l’avenir les droits et libertés pour tout groupe ethnique et religieux.

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