La politique russe de la Turquie (étude)

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La Russie a toujours été un pays important pour la Turquie, que ce soit du point de vue de sa position géographique que de sa puissance économique et militaire. Une concurrence et une certaine lutte entre les deux pays s’étaient formées du fait que la Turquie prenait place dans le bloc occidental et en raison de l’équation de la guerre froide de la Russie. Cependant, la politique turque vis-à-vis de la Russie a changé avec l’arrivée au pouvoir de l’AK Parti et plus particulièrement, après la tentative de coup d’Etat du 15 juillet. Dorénavant, la Turquie perçoit sa relation avec la Russie comme un équilibre face au bloc occidental et à la Chine émergente.

La tentative de coup d’Etat du 15 juillet a poussé Ankara à faire des changements radicaux dans sa politique extérieure. En fait, depuis ces dernières années, l’approche vis-à-vis d’Israël, les incidents de Gezi, le soutien externe à FETÖ et la politique syrienne, ont affecté la relation de la Turquie avec le monde occidental. Nous voyons ici que le monde occidental n’arrive pas à digérer une Turquie émergente du point de vue éco-politique et militaire, plus indépendante, focalisée sur ses propres intérêts et ambitieuse. A une période où les relations ont commencé à se tendre, les soutiens apportés directement ou indirectement à la tentative de coup d’Etat de FETÖ, ont poussé la Turquie à chercher un équilibre en politique extérieure. C’est à ce moment que la Chine et la Russie ont commencé à prendre une place importante dans le réseau de relations de la Turquie. Le partenariat en cours mené dans le cadre du processus d’Astana pour la Syrie, les pourparlers menés en Libye et autres zones de conflits, ainsi que les relations actives dans les domaines de l’industrie de défense et de l’énergie nucléaire, sont devenus des domaines importants. La relation que viennent de fonder ces deux pays est en quelque sorte une réponse conjointe à l’approche des Etats-Unis formée sur l’instrumentalisation de la politique de sanctions unilatérales.

Evidemment il n’est pas possible de parler pour le moment d’une réelle relation d’alliés ou de partenariat stratégique entre les deux pays. Certains intérêts en Syrie et en Libye divergent. L’approche de la Russie à « la question kurde » préoccupe sérieusement Ankara. Toutefois, malgré tous ces défis, la menace provenant du monde occidental pousse ces deux pays à agir ensemble. La nouvelle relation avec la Russie et la Chine ne peut être interprétée comme une entière alternative à l’occident pour la Turquie. Il faut surtout la percevoir comme une quête d’équilibre entre l’occident et l’orient du point de vue conjoncturel, dans l’objectif de maximiser les intérêts turcs.

 

 

 

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