Dernier acte de la guerre en Libye

0

             

L’armée libyenne rattachée au gouvernement d’entente nationale a vaincu les milices du général Haftar à proximité de la capitale Tripoli, avec le soutien de la Turquie, progressé vers l’est et lancé une nouvelle opération afin de prendre le contrôle de Syrte, la ville côtière, et de la base aérienne stratégique d’al-Jufra. Le général Haftar, a, quant à lui, rencontré al-Sissi au Caire et appelé à un cessez-le-feu, cherchant à au moins conserver sa situation militaire actuelle sur le terrain.

Alors que l’effet du soutien accordé par la Turquie au gouvernement d’entente nationale se fait chaque jour de plus en plus ressentir dans la guerre libyenne, le général Haftar est passé pour la première fois à la défensive. Le fait que les Forces armées turques se soient positionnées à Tripoli et à Misrata, et fournissent une formation militaire et l’équipement militaire qui lui est nécessaire, a totalement changé le cours de la guerre. Les milices rattachées à Haftar ont subi de lourdes pertes après que le contrôle aérien ait été assuré dans les zones ouest du pays. Elles ont dû, par conséquent, commencer à se retirer. Il y a à présent deux villes d’une importance stratégique au cœur des conflits. La ville côtière de Syrte et al-Jufra, qui abrite une base aérienne extrêmement importante. Ces deux villes sont importantes car elles sont les portes s’ouvrant au croissant pétrolier qui renferme une très large partie des ressources pétrolières de la Libye. L’armée libyenne rattachée au gouvernement d’entente nationale veut prendre le contrôle de ces zones pour accéder au croissant pétrolier, le contrôler et ainsi relancer la production et l’exportation. Prenant en compte les demandes des pays comme les Emirats arabes unis, le général Haftar avait interrompu la production et l’exportation de pétrole. Il allait ainsi faire pression, sur le plan économique, au gouvernement d’entente nationale et provoquer une augmentation des prix pétroliers mondiaux en interrompant la production d’environ 1,5 million de barils de pétrole par jour. Dans ce contexte, le gouvernement d’entente nationale vise à prendre le contrôle du croissant pétrolier avec Syrte et al-Jufra avant de prendre part aux pourparlers pour un cessez-le-feu et une solution politique.

Des développements importants se déroulent sur le plan militaire mais aussi politique en Libye. Tout d’abord, les pays comme les Emirats arabes unis, la Russie et l’Egypte, qui soutiennent le général Haftar cherchent à obtenir une trêve dans l’immédiat et à éviter de plus grandes pertes face au gouvernement d’entente nationale.

Mais le plus important est que l’on constate une recherche d’acteurs différents après la défaite militaire du général Haftar. Le président de la Chambre des représentants siégeant à Tobrouk, Aguila Salah, est une figure qui apparaît au premier plan. La Turquie, d’un côté, poursuit son soutien militaire et politique, et de l’autre, recherche une position commune en Libye pour équilibrer les Etats-Unis et la Russie. On constate que la politique des Etats-Unis concernant la Libye commence à changer en faveur du gouvernement d’entente nationale. La présence militaire de la Russie à l’est dérange sérieusement les Etats-Unis et l’oblige à agir conjointement avec la Turquie.

TRT FR

Partager cet article? https://turquie2023.com/9QcZEq
Partagez.

À propos de l’auteur

Laisser un commentaire