Nouvelle lutte géopolitique en Méditerranée orientale

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Les développements vécus ces dernières semaines en Méditerranée orientale, ont permis de mettre plus clairement en évidence la photo relative à la lutte géopolitique dans la région comprenant l’Afrique du Nord et le Moyen Orient (MENA, Middle East and North Africa). Il n’y a aucun doute que cette région que l’on peut qualifier de zone de lutte super géopolitique, sera dans la période à venir, la région où sera vécue très intensément la concurrence à multiple acteurs.

Les développements vécus en Méditerranée orientale continueront comme le prolongement de la concurrence vécue au Moyen-Orient. L’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis ont rejoint la concurrence en Méditerranée orientale en tant qu’alliés de l’Egypte et d’Israël dans la région du Levant. L’objectif principal de ce front, est d’encercler et de restreindre la Turquie. A ce niveau, les pays en question ont formé une nouvelle alliance avec la Grèce et le secteur chypriote grec. Nous pouvons citer comme exemple à cela, l’exercice militaire entre les Emirats arabes unis et la Grèce qui a eu lieu ces derniers temps.

 

L’objectif principal de ce bloc, est d’encercler et de limiter la Turquie. L’encerclement consiste à faire en sorte que ce bloc géopolitique anti-Turquie mette en place des politiques qui restreindront le champ de manœuvre de la Turquie. Quant à la limitation, elle consiste à minimiser l’impact militaire de la Turquie en égalisant sa force militaire.

 

L’une des premières étapes de l’encerclement, consiste à former une coalition militaire pour égaliser la Turquie. Dans ce contexte, les médias grecs font ressembler la Turquie à l’Union soviétique du temps de la Guerre froide. La deuxième étape de l’encerclement repose sur la formation d’une lutte géopolitique et géoéconomique à l’échelle méditerranéenne. A ce point, les initiatives de la Turquie en Lybie et en Méditerranée, forment la source principale du dérangement. Dans l’alliance formée pour encercler la Turquie, la Grèce apparait comme le bélier et la France comme l’acteur qui tente de trouver sa place en lançant des démarches agressives. Le fait que Macron tente de se trouver une nouvelle place dans le Levant, doit être perçu comme un pas lancé dans ce sens. La France souhaite remplir le vide composé en Europe en consolidant son ancienne force et par ce moyen, prendre une nouvelle position face à l’Allemagne.

 

Quant à la Grèce, elle agit avec des motifs très simples. Si on laisse de côté la stratégie hellénistique ‘idéologique’ qui place la Turquie au centre, elle se présente comme un produit de marché en devenant une partie d’une coalition multidimensionnelle en vue de ne pas rester seule face à la Turquie. C’est la raison pour laquelle les Etats-Unis, Israël, les Emirats arabes unis, l’Egypte, la France et l’Arabie saoudite clignent de l’œil à la Grèce. Car le scénario cauchemardesque selon laquelle la Grèce pourrait se retrouver seule face à la Turquie, fait de nouveau remonter en surface l’apparition de ses profondes peurs.

 

 

Quant à la stratégie de limitation, elle abrite en son sein les éléments militaires. Dans ce contexte, il est claire que la tentative de coopération militaire américano-grecque porte l’objectif d’égaliser la Turquie du point de vue de la force militaire. Dans ce contexte, il serait utile d’énumérer les initiatives lancées par les Etats-Unis ces derniers temps.

Les développements tels que l’élargissement et la modernisation de la base aérienne de Souda qui se trouve en Crète, le renouvellement de l’aéroport de Larisa, l’augmentation de la capacité la base militaire de Stefanovikeio, sont parmi les plus importantes de ces démarches. d’autre part, le fait que les Etats-Unis aient donné des signes positifs pour l’envoi de F-35 et le fait que la Grèce s’apprête à acheter 18 chasseurs Rafale de la France, sont des démarches lancées en vue d’égaler la Turquie.

 

Par ailleurs, ont devrait ajouter à la liste la déclaration de l’administration américaine annonçant qu’elle allait lever l’embargo d’armes au secteur chypriote grec. Toutefois, à ce niveau les Etats-Unis ne devrait pas fournir d’armes lourdes au secteur chypriote grec pour le moment. Car tout le monde peut estimer qu’une telle démarche signifierait perdre la Turquie et mettre en application les alternatives turques via Chypre. A ce niveau, il est important de se rappeler de la crise de 1997. Lorsque l’administration chypriote grecque s’apprêtait à acheter des S-300 à la Russie, la Turquie avait bloqué l’île et mis sur la table la carte de l’intervention. Au terme de quoi, l’administration chypriote grecque avait été contrainte de donner les S-300 à la Grèce.

 

L’encerclement et la limitation de la Turquie reste pour le moment un projet politique. La mise en application du projet affecterait en particulier l’OTAN. Dans ce contexte, la Méditerranée orientale est devenue un des plus importants domaines de test. Désormais la Méditerranée orientale deviendra régulièrement la scène de tension géopolitique, géoéconomique et militaire. Celui qui restera déterminé et patient, sera le grand gagnant de la tension.

TRT FR

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