Coronavirus, violences policières, chaos à Dijon : la mauvaise passe pour la France (étude)

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par Öznur Küçüker Sirene

 

La France passe un moment difficile tout comme le reste du monde. C’est dans une ambiance chargée d’inquiétudes économiques et sociales que dimanche le chef de l’Etat français Emmanuel Macron s’est adressé à la nation pour apaiser les tensions. En adoptant un ton particulièrement optimiste, le président de la République française a annoncé le passage en vert de toute la France sauf la Guyane et Mayotte dès lundi tout en annonçant le retour obligatoire à l’école, la réouverture totale des restaurants en Île-de-France ainsi que celle des frontières le 15 juin pour les pays de l’UE et le 1er juillet pour les pays hors UE.

Or malgré cet optimisme sur l’évolution de l’épidémie de coronavirus en France, le 16 juin le pays a enregistré 111 morts en 24 heures, plus forte hausse depuis un mois.

La seule crainte des autorités françaises et du peuple est loin d’être une seconde vague épidémique mais le malaise social qui devient de plus en plus palpable dans le pays qui se prépare à vivre la plus grande crise économique de son histoire depuis 1945.

Après le tragique meurtre de George Floyd, un Afro-Américain tué par un policier blanc dans des conditions inhumaines aux États-Unis, la question des violences policières et du racisme est également revenue à l’ordre du jour dans l’Hexagone. Deux manifestations ayant rassemblé plus de 15.000 personnes dans la capitale parisienne ont été couvertes par tous les médias du monde pour faire le parallèle entre l’affaire Adama Traoré (un jeune de 24 ans, décédé dans une gendarmerie de l’Oise, après une « interpellation musclée »en 2016, au cours de laquelle il avait subi un plaquage ventral) et le drame de George Floyd.

Alors que les débats et manifestations se poursuivent en France au sujet du rôle de la police et de la nature raciste ou non de la société, d’autres développements préoccupants se sont ajoutés aux mauvaises épreuves du pays.

Le 12 juin, les Dijonnais ont été témoins d’une impression bagarre entre deux camps. Pendant quatre jours consécutifs la France entière a été secouée par des images d’affrontements inédites qui ont été largement diffusées sur les réseaux sociaux et les chaînes d’info françaises.

Devant ces violences, un important dispositif policier a été mis en place et 110 gendarmes mobiles envoyés en renfort pour faire revenir le calme dans la ville.

Face à l’ensemble de ces événements, que ce soit les manifestations sur les violences policières et le racisme que les incidents à Dijon, la classe politique n’est bien évidemment pas restée silencieuse.

Dans son allocution de dimanche, le président Macron a tenté de rassurer et valoriser tout le monde en précisant que « les policiers et les gendarmes méritent le soutien de la puissance publique et la reconnaissance de la Nation », tout en dénonçant toute sorte de discrimination raciale, religieuse ou ethnique en France avec ces mots : « Nous sommes une nation où chacun, quelles que soient ses origines et sa religion doit trouver sa place. (…) Nous serons intraitables face au racisme et à l’antisémitisme, et de nouvelles mesures fortes pour l’égalité des chances seront prises ». Il a néanmoins mis en garde contre « les communautarismes et les séparatismes » comme il l’avait annoncé dans un plan dévoilé en février.

Au sujet des affrontements à Dijon, le président français s’est montré intransigeant en envisageant d’expulser les étrangers qui ont pris part aux troubles à l’ordre public à Dijon.

Face à tous ces débats autour du rôle et de l’efficacité de la police en France, les policiers, les premiers concernés des polémiques, ont également manifesté dans plusieurs villes de France, à Bobigny, Saint-Denis, Mulhouse ou Perpignan, pour exprimer leur mécontentement notamment suite aux annonces du ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, sur l’abandon prochain d’une technique d’interpellation controversée (la clef d’étranglement) et la lutte contre le racisme chez les forces de l’ordre. « Les accusations de racisme nous touchent dans notre chair. La police ici, elle est black-blanc-beur, elle est multicolore », a déclaré Stéphane Finance, du syndicat Alliance.

En conclusion, nous observons que la France traverse vraiment une période difficile entre un bilan mitigé de la gestion de l’épidémie de coronavirus, une grande crise économique qui se profile à l’horizon et un mécontentement populaire qui ne cesse de se renforcer dans presque toutes les catégories socio-professionnelles, des soignants aux policiers.

Dans la période post-coronavirus, le pays a besoin plus que jamais des responsables politiques attentifs aux revendications de tous, conciliants et tolérants, cherchant les moyens de satisfaire l’ensemble de la population.

TRT FR

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