La France est-elle en guerre contre l’Islam ?

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La France prend des mesures de plus en plus radicales contre l’Islam sous prétexte de faire respecter « la laïcité ». Jusqu’où ira cette lutte contre l’Islam qualifié de « radical » ? Les Musulmans d’aujourd’hui sont-ils les Juifs d’hier ?

 

Nul ne doute que la France veuille représenter un modèle de démocratie et de droits de l’homme dans le monde. Lors de la visite du président turc Recep Tayyip Erdoğan en France en janvier 2018, le président français Emmanuel Macron avait même évoqué « des désaccords sur la vision des libertés individuelles ». Les médias français n’hésitent pas à attaquer la Turquie à la moindre occasion au sujet de la liberté d’expression et de la presse.

Or dans les faits, la France devient progressivement un pays de répression, censure et restrictions des libertés les plus basiques. En dehors des scènes de violence policière dans les manifestations des gilets jaunes et contre le projet de réforme des retraites, qui choquent l’ensemble de la population française, un sujet occupe très souvent -même peut-être trop souvent- l’actualité française : l’Islam.

Il n’y a pas un seul jour sans un débat ou une polémique au sujet du port du voile ou la pratique de l’Islam dans la République. Nous apprenons en même temps du président de l’Observatoire national contre l’islamophobie, Abdallah Zekri, que les attaques anti-musulmanes en France ont bondi de 54% en 2019. Il y avait eu 100 attaques contre des Musulmans en France en 2018, et le nombre est passé à 154 en 2019.

L’attaque d’une mosquée à Bayonne le 28 octobre dernier que les responsables politiques ont refusé de qualifier d’« attentat » n’était que la conséquence directe des discours, décisions et actes anti-Islam des hommes politiques et intellectuels.

Nous démontrerons à travers trois exemples concrets l’islamophobie grandissante dans un pays en plein recul dans le domaine des droits de l’homme, ce qui met en péril l’avenir des millions de Musulmans en France.

 

Droit au « blasphème » dans l’affaire Mila

Tout a commencé lorsqu’une lycéenne lesbienne qui s’appelle Mila a posté sur Instagram une vidéo où elle insulte gravement l’Islam et le Coran. La vidéo est vite devenue virale tout en constituant un débat national au sujet des limites de la liberté d’expression et du droit au « blasphème ».

Lorsqu’une enquête a été ouverte contre Mila pour « provocation à la haine à l’égard d’un groupe de personnes, à raison de leur appartenance à une race ou une religion déterminée », le parquet de Vienne a estimé que c’était « une opinion personnelle, pas de volonté d’exhorter à la haine ou la violence ».

Ce n’est pas la première fois que l’Islam, son prophète et le Coran sont lourdement insultés en France. Alors que beaucoup sont Mila ou Charlie, lorsqu’une jeune femme voilée comme Mennel Ibtissem – l’ex-candidate de « The Voice » -est discriminée pour son voile, peu sont Mennel pour la soutenir.

Dans le même temps, nous apprenons qu’un pompier blessé qui avait insulté le président Macron est suspendu de ses fonctions. Et que dire de la résolution qui a été adoptée en décembre dernier pour élargir la définition de l’antisémitisme à l’antisionisme, empêchant toute critique d’Israël ?

 

Proposition de loi contre le communautarisme et plan gouvernemental de lutte contre « l’Islam radical »

Un autre exemple flagrant de la guerre lancée par la France contre l’Islam est la proposition de loi constitutionnelle qui a été déposée devant le Sénat par la majorité sénatoriale de droite. Elle vise à garantir la prééminence des lois de la République face aux « revendications communautaristes » de dérogations pour « des motifs d’origine ou de religion ».

Le texte comporte deux articles. Selon le premier « nul individu ou nul groupe ne peut se prévaloir de son origine ou de sa religion pour s’exonérer du respect de la règle commune ». Le second article impose aux partis et groupements politiques de respecter « la laïcité » tout en empêchant tout financement de partis « communautaristes » ou de leurs candidats.

De plus, Macron devrait annoncer à la fin du mois de février « le plan gouvernemental de lutte contre l’islam radical et les communautarismes ».

Même si pour l’instant les contours de cette proposition de loi contre le communautarisme et le plan gouvernemental contre « l’islam radical » sont flous, de nombreuses questions épineuses vont revenir à l’ordre du jour comme les conditions d’interdiction du port du voile, le menu sans porc dans les écoles ou encore le port du burkini dans une piscine municipale.

 

Rejet de naturalisation pour des citoyens musulmans d’origine turque

Les citoyens d’origine turque ont déjà commencé à vivre les conséquences de cette islamophobie montante en France. La turcophobie va d’ailleurs de pair avec l’islamophobie puisque beaucoup associent la Turquie avec l’Islam.

C’est ainsi qu’un citoyen turc de 47 ans vivant en France depuis 43 ans, Murat Büyük, s’est vu refuser la nationalité française pour une raison extrêmement surprenante. Les autorités françaises prétextant son « engagement politique envers son pays d’origine » (alors qu’il ne fait partie d’aucun parti ou groupe politique turc) ont écrit dans leur courrier de refus que ceci empêcherait « son loyalisme envers la France et ses institutions ».

Les motifs avancés dans le courrier de refus de naturalisation de l’épouse de Murat Büyük sont encore plus choquants. Les autorités françaises l’ont informée que puisque son époux a « un engagement politique envers son pays d’origine » et qu’elle a « une communauté de vie effective avec lui », elle ne peut, selon elles, « ignorer l’engagement politique de son époux, auquel elle souscrit pour le moins implicitement ». Cela revient à dire qu’elle ne peut acquérir la nationalité française pour « les opinions politiques de son époux ». Comment une telle situation peut-elle être possible dans une démocratie censée représenter un modèle pour le monde entier ?

Le sentiment d’incompréhension vécu par ce couple turc modèle, qui n’a aucun casier judiciaire, qui paie ses impôts régulièrement, qui parle et écrit parfaitement bien en français et qui ne bénéficie d’aucune aide de la France, était grand. Ce qui posait problème dans leur dossier était sans aucun doute leur origine turque mais aussi leur religion.

En conclusion, à travers ces trois cas précis, nous voyons que la lutte contre l’Islam n’est plus dans des paroles et actes individuels mais bel et bien dans des démarches étatiques. On peut finalement se demander si tous ces débats et efforts contre l’Islam ne sont-ils pas simplement une tentative de distraire la population tout en dissimulant les échecs politiques et économiques du gouvernement ?

 

TRT FR

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