D’Adama Traoré à George Floyd : Ces symboles de violences policières

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par Öznur Küçüker Sirene

 

Le 25 mai le monde a vécu un grand choc en visionnant une vidéo qui est vite devenue virale sur les réseaux sociaux, celle du meurtre d’un homme afro-américain, George Floyd, aux Etats-Unis pendant son interpellation par un policier blanc. La scène est particulièrement troublante : On y voit le policier blanc Derek Chauvin appuyer sur le cou de Floyd avec son genou jusqu’à ce que la victime soit étouffée. La froideur du policier est en contraste avec l’agonie de Floyd qui répète « I can’t breathe » (Je ne peux pas respirer).

L’autopsie effectuée par un laboratoire indépendant sur le corps de George Floyd a confirmé que la mort de Floyd par « arrêt cardiaque » était liée à « la pression exercée sur son cou ». Derek Chavin a donc été incarcéré et inculpé pour « homicide involontaire » et encourt une lourde peine de prison

La mort de George Floyd a vite pris une autre ampleur lorsque des milliers de manifestants sont sortis dans la rue pour condamner le racisme et les violences policières dans chaque coin des Etats-Unis. Cette affaire a été comme une goutte d’eau qui a fait déborder le vase : après des siècles de discrimination raciale, la population noire des Etats-Unis exprime son indignation dans le pays.

Or des manifestations pacifiques ont vite été accompagnées d’émeutes, protestations violentes et pillages, ce qui a conduit le président américain Donald Trump à menacer de « déployer l’armée » pour mettre fin aux débordements violents dans les grandes villes américaines, qui, pour lui, sont provoquées par des « anarchistes » et l’extrême-gauche.

Alors que les Etats-Unis brûlent en ce moment en raison d’émeutes, le reste du monde ne reste pas non plus indifférent face à ses événements. La France est particulièrement concernée par l’affaire Floyd.

Des cas similaires de racisme et de brutalité policière en France

L’Hexagone n’est pas étrangère aux cas de racisme et de bavures policières. Le meurtre de Floyd qui a été la dernière goutte d’eau qui a fait déborder le vase après des siècles de discrimination raciale aux Etats-Unis a également été une occasion pour la France de rendre hommage aux nombreuses victimes des violences policières dont notamment Adama Traoré mort dans des conditions similaires avec celles de George Floyd.

En rendant hommage à son frère mort le 19 juillet 2016 à l’âge de 24 ans après une interpellation où des gendarmes ont eu recours à la technique du placage ventral. la sœur d’Adama Traoré, Assa Traoré fait d’ailleurs le parallèle avec la mort de Floyd : « Adama répétait ‘Je n’arrive plus à respirer. Il avait trois gendarmes sur son corps, 250 kilos, compression de sa cage thoracique, il a agonisé ».

La mort de Cédric Chouviat, livreur de 42 ans, le 3 janvier 2019, après être maintenu face contre terre par trois agents de police qui ont fait pression sur son thorax est une autre affaire similaire qui a suscité l’indignation à travers toute la France.

Mathieu Zagrodzki, auteur d’une thèse sur les polices de proximité en France et aux Etats-Unis, souligne tout de même dans un entretien avec Marianne que malgré des similitudes, « en France, la police blesse beaucoup, mais elle tue peu ».

Le mouvement « Black Lives Matter » gagne la France

Pour rendre hommage à George Floyd des milliers de manifestants se sont rassemblés à travers le monde malgré la crise sanitaire liée à l’épidémie de coronavirus.

En France aussi des manifestants sont descendus ce mardi dans la rue pour rendre hommage à George Floyd mais aussi pour réclamer « Justice pour Adama (Traoré) » en condamnant les brutalités policières et le racisme à Lille, Paris, Lyon ou encore Marseille.

A Paris, le rassemblement de 20.000 personnes qui ont répondu à l’appel du collectif « Vérité pour Adama » malgré l’interdiction de la préfecture de Paris était impressionnant.

Les manifestations ont été marquées par des gestes de fraternité et messages de paix. Par exemple, à Paris, des personnes ont posé le genou à terre devant l’ambassade des États-Unis (en référence au geste du policier blanc qui a tué George Floyd). Aux Etats-Unis aussi, des personnes de couleur blanche se sont agenouillées en demandant pardon pour ce que leurs ancêtres ont pu faire à la communauté noire.

Sur Twitter le hashtag #BlackLivesMatter a été utilisé des millions de fois. Des messages tels que « Parce que Adama Traoré et beaucoup d’autres aussi n’arrivaient plus à respirer « Parce que sans justice, il ne peut y avoir de paix » ont été partagés par des milliers d’internautes français.

La classe politique française a également exprimé ses opinions au sujet de ces événements. Pour Jean-Luc Mélenchon, les soulèvements aux États-Unis pourraient bien survenir en France. « Hourra ! Le peuple des États-Unis est en ébullition », a-t-il écrit dans son blog. De son côté, le député de la France insoumise, François Ruffin, a déploré que « la France est l’un des pays où il y a le moins de confiance entre la police et ses habitants ». Face à l’enthousiasme de Mélenchon, la présidente du RN, Marine Le Pen, a accusé le chef des Insoumis de vouloir « importer les guerres raciales ».

En conclusion, les répercussions du meurtre de George Floyd ont dépassé les frontières des Etats-Unis et ont fait soulever les peuples du monde entier contre l’injustice. En France, les nombreuses manifestations et débats qu’il y a eu sur le sujet montrent bien le malaise du pays en la matière. Pendant le confinement lié à l’épidémie de coronavirus, les violences policières avaient augmenté dans les quartiers populaires. Avec la crise sociale et économique qui se profile dans l’après-coronavirus, ce qui accentuera les tensions dans la société, le pays devra fournir encore plus d’efforts pour combattre le racisme ainsi que les injustices, discriminations et violences policières.

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