France/Lutte contre « l’Islam radical »: les étranges chiffres de Darmanin sur les fermetures d’établissements « radicalisés »

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Le ministre français de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a dévoilé mardi les chiffres concernant la lutte contre « l’Islam radical » en faisant état de 73 fermetures d’établissements depuis le début de l’année à travers la France.

Au moins 12 de ces fermetures ont eu lieu en mois de septembre dernier, précise le ministre.

Parmi les établissements ciblés par l’exécutif, figurent « une mosquée non-déclarée(…), un établissement culturel et associatif (…), une école hors-contrat (…), cinq commerces ainsi que quatre débits de boisson ».

Si cette liste est bien réelle, il n’en demeure pas moins que l’affiliation de ces structures à « l’islam radical » reste contestable, voire complètement infondée.

Ainsi, Gérald Darmanin affirme, parallèlement ce mardi, qu’une « école clandestine » a été fermée à Bobigny (région parisienne), début octobre alors même qu’il ne s’agissait absolument pas d’une école mais d’une mosquée qui dispense notamment des cours religieux et offre un enseignement de la langue arabe.

Les « erreurs » délibérées du ministre français de l’Intérieur ont été rapidement repérées par les communautés musulmanes locales.

« M. Darmanin, pourquoi parlez-vous «d’école clandestine» alors que la mosquée perquisitionnée n’est PAS une école, à part pour jeter la suspicion? », lui a fait remarquer la plateforme L.E.S. Musulmans qui représente plus de 230 mosquées et associations musulmanes, et regroupe plusieurs milliers d’adhérents.

Sur Twitter, l’organisation poursuit son questionnement et pointant du doigt la dérive du locataire de l’hôtel de Beauvau.

« Vous en êtes à COMPTER le nombre de foulards des enfants comme d’autres auraient compté les kippas ?!! », écrit la plateforme, avant de fustiger un « terrible message » envoyé aux musulmans.

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Le ministère de l’Intérieur a par ailleurs procédé à la fermeture de plusieurs débits de boissons qu’il accuse d’être lié à « l’Islam radical », alors même que ces établissements revendent parfois de l’alcool, dont la consommation est interdite en Islam.

Sur les réseaux sociaux, les critiques se sont faites nombreuses et des juristes et avocats ont par exemple souligné que les fermetures diligentées par l’exécutif étaient régulièrement annulées par la justice.

À ce propos, Maître Christophe Accardo, avocat, faisait remarquer sur Twitter il y a quelques jours que « chaque mois des juridictions administratives annulent ces arrêtés préfectoraux de fermeture en raison de leur illégalité et condamnent l’État à indemniser ».

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Ces annonces médiatiques qui fleurissent comme pour satisfaire un électorat raciste et jettent la suspicion sur les associations musulmanes et les mosquées sont à mettre en perspective avec le projet de loi sur le prétendu « séparatisme islamiste » qui sévirait en France.

Les mesures contenues dans ce projet de loi dévoilé début octobre par le président Macron, sont très largement rejetées par les musulmans qui redoutent une politique islamophobe basée sur l’arbitraire et la stigmatisation.

AA

TRT FR

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