La question du déconfinement hante l’économie américaine

0

 

Aux États-Unis, comme dans le reste du monde, l’économie est partiellement à l’arrêt dans le cadre des mesures visant à endiguer la pandémie du nouveau type de coronavirus, Covid-19.

16,8 millions d’Américains ont demandé des allocations chômage au cours des trois dernières semaines, selon des données publiées jeudi par le ministère du Travail.

– Récession « forte mais courte » aux États-Unis

La semaine dernière, Bank of America déclarait prévoir une contraction de l’économie américaine pendant trois trimestres, avec une baisse annuelle cumulée de 10,4%.

La banque d’investissement JPMorgan réduisait cette semaine ses prévisions de croissance pour le deuxième trimestre, avec une baisse du Produit intérieur brut (PIB) américain de 40% pour la période d’avril à juin.

JPMorgan continue cependant, de prévoir une reprise au troisième trimestre, de 23%, et de 13% d’octobre à décembre, estimant que les perturbations de la pandémie s’estomperont d’ici la fin juin.

Selon une enquête réalisée cette semaine auprès de 45 économistes, les États-Unis sont déjà en récession et le resteront au deuxième trimestre.

Les économistes interrogés par la National Association for Business Economics (NABE) prédisent une récession forte mais courte pour la première moitié de 2020, la pandémie de coronavirus « restreignant sévèrement l’activité économique ».

La croissance économique aurait chuté de 2,4% au premier trimestre, selon la NABE, et reculerait de 26,5% au deuxième trimestre.

Optimistes quant à la reprise de l’économie dans la seconde moitié de l’année, ces économistes prévoient une croissance de près de 6% pour le deuxième semestre, avec un taux de chômage baissant à 10% à la fin de cette année et à 6% en 2021, après un sommet actuel estimé de 15% à 20%.

La banque centrale américaine a déjà réagi, le mois passé, de manière agressive, pour atténuer l’effet de la pandémie de coronavirus sur l’économie américaine, en lançant un ensemble sans précédent de programmes d’urgence en soutenant jusqu’à 2300 milliards de dollars de prêts, et abaissant les taux d’intérêt à près de zéro.

La Fed a annoncé jeudi qu’elle établissait une aide de liquidité aux États et aux municipalités avec jusqu’à 500 milliards de dollars de prêts et 35 milliards de dollars de protection de crédit afin « d’aider les gouvernements étatiques et locaux à gérer les contraintes de trésorerie causées par la pandémie de coronavirus ».

– La question de la reprise de la pleine activité économique ?

Le président des États-Unis, Donald Trump, a relaté vendredi que sa décision de « rouvrir » l’économie américaine, serait la plus difficile qu’il ait jamais prise.

« Je vais devoir prendre une décision et je prie Dieu que ce soit la bonne décision. Mais je dirais sans aucun doute, c’est la plus grande décision que j’ai jamais eu à prendre », a déclaré Trump lors d’une conférence de presse, vendredi à la Maison Blanche.

Trump a compris cette semaine que le retour à la pleine activité, aux « églises bondée » pour Pâques, comme il l’avait précédemment souhaité, n’était pas réaliste.

Les mesures de confinement et distanciation sociale imposée à toute la nation sont censés prendre fin d’ici la fin du moi d’avril et le doute persiste sur la date réelle de mise en œuvre de ce « déconfinement » mais aussi sur la méthode.

Trump a indiqué mardi que les membres d’un nouveau groupe de travail, composé de spécialistes scientifiques et économiques, aviseront le gouvernement américain sur la sortie de confinement.

« Il y aura de très grands médecins et hommes d’affaires », a notamment annoncé Trump, ajoutant vouloir y inclure des voix des deux partis politiques.

« Je veux inclure les deux parties », a-t-il déclaré.

« Nous cherchons une date, nous espérons pouvoir respecter une certaine date, mais nous ne faisons rien tant que nous ne savons pas si ce pays sera en bonne santé », a déclaré le président candidat à sa propre succession lors des élections présidentielles de novembre.

Le secrétaire au Trésor américain, Steven Mnuchin, et le conseiller économique de la Maison-Blanche, Larry Kudlow, voudraient que la reprise de l’activité économique se fasse plus rapidement, mais la réalité est que la pandémie n’est toujours pas sous contrôle.

– Les messages d’alertes des responsables de la Santé et de l’économie

Cette semaine, des économistes ainsi que des responsables de la santé, américains, ont mis en garde contre le retour trop rapide d’un grand nombre de personnes sur leur lieu de travail.

« Nous devons avoir un plan, au niveau national, pour la réouverture de l’économie », a déclaré, jeudi, le président de la Réserve fédérale, Jerome Powell.

« Alors que nous voulons tous que cela se produise le plus rapidement possible, nous voulons tous éviter un faux départ, où nous rouvririons partiellement et cela se traduirait par une augmentation des cas de coronavirus, puis nous devrons revenir à la case départ », a-t-il souligné.

Le directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) Tedros Adhanom Ghebreyesus, a déclaré vendredi, qu’il travaillait avec les pays sur les moyens de réduire progressivement les blocages de l’activité économique mondiale, mais a rappelé que le faire trop rapidement pourrait être dangereux pour la santé et l’économie, du monde.

« Je sais que certains pays envisagent déjà de sortir des restrictions du séjour à domicile. L’OMS souhaite que les restrictions soient levées autant que quiconque », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse virtuelle à Genève.

« Dans le même temps, la levée trop rapide des restrictions pourrait entraîner une résurgence mortelle. La descente peut être aussi dangereuse que la montée si elle n’est pas gérée correctement », a-t-il conclu.

Même son de cloche du côté du conseiller principal à la Santé de la Maison Blanche : « La seule chose que vous ne voulez pas faire, c’est de sortir prématurément et finir par revenir dans situation précédente », a déclaré vendredi, Anthony Fauci, à la chaîne d’information, CNN.

– Les tests sérologiques détermineraient le retour à l’activité

La clé permettant le retour au travail et à l’école des Américains, est la généralisation des tests sérologiques, permettant de savoir qui a déjà été infecté par le nouveau coronavirus, et a développé une immunité à ce virus.

Dans l’état actuel, moins d’un pour cent de la population américaine a été testé, et des tests d’immunité (tests sérologiques) sont toujours en cours de développement.

 

Les tests sérologiques peuvent révéler qui est immunisé contre une maladie, mais ils peuvent également déterminer l’ampleur de sa propagation, ainsi que son taux de létalité.

Ces tests combinés au test de coronavirus moléculaire peuvent déterminer si une personne est immunisée.

Ainsi, les personnes testées pourront savoir si elles sont immunisées et si elle ne transmettront pas la maladie. Si c’est le cas, elles pourraient retourner au travail, et à l’école, après avoir obtenu un « certificat » ou une « attestation » d’immunité.

Le rythme et la façon dont se fera la reprise de la pleine activité aux États-Unis semble dépendre de la vitesse de production et de généralisation de ces tests au grand public, mais aussi de la précision de ces tests.

Lors de l’émission TODAY, diffusée jeudi, l’immunologiste américain et conseiller du président Trump, Anthony Fauci a déclaré qu’un grand nombre de tests sérologiques devraient être disponibles dans quelques jours ou semaines, selon les sociétés qui les développent.

 

 

 

AA

TRT FR

Partager cet article? https://turquie2023.com/5b11Ys
Partagez.

À propos de l’auteur

Laisser un commentaire